In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 5 août 2023

Louis Buisseret - Silence (1919)
Une image et des mots.
Le silence n'est pas seulement l'absence de bruit, nous dit l'historien Alain Corbin dans son Histoire du silence, paru en 2016 chez Albin Michel. Nous l'avons presque oublié. Les repères auditifs se sont dénaturés, affaiblis, désacralisés. La peur voire l'effroi suscités par le silence se sont intensifiés.
Dans le passé, les hommes d'Occident goûtaient la profondeur et les saveurs du silence. Ils le considéraient comme la condition du recueillement, de l'écoute de soi, de la méditation, de l'oraison, de la rêverie, de la création ; surtout comme le lieu intérieur d'où la parole émerge. Ils en détaillaient les tactiques sociales. La peinture était pour eux parole de silence.
En voici une qui l'est à double titre, puisqu'elle le représente ; elle est de Louis Buisseret (1888-1956), un graveur et peintre belge de l'École de Mons.

MD1
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dimanche 30 juillet 2023

N.McD. - Shoreditch High Street London
(2008)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe écossais Niall McDiarmid (b.1967), que j’ai découvert avec Crossing Paths: A Portrait of Britain, recueil de portraits réalisés dans plus de 120 villes anglaises, écossaises et galloises. McDiarmid y met en lumière la diversité ethnique et sociale du Royaume-Uni.
À travers cette vaste galerie de visages, il compose un portrait sensible de la Grande-Bretagne contemporaine, où chaque photographie est à la fois une rencontre et un témoignage sur une société en constante évolution [ICI].
Après des études de photojournalisme au London College of Printing, il s’installe à Londres, où il mène depuis plus de quinze ans un travail consacré aux habitants et aux paysages humains du Royaume-Uni. Il cite parmi ses influences Diane Arbus, Joel Sternfeld (American Prospects) ou encore Daniel Meadows.

N.McD. - Summerstown (2017)
« I’m interested in changing populations, changing communities, and multiculturalism… I began to see how people’s clothing often matched or clashed with the colours of shopfronts and billboards, and I tried where I could to combine these. » 
J'aime cette idée que, chez McDiarmid, les couleurs ne servent pas seulement à embellir l'image ; elles deviennent une manière de raconter les personnes et les lieux qu'elles habitent. « La couleur est une libération », disait Matisse.

RP3
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samedi 29 juillet 2023

Barthelemy l'Anglais - De proprietatibus rerum
Une image et des mots. 
Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, [....] il meurt lentement celui qui ne change pas de cap, écrivait Neruda.
Cette belle enluminure, oeuvre de Barthélémy l'Anglais, frère franciscain de la famille des comtes de Suffolk, est extraite de son encyclopédie en 19 tomes rédigée en latin "De proprietatibus rerum" ("Les propriétés des choses", ca.1230). Traduite en six langues, elle l'a été en français dès le 14ème siècle par l'ermite de Saint Augustin Jean Corbichon.
Les mots que j'ai choisis pour aller avec sont de l'homme aux semelles de vent ...

Comme je descendais des fleuves impassibles
je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
porteurs de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
les fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
Arthur Rimbaud, Le bateau ivre (1871)
CG2

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dimanche 23 juillet 2023

D. Jordano - Detroit (2016)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Dave Jordano (b.1948).
Originaire de Detroit, l’ancienne capitale de l’automobile américaine, il étudie au College for Creative Studies, dont il sort diplômé en 1974, avant de s’installer à Chicago comme photographe commercial. Il se consacre aujourd’hui à la photographie documentaire.
D.J. - Sandy's convenient n°2,
 Wilson, NC 
(2018)

Son travail le plus connu, Detroit: Unbroken Down, est une série consacrée aux habitants de sa ville natale après la crise économique et le déclin industriel qui l’ont profondément transformée.
Mais Jordano ne photographie pas une ville abandonnée. Là où d’autres pourraient chercher les traces spectaculaires de l’effondrement, il s’attache aux visages, aux gestes et aux existences ordinaires.
Ses images racontent moins la ruine d’un lieu que la persistance de ceux qui y vivent : une communauté qui continue d’exister, entre blessures du passé et volonté de rester debout.

A.S. - Jeunes Paysans (1914) La veillée du dimanche . Il n’a jamais été question de faire de ce blog un cours approfondi de sémiologie de l...