| JB2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 20 février 2016
dimanche 14 février 2016
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| William Hogarth - Beer Street (1751) |
La veillée du dimanche. Deux gravures de William Hogarth (1697-1764) peintre, graveur et satiriste anglais.
Fils d’un instituteur ruiné, il s’impose à Londres dans les années 1730 avec ses séries moralisatrices (A Harlot’s Progress, A Rake’s Progress, Marriage à-la-mode), de véritables “romans visuels” qui dénonçaient corruption, hypocrisie, inégalités. Son humour acide et son extraordinaire sens du détail feront de lui l’un des grands précurseurs de la caricature moderne.
Voici deux gravures emblématiques, visibles au Victoria and Albert Museum.
La première illustre les bienfaits de la bonne bière anglaise, l’autre les méfaits du gin - famine, folie, infanticide, suicide. Hogarth participe ainsi à la campagne menée dans les années 1750 contre les ravages du gin – un fléau social majeur dans le Londres du XVIIIᵉ siècle –, qui aboutira au Gin Act de 1751. Importé pour la première fois des Pays Bas à la fin du XVIIᵉ siècle, le gin, abondant et bon marché, concurrença rapidement la bière anglaise ; au plus fort du Gin Craze (vers 1730), chaque Londonien en consommait en moyenne plus d’un litre par semaine.
« Alors que la philosophie enseigne comment l'homme prétend penser, écrivait René Daumal dans La grande beuverie, la beuverie montre comment il pense. »
© Veilleur de Nuit – 2016
dimanche 7 février 2016
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| John Bulmer - Manchester (1977) |
Il débute dans ce domaine dès 1962 au Sunday Times, privilégiant les saisons hivernales et les temps humides, alors que la pellicule couleur est encore particulièrement difficile à maîtriser.
« Je voulais montrer ce que je voyais vraiment, pas une version idéalisée ou tragique. »
Ce regard singulier se retrouve dans plusieurs de ses séries emblématiques : Manchester, dont sont issus les deux clichés présentés ici, North UK, ou encore A Very English Village.
Des reportages où la grisaille du Nord industriel de l’Angleterre devient parfois étonnamment belle. « Une œuvre d’art, nous dit Kant, n’est pas (nécessairement) la représentation d’une chose belle, mais la belle représentation d’une chose.» Pour une vue d'ensemble sur le travail de John Bulmer, c'est [ICI].
© Veilleur de Nuit – 2016
samedi 6 février 2016
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| Ménologe de Basile II |
Une image et des mots. On connaît la formule de Simonide : « La peinture est une poésie muette ». Mais ce n’est pas pour autant que toutes les oeuvres peintes exsudent le silence au point de le rendre presque tangible, comme chez Hopper ou chez Vermeer.
Ce n’est pas le cas par exemple (ni sans doute l'intention) de cette image issue du Ménologe de Basile II – un célébrissime synaxaire byzantin du Xe siècle conservé au Vatican – qui représente Saint Jean le Silenciaire, et où il nous semble entendre autour de celui qui a fait vœu de se taire tous les bruits de la nature et la clameur des éléments.
Les mots qui suivent et que j'ai choisis pour accompagner cette image sont de Maurice Maeterlinck, extraits du Trésor des humbles (1896).
Il est des individus qui n’ont pas de silence, et qui tuent le silence autour d’eux, et ce sont les seuls êtres qui passent vraiment inaperçus (car) nous ne pouvons nous faire une idée exacte de celui qui ne s’est jamais tu. On dirait que son âme n’a pas eu de visage.
Et Thoreau quant à lui écrivait dans son journal, en janvier 1841 : Je suppose que nous n'avons pas besoin d'inspiration pour parler, mais juste pour rester silencieux.
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