In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 9 décembre 2018

Miroslav Tichý - Untitled

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du tchèque Miroslav Tichý (1926-2011), figure singulière de la photographie du XXᵉ siècle. Originaire de Moravie du Sud et formé à l'Académie des beaux-arts de Prague, il se consacre d'abord à la peinture avant de se tourner, dans les années 1970, vers la photographie.
« Les peintures étaient peintes, les dessins dessinés. Qu'avais-je à faire ? Je cherchais un autre moyen. Avec la photographie, j'ai trouvé quelque chose de nouveau, un nouveau monde. »
M. Tichý - Untitled

Réalisés avec des appareils bricolés, ses clichés ont nourri de vives controverses, notamment en raison de la manière dont il photographiait les femmes à leur insu.
Mais ils produisent aussi une image profondément déroutante du quotidien : flous, rayés, mal cadrés, ils semblent moins enregistrer le réel que le faire basculer dans une forme de mémoire ou de rêve. C'est cette étrangeté, plus que la provocation, qui me paraît faire de Tichý un photographe à part.

RB1

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dimanche 2 décembre 2018

Anders Andersen-Lunby
Coucher de soleil en hiver (1882)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre paysagiste danois Anders Andersen-Lundby (1841-1923). Originaire du village de Lundby, près d’Aalborg, il se forme en autodidacte en observant la nature et en étudiant les œuvres exposées à Copenhague. Contrairement à nombre de ses contemporains, il ne passe pas par l’Académie royale des beaux-arts, mais s’inscrit très tôt dans les cercles paysagistes danois.
En 1876, il s’installe à Munich, alors l’un des grands centres européens de la peinture de paysage, où se côtoient de nombreux artistes venus d’Europe du Nord.

A. A-L. - Forêt en hiver (1890s)
Son travail s’inscrit dans la continuité de la tradition naturaliste danoise, héritée d’Eckersberg ou de P.C. Skovgaard, tout en dialoguant avec le réalisme poétique cultivé dans la peinture munichoise. À une époque où la restitution fidèle et sensible des paysages constituait l’idéal des artistes scandinaves, Andersen-Lundby s’est distingué par ses scènes d’hiver. Elles comptent parmi les plus belles évocations de la nature nordique et lui valent une place de choix dans l’histoire de la peinture danoise.
SR2

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samedi 1 décembre 2018

Edward S. Curtis - Eclipse dance (c.1910)
Une image et des mots. Une photo d'indiens Kwakiutl exécutant la danse de l'éclipse (c.1910), prise par l'ethnologue américain Edward Sheriff Curtis (1868-1952). Les mots sont de Walt Whitman, extraits de "Leaves of grass" (Feuilles d'herbes).

You air that serves me with breath to speak !
You objects that call from diffusion my meanings and give them shape !
You light that wraps me and all things in delicate equable showers !
You paths worn in the irregular hollows by the roadsides !
I believe you are latent with unseen existences, you are so dear to me.

***

Toi, air qui me fournis le souffle pour que je parle !
Vous, objets, qui empêchez mes pensées de se disperser et qui leur donnez forme !
Toi, lumière, qui m’enveloppes, moi et toutes choses, dans ton flot délicat et égal pour tous !
Vous, sentiers tracés par les pas dans les creux irréguliers au bord des routes !
Je crois que vous êtes secrètement chargés d’existences invisibles, vous m’êtes si chers.

PG7
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dimanche 25 novembre 2018

W.E. Smith - Pride Street, Pittsburgh
(1955)

Le vide-grenier du dimanche. Deux autres clichés du photographe américain W. Eugene Smith (1918-1978), déjà présenté ici en janvier 2010, figure majeure de l'essai photographique. Après avoir quitté Life en 1954, il poursuit son travail au sein de l’agence Magnum puis de manière indépendante, élaborant ces grands récits visuels qui feront école. Qu’il s’agisse du médecin de campagne dans le Colorado (1948), des habitants d’un village espagnol (1951), du monumental projet Pittsburgh (1955-58) ou de son ultime combat aux côtés des victimes de la pollution au mercure à Minamata (années 1970), Smith a toujours cherché à donner une forme narrative et profondément humaine à ses images.
W.S. - Dream Street, Pittsburgh
(1955)

Perfectionniste à l’extrême, parfois jusqu’à l’obsession, il travaillait ses planches contact comme un écrivain travaille son manuscrit, convaincu que la photographie devait transmettre la vérité d’une expérience vécue. Chez lui, une image est rarement pensée isolément : elle prend sa pleine signification dans une suite de photographies qui construit peu à peu un récit. Cette conviction traverse toute son œuvre :
« A photo is a small voice, at best, but sometimes - just sometimes -, one photograph or a group of them can lure our senses into awareness. Much depends upon the viewer; in some, photographs can summon enough emotion to be a catalyst to thought. »

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...