In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 6 juin 2021

V.V. - Jeune fille face à son miroir
(1971)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du Finlandais Veikko Vionoja (1909-2001). Né en Ostrobotnie centrale, fils d'un menuisier, il reste toute sa vie très attaché aux paysages de son enfance. Il y passe ses étés, y retrouve les villages, les fermes et les vieilles maisons, les paysages qu'il peint à partir de croquis et de souvenirs.
« On ne peut représenter que ce à quoi son cœur est entièrement attaché ».
Mais ce que j'aime davantage, ce sont ses scènes d'intérieur : des pièces lumineuses, parfaitement ordonnées et d'une propreté presque irréelle, où quelques meubles, quelques fleurs ou quelques objets suffisent à créer une impression de chaleur et de vie. Vermeer était l'un de ses peintres préférés.

V.V. - Intérieur à Korpela (1989)
Dans Jeune fille face à son miroir, une jeune femme en chemise blanche est assise devant une jolie desserte sur laquelle ne repose qu'un vase empli de fleurs. Rien d'autre, rien à lire ni à écrire, ni brosses ni flacons ; elle s'est assise pour se regarder. À côté d'elle, un buffet aux étagères presque vides complète cet intérieur sans ornement mais d'une coquette sobriété. La jeune fille se regarde en coin.
Même rigueur dans Intérieur à Korpela, que viennent agrémenter deux bouquets de fleurs fraîches. Korpela était le nom de la maison du XVIIIᵉ siècle qui servait de résidence d'été à la famille Vionoja, dans le village de Haapala.
Peut-être est-ce cette histoire intime avec les lieux qui donne à ses intérieurs cette impression si particulière : celle d'un monde simple, ordonné, habité par la mémoire.
 © Veilleur de Nuit – 2021
AO4

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samedi 5 juin 2021

Aneurin Edward - Iron heart (2020)

Une image et des mots. J'aime beaucoup ce dessin - fusain, mine de plomb et acrylique -, d' Aneurin Edward, un artiste originaire de Sainte Lucie.
Pour aller avec, voici un extrait du roman d'Edward Abbey, Le gang de la clé à molette, traduit de l'américain et publié en 2019 chez Gallmeister dans une belle édition illustrée par Robert Crumb.

Tous les yeux convergeaient vers le feu pendant que la nuit du canyon se resserrait sur les dos. Des petites flammes bleues et vertes léchaient et lapaient le bois du fleuve - bouts de pin ponderosa sculptés par leur descente depuis le haut pays, à une centaine de kilomètres de là, branches de genévrier, de pin pignon, de peuplier, brindilles polies de gainier du Canada, micocoulier et frêne. Suivant des yeux les escarbilles qui filaient vers le ciel, ils virent les étoiles s'allumer par séquences décalées. Émeraudes, saphirs, rubis, diamants et opales parsemés sur la voûte en une distribution mystérieuse, aléatoire.
Loin au-delà de ces galaxies galopantes, à moins que beaucoup trop proche et trop présent pour qu'on le voie, se cachait Dieu.

TD3

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dimanche 30 mai 2021

Yale Joel - Paris (1948)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Yale Joel (1919-2006), natif du Bronx, à New York, qui débute sa carrière professionnelle à l'âge de 19 ans. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il couvre les combats en Italie, puis, dès 1947, il rejoint l'équipe de Life Magazine, où il travaillera pendant vingt-cinq ans.

Y.J. - Sharing a soda, Vermont (1946)
Il s'y fait remarquer par une approche très personnelle et inventive de la photographie : il aime jouer avec les apparences et surprendre le regard. Miroirs, illusions d'optique, perspectives inhabituelles ou effets obtenus bien avant l'arrivée du numérique lui permettent de créer des images inattendues. Surnommé « le photographe de l'impossible », Yale Joel a ainsi apporté au photojournalisme une liberté nouvelle, presque expérimentale, sans jamais perdre le sens de l'observation qui fait la force du reportage.
 © Veilleur de Nuit – 2021
JM1

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dimanche 23 mai 2021

Sharon Sprung - Window pane

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'artiste figurative new-yorkaise Sharon Sprung (b.1953). Formée à la Cornell University, à la School of Fine Arts et à l'Art Students League de New York, elle enseigne depuis plus de vingt ans le réalisme contemporain, en particulier le portrait. C'est dans ce domaine qu'elle s'est fait connaître, notamment avec le portrait officiel de Michelle Obama pour la Maison-Blanche. Chez Sharon Sprung, le portrait ne cherche pas seulement la ressemblance. Chaque toile est construite par superpositions successives, comme une lente approche de la personne représentée.

S.S. - Commuter line
« My paintings are a carefully observed negotiation, manipulated layer upon layer in order to create a work of art as equivalent as possible to the complexity of real life. »
Elle se reconnaît des influences très diverses – Caravage, Velázquez, Egon Schiele ou Käthe Kollwitz – mais elle voit chez tous ces artistes un même respect de l'individu et une même volonté d'explorer ce qui nous hante : la force, la fragilité, la sensualité et la résistance de l'être humain.
Et elle donne cette belle définition de son travail de portraitiste : « They are an attempt to control the almost uncontrollable substance that is oil paint, and the equally untamable expression of the human condition. »
 © Veilleur de Nuit – 2021

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