In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

samedi 5 janvier 2013

(A/U)
Une image et des mots .Une photo anonyme, pour moi en tous cas, que j'associe à ces quelques vers du poète élisabéthain John Donne (1572-1631), extraits des Songs and sonnets publiés en 1601.

All Kings, and all their favourites
All glory’ of honors, beauties, wits
The sun it selfe, which makes times, as they passe,
Is elder by a yeare, now, than it was
When thou and I first one another saw:
All other things, to their destruction draw,
Only our love hath no decay;
This, no to morrow hath, nor yesterday,
Running it never runs from us away,
But truly keepes his first, last, everlasting day.

****
traduction de Jean Migrenne

Tous les souverains, tous leurs favoris,
Toute gloire d’honneur, beauté, esprit,
Tout passe, même le maître des temps,
Notre soleil, plus jeune d’un an
Quand toi et moi avions fait connaissance :
Le lot de toute chose est décadence,
À une exception près : notre amour
Que nul hier, nul lendemain n’entourent,
À nous adonné qui lui donnons libre cours,
Attaché à vivre comme au tout premier jour.

AF1
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dimanche 30 décembre 2012

M. de Vlaminck - Route sous la neige

Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres du peintre, écrivain et ancien lutteur de foire français Maurice de Vlaminck (1876–1958), l’une des grandes figures du Fauvisme. Autodidacte et animé d’un tempérament rebelle, il défend très tôt une peinture instinctive, affranchie des conventions académiques. Ses premières œuvres, marquées par l’influence de Van Gogh et l’usage de couleurs pures et éclatantes, marquent son engagement dans le mouvement fauve aux côtés de Derain et Matisse.

M.V. - Nature morte aux oranges
(1907)


Mais dès les années 1910, sous l’influence de Cézanne, sa peinture évolue vers une palette plus sombre et une construction plus rigoureuse. Ses paysages, souvent dépouillés, traversés de ciels lourds et de routes désertes, prennent une intensité plus grave, parfois presque tourmentée. Passionné de littérature, Vlaminck laisse aussi des écrits à l’image de sa peinture : directs, violents, profondément anti-académiques.
Ce que je n'aurais pu faire dans la société qu'en jetant une bombe - ce qui m'aurait conduit à l'échafaud -, j'ai tenté de le réaliser dans la peinture en employant de pures couleurs sortant de leur tube. J'ai satisfait ainsi ma volonté de détruire, de désobéir, afin de recréer un monde sensible, vivant et libéré.

ML5

ICI

dimanche 23 décembre 2012

Krass Clement - série For natten (2000)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du danois Krass Clement (b.1946), documentariste de la mélancolie. Plus attentif aux atmosphères qu’aux événements eux-mêmes, il photographie en flâneur au sens où l'entendait Baudelaire, en parcourant la ville comme on traverse un état d’âme.
Fils d'un peintre et d'une pianiste il passe une grande partie de son enfance à Paris, où il découvre la photographie et travaille quelque temps en free-lance avant d’étudier le cinéma à la National Film School of Denmark de Copenhagen. Mais il revient rapidement à la photographie et publie en 1978 son premier livre, Shadows of the Moment.
K.C. - Vesterbrogade (1960s)

The street is a fantastic space wherein everything unfolds, everything is possible and everything is seen. In other words, the street reveals existence
Commence alors une œuvre documentaire considérable sur le Denmark et ses habitants, le plus souvent en noir et blanc, où reviennent sans cesse la solitude, l’attente, les visages perdus dans leurs pensées, les lumières de fin de jour.
All my books are formed by two things, partly the memory, partly the loss.
Krass Clement a également photographié Paris et l'Irlande. Ce travail donnera notamment naissance en 1991 à Drum, série devenue célèbre de photographies prises en une seule soirée dans un pub irlandais. Loin du spectaculaire, Clement trouve dans le quotidien une beauté discrète, sobre et profondément humaine.

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...