In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 14 septembre 2019

Yaman Ibrahim - Smoker (2016)
Une image et des mots. Où il sera question du poids de la fumée... Pour l'illustrer, l'image est une belle photo du malaisien Yaman Ibrahim qui me fait penser à ces vers de Jules Laforgue, évoquant "ceux qui pour tuer le temps en attendant la mort fument au nez des dieux de fines cigarettes".

Les mots - extraits des dialogues de Smoke, un film formidable de Wayne Wang et Paul Auster -, c'est cet échange entre l'écrivain Paul Benjamin (William Hurt) et son ami buraliste Auggie (Harvey Keitel) à qui il vient acheter deux boîtes de cigarillos.




Auggie – Les gars et moi on était en train de discuter à propos des femmes et des cigares.
Paul Benjamin – Une vraie mine. Ça doit remonter à la reine Elisabeth.
Auggie – La reine d’Angleterre ?
Paul Benjamin - Ouais, Elisabeth Ire, pas Elisabeth II. T’as entendu parler de Sir Walter Raleigh ? […..] Ben, Raleigh c’est celui qui le premier a introduit le tabac en Angleterre. Et comme il était un favori de la Reine –Reine Beth comme il l’appelait – fumer est devenu à la mode à la cour.
[….) Un jour il a fait un pari avec elle, qu’il pourrait peser la fumée. C’est étrange, c’est un peu comme peser une âme. Mais Walter était un type futé ; il a pris un cigare, il l’a mis sur une balance, il l’a pesé. Puis il l’a allumé et l’a fumé, en faisant soigneusement tomber les cendres sur la balance.
Quand il l'eut terminé, il a posé le mégot sur les cendres et pesé le tout.
Il a soustrait ce poids de celui du cigare intact, et la différence c’était le poids de la fumée.
BD1

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dimanche 8 septembre 2019

A. Wyeth - Christina Olson (1947)

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'Américain Andrew Wyeth, déjà présenté ici en juillet 2010 puis en mai 2012. Pour cette nouvelle publication, j'avais d'abord pensé choisir deux des plus de deux cents tableaux consacrés à Helga Testorf. Cette habitante de Chadds Ford, en Pennsylvanie, qui fut son modèle pendant près de quinze ans, inspira une série demeurée célèbre autant qu'elle fut controversée.

A.W. - Christina's bedroom (1947)

Mais je suis finalement revenu à Christina Olsen, son premier grand modèle, peinte ici – un an avant qu'il n'en fasse le sujet de sa toile la plus célèbre, Christina's world – sur le pas de sa porte, ou même absente de sa chambre.

TB1
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samedi 7 septembre 2019

Nathan Oldfield - Untitled (nd)
Une image et des mots.
L'image, celle de ce petit surfeur sur une côte africaine, par le photographe et réalisateur australien Nathan Oldfield.
Les mots que j'ai choisis pour aller avec, c'est la recette du mafé (aussi orthographié maffé) que m'a donnée Taybou Cissé, un jeune réfugié malien qui étudie actuellement en France.
Il n'y a pas d'autre lien entre ces deux documents que l'Afrique; mais ce n'est pas peu. Le mafé, donc, désigne un plat composé de riz accompagné de poulet ou de poisson et agrémenté d'une sauce à base d'arachide (le "mafé" est en fait le nom de cette sauce).

"Préparer le riz à part. Mettre un peu d'huile dans une casserole, ajouter de l'oignon, de l'ail, et mélanger avec du poulet ou du poisson.
Laisser bien cuire, puis ajouter de l'eau et de la pâte d'arachide. Diminuer le feu et laisser 30 minutes en mélangeant toutes les cinq minutes."
Taybou m'assure qu'une fois que l'on y a goûté on ne mange plus autre chose. Bon appétit et vive la "science de gueule" ! C'est ainsi que Montaigne désignait l'amour de la bonne chère...
PW4

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dimanche 1 septembre 2019

Grant Wood - The perfectionist (1936)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain Grant Wood (1891-1942).
Né dans l'Iowa, Grant Wood restera toute sa vie profondément attaché au monde rural qui a façonné son imaginaire. Figure emblématique du régionalisme, il est le peintre de l'Amérique profonde, celle des campagnes du Midwest.
De 1913 à 1916, il est formé à l'Art Institute de Chicago, où il acquiert une solide maîtrise des techniques traditionnelles. Puis, durant les années 1920, ses voyages en Europe enrichissent son style : il est impressionné par les primitifs flamands, notamment Jan van Eyck, dont le réalisme minutieux inspire sa peinture.
G.W. - Fall plowing (1931)

De retour aux États-Unis, puisant son inspiration dans l'art populaire et les traditions artisanales américaines, il choisit de représenter avant tout les paysages et les habitants de son Iowa natal.
Son tableau le plus célèbre, American Gothic (1930), qui met en scène deux personnages austères devant une maison au célèbre pignon néogothique et aux volets en pitchpin – une maison typique du Midwest –, est devenu l'une des images les plus célèbres de la peinture américaine. Il symbolise à la fois l'identité et la résilience de l'Amérique rurale pendant la Grande Dépression.
Ce même attachement au monde rural se retrouve dans des tableaux comme Stone City, Iowa ou Arbor Day. « All the really good ideas I ever had came to me while I was milking a cow. »

G. Little - Black necklace (2014) La veillée du dimanche. Deux œuvres postmodernes, traversées d’un romantisme discret, réalisées à la g...