In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 3 août 2013

Sebastiao Salgado - A desert on fire (1991)
Une image et des mots. L'image, c'est une photo prise par Salgado d'un puits de pétrole en feu, au Koweit.
Les mots sont de Marguerite Duras, et proviennent d'une interview donnée en 1986 au journal belge Le Matin, quelques jours après l'accident de Tchernobyl.

"Maintenant on pourrait presque enseigner aux enfants dans les écoles comment la planète va mourir,
non pas comme une probabilité mais comme l'histoire du futur.

On leur dirait qu'on a découvert des feux, des brasiers, des fusions,
que l'homme avait allumés et qu'il était incapable d'arrêter.
Que c'était comme ça, qu'il y avait des sortes d'incendies qu'on ne pouvait plus arrêter du tout.
Le capitalisme a fait son choix : plutôt ça que de perdre son règne
."
DG3

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dimanche 28 juillet 2013

A. Colville - The River Thames (1974)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du canadien Alex Colville (1920-2013), disparu il y a quelques jours. Formé aux Beaux-Arts de Mount Allison University, il fut aussi soldat, chargé de documenter la guerre en Europe : une expérience décisive, qui marquera durablement sa manière de peindre, précise, silencieuse, tendue.
J'aime beaucoup son style, assez proche des précisionnistes américains des années 30.

A.C. - At the station (1953)
Après son mariage en 1942, il s’engage dans l’armée canadienne et devient artiste de guerre officiel.

C’est à ce titre qu’il découvre en 1945 le camp de Bergen-Belsen ; il peindra ensuite Corps dans une tombe (1946). Ce qu’il a vu le hantera toute sa vie.
De ses tableaux se dégage souvent un sentiment d’étrangeté ou d’inquiétude. Parfois de façon explicite, avec la présence d’un pistolet posé au premier plan (Pacifique, 1967) ; parfois plus discrètement, comme ici sur ce quai de gare où l’on devine davantage des adieux que des retrouvailles. Tout semble calme chez Colville, mais quelque chose demeure en suspens.
On a dit de lui qu'il peignait comme un sismographe, qui révèle ce qui tremble sous une apparente immobilité ; ses toiles sont  profondément narratives, pourtant elles ne racontent rien : c’est à nous de deviner ce qui se joue derrière ces gestes arrêtés, ces visages tournés ailleurs.
« Les choses sont mystérieuses, même quand on croit les voir clairement », disait-il.
«Je considère la vie intrinsèquement dangereuse. J'ai une vision très sombre du monde et des affaires humaines... L'anxiété est la norme de notre époque.»
Sur mes étagères : The Art of Alex Colville de Helen J. Dow (McGraw-Hill Inc., US), un très beau livre.
BF2

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dimanche 21 juillet 2013

D. Lyon - Big Barbara, Chicago (1965)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Danny Lyon (b.1942).
Très engagé politiquement, diplômé d’histoire et de philosophie de l’Université de Chicago, il documente dès 1962 plusieurs campagnes du Civil Rights Movement auxquelles il participe lui-même.

D. L. - West 39th Street, NYC (1980)
Quelques années plus tard, il partage pendant près de quatre ans la vie des membres du Outlaws Motorcycle Club de Chicago ; ce travail donnera naissance à l’un de ses livres les plus célèbres et lui ouvrira les portes de Magnum Photos. Toute son approche marque son adhésion aux principes du New Journalism, ceux d'une photographie vécue de l’intérieur : il ne cherche pas à observer à distance, mais à partager la vie de ceux qu’il photographie.
« I feel totally responsible for what I see. I feel totally responsible for what I photograph.
You put a camera in my hand, I want to get close to people. Not physically close, emotionally close, all of it.»

PF3
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samedi 20 juillet 2013

P.B. - La table servie sous le tilleul (1920)
Une image et des mots. Un tableau de Bonnard, qui me rappelle ces quelques lignes de Pierre Michon, extraites de Vies minuscules (1984) :

Ces arbres savoureux sont aimés des abeilles ; et leur puissant murmure qui s'amplifiait dans le soir semblait la voix même de l'arbre, son aura de massive gloire : Ainsi devaient vrombir les anges devant Ézéchiel prosterné.

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...