In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 13 avril 2014

Bruno Réquillart - Seascape 1 (1970s)
La veillée du dimanche. Deux clichés du français Bruno Réquillart (b.1947), photographe du silence, du retrait et des formes discrètes du vivant.
« J’essaie de photographier ce qui n’attire pas le regard », disait-il dans un entretien.
Noir et blanc, cadrages sobres, économie de gestes : formé aux sciences avant de se tourner vers la photographie au tournant des années 1980, Réquillart photographie des paysages, des visages, des fragments d’objets ou d’architectures. Il y a dans ses images quelque chose de l’épure : rien ne semble y être en trop. Je sais que la comparaison est très aventureuse, mais la composition de certaines de ses images me fait penser à celle des jardins japonais, où tout est à sa place, y compris le vide.
B.R. - Paris (1970s)

Après avoir documenté l’atmosphère libertaire de l’après-68, il consacre une partie de son travail aux objets du quotidien urbain. C’est notamment le cas dans sa série Constats : poteaux, panneaux publicitaires, rideaux métalliques, troncs d’arbres…
Il abandonne ensuite la photographie pour la peinture et, en 1992, fait don à l’État de l’ensemble de ses négatifs et tirages, à la manière de Jacques-Henri Lartigue en 1979.
« Certaines photographies, je ne sais plus lesquelles mais je me souviens de la sensation, sont nées d'un brusque retournement. Comme si une présence, dans mon dos, m'appelait : c'était une photo.»
WD1

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dimanche 6 avril 2014

A.B. - Le joueur de flûte (1621)
La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre et graveur néerlandais Abraham Bloemaert (1564-1651), figure majeure de la peinture néerlandaise à la charnière entre maniérisme et baroque.

A.B. - Les disciples d'Emmaüs (1622)
Considéré comme l'un des fondateurs de l' École d'Utrecht. il participe également, en 1611, à la création de la Guilde de Saint-Luc, qui structure alors la vie artistique de la ville.
Au début des années 1620, Bloemaert connaît une brève période marquée par le caravagisme, très présent alors à Utrecht [ICI]. Ses élèves Hendrick ter Brugghen, Gerrit van Honthorst et Jan van Bijlert, revenus de Rome, contribuent à lui faire découvrir cette nouvelle manière. Le Joueur de flûte (1621) et les Pèlerins d’Emmaüs (1622) en sont deux beaux exemples. Il revient ensuite progressivement à une peinture plus classique, centrée notamment sur des sujets mythologiques, pastoraux ou bibliques.
JT2

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samedi 5 avril 2014

Les enfants d'Izieu
Une image et des mots. Ces enfants juifs, de différentes nationalités, avaient pendant la Seconde Guerre mondiale trouvé refuge dans une grande bâtisse sur la commune d'Izieu, dans l'Ain. 
Il y a aujourd'hui 70 ans jour pour jour, le 6 avril 1944, la Gestapo a raflé les 44 enfants de la colonie pour les envoyer à Drancy puis à Auschwitz où ils ont été assassinés. Le plus jeune avait 4 ans.

Les mots qui suivent sont un poème de Jean-Pierre Siméon (b.1950), extrait de Ici (2009)

À l'impossible on est tenu

Oui je sais que
la réalité a des dents
pour mordre
que s'il gèle il fait froid
et que un et un font deux

je sais je sais
qu'une main levée
n'arrête pas le vent
et qu'on ne désarme pas
d'un sourire
l'homme de guerre

mais je continuerai à croire
à tout ce que j'ai aimé
à chérir l'impossible
buvant à la coupe du poème
une lumière sans preuves

car il faut très jeune
avoir choisi un songe
et s'y tenir
comme à sa fleur tient la tige

contre toute raison
.
GM2

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