In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 7 juin 2014

Linn Heidi Stokkedal - The escape (2013)
Une image et des mots. Amour, amour quand tu nous tiens on peut bien dire adieu prudence, écrivait La Fontaine.
Pour aller avec ce cliché de la norvégienne Linn Heidi Stokkedal (b.1989), je choisis ces quelques mots de Jankélévitch (1903-1985), extraits de son Le je-ne-sais-quoi et le presque rien (1980).

"Tout à l’heure, il sera trop tard, car cette heure-là ne dure qu’un instant.
Le vent se lève, c’est maintenant ou jamais.
Ne perdez pas votre chance unique dans toute l’éternité, ne manquez pas votre unique matinée de printemps."

Comme l'a dit l'auteur américain de bandes dessinées Bil Keane (The Family Circus) : "Yesterday is the past, tomorrow is the future, but today is a gift. That's why it's called the present."
WL1
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dimanche 1 juin 2014

Paul Guigou - La lavandière (1860)
La veillée du dimanche. Deux œuvres de Paul Guigou (1834-1871). Issu d’une famille modeste, il se forme aux Beaux-Arts de Marseille, alors dirigés par Émile Loubon, peintre proche de l’école de Barbizon, qui encourage ses élèves à travailler sur le motif.  En 1855, Guigou monte à Paris. Il y découvre les maîtres de la tradition classique et s’imprègne des grands paysages de Corot. Influencé par Courbet, plus tard par Bazille, par Sisley et par Monet, il peint une Provence paisible et lumineuse mais aussi âpre et minérale, où l'on devine la chaleur accablante et chargée de poussière....

Paul Guigou
Lavandières sur les bords de la Durance
(1866)
À rebours des visions folklorisantes du Sud, Guigou privilégie une approche rigoureuse et naturaliste, attentive aux formes du paysage et à sa topographie. Ses scènes, dépouillées, captent la lumière et l’austère beauté des Alpilles, du Luberon ou des bords de la Durance, où s’affairent les lavandières.
Sa Lavandière, il la peint à l’âge de vingt-six ans. Il nous la montre de dos, légèrement en plongée. On ne voit ni le ciel ni le soleil, mais on en voit la chaleur qui pèse sur son dos.
GB1

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dimanche 25 mai 2014

Burt Glinn - Earl Bostic (1960)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Burt Glinn (1925-2008). Né à Pittsburgh, formé à Harvard en histoire et en littérature, il se tourne vers la photographie à la fin des années 1940, influencé par les récits visuels des grands reporters de l’après-guerre. Il trouve son premier emploi en 1949 comme assistant d’Alfred Eisenstaedt au magazine Life.
Devenu ensuite photographe indépendant, il rencontre Robert Capa et rejoint en 1951 l'agence Magnum.
Glinn est surtout connu pour ses reportages sur les grands événements de son époque : il est à Cuba en janvier 1959, dès les premières heures de la révolution castriste, couvre les grandes mutations sociales et politiques de son temps, mais aussi la vie culturelle, photographiant aussi bien Nikita Khrouchtchev que les écrivains de la Beat Generation.

B.G. - Helen Frankenthaler, NYC
(1957)
Les deux photographies que j’ai choisies appartiennent à cette autre dimension de son travail, consacrée à la vie culturelle américaine.
La première montre Earl Bostic jouant aux échecs avec son trompettiste pendant une pause au Blackhawk, à San Francisco, en 1960. Derrière le rideau, le soleil se lève…
La seconde est un portrait de la peintre Helen Frankenthaler dans son studio, en compagnie du sculpteur David Smith. Deux figures majeures de l’art américain de l’après-guerre réunies dans un même espace de travail.
« Une des choses que Henri Cartier-Bresson m’a enseignées, c’est la différence fondamentale entre invention et découverte. L’ampoule est une invention, l’électricité est une découverte.
Ton travail consiste à découvrir, et pas à inventer, et tu ne dois jamais avoir de préjugés sur ce que tu vas découvrir. Ce qui est important, c’est de découvrir une certaine vérité dans une situation donnée et d’avoir son propre point de vue. »
MP1

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dimanche 18 mai 2014

Louis Grell - Fredericka
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre américain Louis Grell (1887-1960), peintre et muraliste dont la carrière s’est partagée entre les États-Unis et l’Europe.
Né à Council Bluffs, dans l’Iowa, de parents allemands, il part en Europe à l’âge de douze ans et y étudie l’art à la prestigieuse École des Arts appliqués de Hambourg puis à l’Académie royale des Beaux-Arts de Munich.
Il y assimile très jeune les canons de la peinture historique et décorative.
De retour aux États-Unis, il devient un maître des fresques d’intérieur, notamment pour les théâtres, les hôtels ou les grands bâtiments civiques, où il mêle souvent influences classiques et touches Art déco, avec un goût prononcé pour les mises en scène allégoriques.
L.G. - Cabin on the meadow (1952)

Il enseignera aussi à la Chicago Academy of Fine Arts puis à l’Art Institute of Chicago. Il aura parmi ses élèves un jeune homme du nom de… Walt Disney.
Ce serait très exagéré de dire que j’aime beaucoup son œuvre monumentale, la plus connue ; je lui préfère sa peinture de chevalet. Et si ces deux tableaux ont trouvé leur place dans ma petite collection d’archives, c’est que quelque chose dans leur atmosphère romantique m’a plu ; ils ont donc leur place dans ce blog.
Le premier est un portrait de son épouse, dont le visage me rappelle ici celui de l’actrice anglaise Carey Mulligan (Inside Llewyn Davis) – que j’aime beaucoup – sous une guitare accrochée à la tenture – que j’aime beaucoup aussi (la guitare, pas la tenture). Le second, un paysage très banal et sans éclat, n’aurait sans doute pas retenu mon attention sans ce petit coup de cœur pour le portrait (bien que je ne sois pas toujours insensible à la banalité sans éclat).
Comme quoi, à quoi tient parfois que l'on s'intéresse à une oeuvre ?

KA2 ICI