In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 6 août 2022

P.A. - Sandrine, Café de Flore (1958)
Une image et des mots. Le cliché est du photographe français, d'origine hongroise, Paul Almásy (1906-2003), déjà présenté aux mois de juin 2016 et 2017.

En fait toutes les femmes attendent, comme elle, durant toute leur vie, formulai-je avec maladresse.
Toutes les femmes, dans tous les pays, de tout temps. Elles attendent un homme qui doit apparaître là, au bout de cette route, dans cette transparence du couchant. 
Un homme au regard ferme et grave, venant de plus loin que la mort vers une femme qui espérait malgré tout.
Andreï Makine, La femme qui attendait (2005)
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dimanche 31 juillet 2022

G.C. - Fishing boats in for the night

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre irlandais George Callaghan (b.1941). Originaire du comté d’Antrim, en Irlande du Nord, il a étudié au Belfast College of Art avant de s’installer à Dublin, où il débute une carrière de designer. Plus tard, il part pour Londres, puis pour l’Australie, où il travaille plusieurs années comme directeur artistique au sein de grandes agences de publicité.
C.G. - Down by the river

C’est de cette expérience – plus que de l’enseignement reçu à l’école d’art – qu’il dit tirer son style très personnel, aux frontières de l'art naïf et et de la figuration contemporaine.
Son œuvre se caractérise par des compositions simples, des couleurs franches et une atmosphère paisible, peut-être empreinte d’une douce mélancolie. Car les paysages et scènes de vie qu’il peint évoquent à la fois la mémoire, l’enfance et la nostalgie d’un monde plus calme, plus humain – une poésie du quotidien qu’il poursuit encore aujourd’hui dans son atelier de Victoria, en Australie.

GI4

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samedi 30 juillet 2022

anonyme

Une image et des mots. Ce cliché, dont je ne connais pas l'auteur, m'a fait penser à cette phrase d'André Comte-Sponville : "L'éternité, c'est quand tout s'arrête et que le présent continue".
Par association d'idées, ce sont ces quelques lignes de son Traité de la béatitude et du désespoir que j'ai choisies pour l'accompagner.

Désespoir. L'histoire ne va nulle part. Elle avance peut-être, en tous cas elle bouge, mais n'a d'autre but, à chaque instant, que le pas (à supposer que ses mouvements innombrables, infimes ou grandioses, puissent, dans leur contemporanéité dispersée, se réduire à l'unité d'un pas) qu'elle effectue.
En avant ? En arrière ? C'est selon votre point de vue, et l'orientation de vos désirs. Car l'axe temporel ne suffit pas : on peut faire un pas en avant vers le passé, ou un pas en arrière vers l'avenir : c'est le propre des décadences. [.....] Labyrinthe ; l'histoire n'avance que vers elle-même.

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dimanche 24 juillet 2022

W.G. - Jeunes montagnards (1867)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre réaliste polonais Wojciech Gerson (1831-1901), également théoricien de l’art et pédagogue. Formé à l'Académie des beaux-arts de Varsovie, dont il sort avec les honneurs, il intègre ensuite celle de Saint Petersbourg pour y étudier la peinture historique. Puis il part à Paris où il suivra l'enseignement de Léon Cogniet.

W.G. - Le concert des bergers (1862)

Il traduit en polonais le Traité de la peinture, de Léonard de Vinci, et, de retour à Varsovie, donne des cours dans son propre atelier ; il comptera parmi ses élèves quelques grands noms de la peinture néo-romantique polonaise parmi lesquels Léon Wyczółkowski (voir publication d'avril 2008) ou Anna Bilinska (voir publication de juillet 2011). Son œuvre, souvent consacrée à l’histoire, aux paysages et aux traditions polonaises, participe de cette volonté de préserver par l’image une mémoire nationale et un sentiment d’appartenance dans une Pologne alors privée d’indépendance.
Une grande partie de sa production a malheureusement disparu pendant la Seconde Guerre mondiale : volée par les Nazis, elle n’a jamais été retrouvée.

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