In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 18 décembre 2021

Brueghel l'Ancien - La parabole des aveugles
(1568)
Une image et des mots. Un tableau de Pieter Brueghel l'Ancien, La parabole des aveugles (1568), conservé au Musée Capodimonte de Naples.
Ce tableau fait référence à la parabole du Christ adressée aux pharisiens : "Laissez-les : ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles..." (Matthieu 15, 14).

Le texte, de Gilles Lapouge, est extrait de son essai Utopie et civilisations.

" L’histoire est une aventure abominable. Elle est boueuse, elle n’a pas de sens et elle massacre. Ses riches heures éblouissent, mais leurs guirlandes et leurs quinquets n’allument aucune fête ou bien c’est un carnaval de gisants. Et pourtant, les hommes ont inventé leur demeure. Ils sont sortis de la forêt et ils ont érigé des villes. Leurs monuments, leurs barrages, les usines et les ports, les routes, les châteaux et les bibliothèques, les musées ont ajouté aux géologies extravagantes de Dieu celles de leur décision.
Les cités étincellent sur l’espace pacifié des prairies. Une ceinture de lumière encercle la Terre.
Les savants ont dérobé à la nature ses secrets, ils énoncent le problème des astres et le chiffre de la matière, mais le mystère ne se défait que pour tracer d’autres arabesques. Tant de science et ces beaux frontons, ces auriges et ces capitaines, ces Parthénons et ces mégalopoles n’entament pas les splendeurs lisses du néant.
Sur la nuit de ses miroirs, les générations se succèdent, à tâtons, comme chancellent les aveugles de Jérôme Bosch."
OA1

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dimanche 12 décembre 2021

Ken van Sickle - Untitled

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe et cinéaste américain Kenneth van Sickle (b.1932), témoin élégant de la bohème parisienne et new-yorkaise des années 1950 et 1960.
Né dans le New Jersey, il arrive à Paris en 1955, à l’âge de 23 ans, pour étudier l’art. Une nuit, il apprend que Chet Baker joue dans un club.
Il n’a presque pas de pellicule et ne prend que deux clichés : l’un est flou, l’autre deviendra l’une de ses images les plus connues.

K.S. - Columbus (1968)
« My pictures don’t depend on extreme sharpness. They depend on the composition, on the subject, and on the way I see it. »
Ses clichés parisiens portent quelque chose de l'esprit de la photographie humaniste française : une attention aux êtres, aux lieux, à la vie quotidienne. Il retrouvera à New York ce même goût pour les scènes de la rue, les rencontres fortuites et ces petits moments qui, photographiés par lui, semblent soudain moins ordinaires.
 © Veilleur de Nuit – 2021
TD1

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dimanche 5 décembre 2021

A.M. - Route de Hollande (c.1880)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre néerlandais Anton Mauve (1838-1888), figure majeure de l'École de La Haye et l'un des premiers maîtres de Van Gogh, dont il était le cousin par alliance.
C’est à La Haye que Mauve donne au jeune artiste ses premières leçons de peinture et l’encourage à travailler d’après le modèle et en plein air. Van Gogh conservera longtemps l'empreinte de cette influence, notamment dans ses premières scènes rurales aux tonalités sombres et terreuses, allant jusqu'à lui dédier un tableau, Souvenir de Mauve.

A.M. - Bateau de pêche (1882)
Mauve est surtout connu pour ses paysages et ses scènes pastorales : troupeaux, bergers, fermes, plages désertes...
Des sujets modestes, peints dans des tons de gris, de bruns et de verts, avec une attention particulière portée à la lumière et aux saisons. Héritier de Millet et de l'école de Barbizon, proche de Jozef Israëls (voir nov. 2020), il appartient à cette génération de peintres néerlandais qui cherchèrent à représenter la vie rurale avec simplicité et gravité.
 © Veilleur de Nuit – 2021
BF4

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samedi 4 décembre 2021

Brandon Holland - Wind (2017)

Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Brandon Holland.
Les mots sont du romancier et philosophe britannique John Cowper Powys (1872-1963), l'auteur du magnifique roman Les sables de la mer (1934).

Le vent qui fait frissonner l'herbe à son gré va et vient. Certains sont nés pour accueillir son message, d'autres pour le refuser. Chez ceux qui sont nés pour l'accueillir, on perçoit un étrange détachement des consolations d'ici-bas.

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