In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 20 février 2016

Marta Syrko - Untitled (2011)

Une image et des mots. C'est le hasard, qui m'a fait tomber un jour sur un portfolio de la photographe ukrainienne Marta Syrko.
La photo d'art n'est pas mon genre de prédilection (bis repetita...) et de ma découverte je n'ai retenu que ce cliché, qui s'affranchit de la catégorie et que j'aime beaucoup.

Le lendemain je descendis de bonne heure dans la salle à manger. Je vis, en regardant par la fenêtre, qu'il avait neigé ; la lande se perdait dans le petit matin. Il n'y avait personne d'autre. Ulrica m'invita à m'assoir à sa table. Elle me dit qu'elle aimait se promener seule.
Je me souvins d'une plaisanterie de Schopenhauer et je lui répondis :
- Moi aussi. Nous pouvons donc sortir ensemble.
Jorge Luis Borges, Le livre de sable (1975).

JB2

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dimanche 14 février 2016

William Hogarth - Beer Street (1751)

La veillée du dimanche. Deux gravures de William Hogarth (1697-1764) peintre, graveur et satiriste anglais.
Fils d’un instituteur ruiné, il s’impose à Londres dans les années 1730 avec ses séries moralisatrices (A Harlot’s Progress, A Rake’s Progress, Marriage à-la-mode), de véritables “romans visuels” qui dénonçaient corruption, hypocrisie, inégalités. Son humour acide et son extraordinaire sens du détail feront de lui l’un des grands précurseurs de la caricature moderne.
W.H. - Gin Lane (1751)

Voici deux gravures emblématiques, visibles au Victoria and Albert Museum.
La première illustre les bienfaits de la bonne bière anglaise, l’autre les méfaits du gin - famine, folie, infanticide, suicide. Hogarth participe ainsi à la campagne menée dans les années 1750 contre les ravages du gin – un fléau social majeur dans le Londres du XVIIIᵉ siècle –, qui aboutira au Gin Act de 1751. Importé pour la première fois des Pays Bas à la fin du XVIIᵉ siècle, le gin, abondant et bon marché, concurrença rapidement la bière anglaise ; au plus fort du Gin Craze (vers 1730), chaque Londonien en consommait en moyenne plus d’un litre par semaine.
« Alors que la philosophie enseigne comment l'homme prétend penser, écrivait René Daumal dans La grande beuverie, la beuverie montre comment il pense. »
 © Veilleur de Nuit – 2016

PH2
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dimanche 7 février 2016

John Bulmer - Manchester (1977)
La veillée du dimanche. Deux clichés de John Bulmer (b.1938), déjà présenté en octobre dernier, dont j'avais évoqué le rôle de précurseur dans le domaine de la photo documentaire couleur.
Il débute dans ce domaine dès 1962 au Sunday Times, privilégiant les saisons hivernales et les temps humides, alors que la pellicule couleur est encore particulièrement difficile à maîtriser.
« Je voulais montrer ce que je voyais vraiment, pas une version idéalisée ou tragique. »

J.B. - Manchester (1976)
Ce regard singulier se retrouve dans plusieurs de ses séries emblématiques : Manchester, dont sont issus les deux clichés présentés ici, North UK, ou encore A Very English Village.
Des reportages où la grisaille du Nord industriel de l’Angleterre devient parfois étonnamment belle. « Une œuvre d’art, nous dit Kant, n’est pas (nécessairement) la représentation d’une chose belle, mais la belle représentation d’une chose.» Pour une vue d'ensemble sur le travail de John Bulmer, c'est [ICI].
 © Veilleur de Nuit – 2016

OA1

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A.N. Samokhvalov - Blue twilight (1960) La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre et illustrateur russe Alexander Nikolaevich Samo...