In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 26 décembre 2021

Charlotte J. Sternberg

La veillée du dimanche. J’ai déjà dans ce blog exprimé mon goût pour l’illustration, notamment à travers un édito de juillet 2010, mais aussi à travers plusieurs chroniques consacrées depuis 2008 à divers illustrateurs. Voici aujourd’hui deux œuvres de l’artiste américaine Charlotte Joan Sternberg (1920-2003).
Diplômée en beaux-arts de l’université de Yale, elle y découvre la tempera à l'oeuf, une technique qu’elle emploiera toute sa vie pour peindre ses scènes rurales de Nouvelle-Angleterre : un monde de fermes, de villages enneigés et de paysages paisibles réalisés avec une grande minutie, et qui semblent appartenir à une Amérique d’avant les grandes transformations de la seconde moitié du XXᵉ siècle.
C.S. - Christmas

Sternberg a aussi travaillé comme illustratrice pour des calendriers, des cartes de vœux et de nombreuses images de Noël, de celles qui ornent les boîtes de chocolats ou les beaux puzzles de chez Gibsons. Bien au-delà des galeries et des musées, ses œuvres ont ainsi accompagné le quotidien de milliers de foyers américains et contribué à façonner, dans la mémoire collective, l'image d'une Amérique rurale idéalisée.
 © Veilleur de Nuit – 2021

TW6
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dimanche 19 décembre 2021

Chris Donovan - Church

La veillée du dimanche. Deux clichés du photojournaliste et photographe documentaire canadien Chris Donovan (b.1995). Originaire de Saint John, au Nouveau-Brunswick, une ville façonnée par l'industrie, il consacre une grande partie de son travail à ceux qui vivent dans ces territoires où usines, raffineries et quartiers populaires sont intimement liés.

C.D. - The cloud factory (2019)
Ses projets au long cours, notamment The Cloud Factory, consacré à sa ville natale, montrent moins l'industrie elle-même que les vies qu'elle façonne : les maisons, les familles, les paysages, les traces visibles d'une histoire économique dont il est difficile de s'affranchir. 
Donovan photographie les lieux autant que les personnes. Il ne cherche pas seulement à montrer la pauvreté ou la fragilité sociale ; il raconte aussi l'attachement à un territoire, les contradictions d'une communauté, cette manière qu'ont les hommes de continuer à vivre là où tout semble les pousser à partir.
Le titre The Cloud Factory vient d’un souvenir d’enfance. En regardant les cheminées d’usine de sa ville, Donovan demanda un jour à son père si elles fabriquaient tous les nuages du monde. 
« Non, répondit-il. Elles fabriquent de l’argent. »
La « fabrique de nuages » de Chris Donovan, ce sont donc ces industries dont vivent les habitants, mais qui – en même temps – obscurcissent leur horizon.
 © Veilleur de Nuit – 2021

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