In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 4 juin 2017

P.A. - Le colleur d'affiches (1950)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe français d’origine hongroise Paul Almásy (1906-2003), déjà présenté en juin 2016. On retient de lui les innombrables reportages qui racontent le monde des Trente Glorieuses, mais on sait moins qu’il a aussi beaucoup réfléchi à son métier et à la manière dont une photographie informe.
En 1975, il publie La photographie, moyen d’information, dans lequel il expose sa conception du photojournalisme.

P.A. - Le magasin de télés (1960)
Ce qui est intéressant dans ce texte, c’est de voir comment Almásy envisage le travail du photographe de presse : non comme une simple capture du réel, mais comme une véritable écriture de l’image, où le cadrage, la composition et le choix des éléments jouent un rôle essentiel. Il va jusqu’à écrire que « la photo est écriture », un langage avec ses règles propres.
La retouche y est également envisagée comme un prolongement de ce travail, non pour falsifier, mais pour renforcer la lisibilité du message.
Autrement dit, pour Almásy, le reportage n’est pas seulement une façon de montrer ce qui se passe : c’est aussi une manière de construire une image qui permette de le comprendre.
 © Veilleur de Nuit – 2017
MD1

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samedi 3 juin 2017

P.M. Mønsted - Atmosphère du soir (1896)
Une image et des mots. L'image, c'est Abendstimmung, du grand peintre paysagiste danois Peder Mørk Mønsted (1859-1941).
Les mots sont de J.M.G. Le Clézio, extraits de L'extase matérielle (1967).

"J'ai vu le soleil se coucher sur le paysage, le disque sanglant est descendu légèrement sur l'horizon, agrandi, flottant comme une lampe au-dessus des nappes de nuages violacés. [.....].
Il n'y avait que ces nuages, à l'horizon, à l'endroit où se couchait le soleil, qui traînaient et se fondaient les uns dans les autres. Sur ce spectacle immense, où rien ne bougeait, absolument rien, pas une herbe, pas une vague, pas une bête, le disque rouge est descendu lentement, longuement est entré. Il a diminué peu à peu de taille, jusqu'à devenir petit point incandescent trônant sur des nappes d'ouate."
DN4

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dimanche 28 mai 2017

C.C - La moissonneuse (1838)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875), figure majeure du paysage français du XIXᵉ siècle et l’un des précurseurs de l'école de Barbizon.
Issu d’une famille de commerçants aisés, Corot bénéficie très tôt d’une indépendance financière qui lui permet de se consacrer entièrement à la peinture. Il fréquente l'Académie Suisse et loue un atelier quai Voltaire, dans le 7e arrondissement de Paris.

C.C. - Jardins de la Villa d'Este (1843)
Le Grand Prix de Rome Achille-Etna Michallon va l'initier au néoclassissisme et lui faire découvrir les peintres du groupe de Marlotte. Quand Michallon disparaît prématurément à l'âge de 26 ans, c'est un de ses professeurs, Jean-Victor Bertin, qui continue à enseigner à Corot l'art de la composition néoclassique et du paysage historique. À partir des années 1820, ses voyages en Italie puis à travers la France l’amènent à travailler de plus en plus souvent directement sur le motif. Peu à peu, Corot s’éloigne de la rigueur néoclassique pour faire une place croissante à la lumière et à l’atmosphère. C'est cette plus grande liberté dans sa manière de peindre qui le rapproche des peintres de la génération suivante et fait de lui l’un des précurseurs de l’impressionnisme.
Présenté au Salon de 1835 avec Agar dans le désert, Camille Corot gagne rapidement en reconnaissance et s’impose comme une figure centrale du paysage moderne au XIXᵉ siècle. Jardins à la Villa d'Este est un de mes tableaux préférés tous genres confondus ; j'écoute, en écrivant ces lignes et en le regardant, la Gnossienne n°1.
 © Veilleur de Nuit – 2017
ES3

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dimanche 21 mai 2017

K.H. - Shapely nightie (1940)
La veillée du dimanche. Deux clichés de Kurt Hutton (1893-1960), photographe britannique d’origine allemande, l’un des pionniers du photojournalisme moderne ; deux photographies très différentes, puisque sur l’une figure un chat, et sur l’autre un chien.
Né Kurt Hübschmann à Strasbourg, il débute sa carrière en Allemagne avant de s’exiler à Londres en 1934 pour fuir le nazisme. L’instauration du régime hitlérien provoque alors l’exode de nombreux photographes vers la Grande-Bretagne.

K.H. - Unemployed, London
(1939)
Il rejoint Picture Post, grand hebdomadaire illustré britannique des années 1930-40, dont il devient l’un des photographes majeurs.
Le magazine, rapidement très influent, adopte une ligne clairement antifasciste et mène campagne contre les persécutions nazies.
Avec Hutton, le reportage photographique change de ton : il s’éloigne du spectaculaire pour s’attacher au quotidien, aux gestes ordinaires, aux scènes de rue et et aux petits hasards de la vie.
Ses images racontent sans emphase une histoire de la vie britannique d’après-guerre, où  – sous la rigueur documentaire – perce souvent une forme de légèreté et d’humour discret. Les deux photographies choisies ici en sont une illustration.
 © Veilleur de Nuit – 2017

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