In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 29 janvier 2012

Reg Smythe - Andy Capp
Le vide-grenier du dimanche. Comme chaque année depuis l'ouverture de ce blog, je profite du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême pour évoquer deux héros de mon enfance et de mon adolescence. Aujourd'hui, tous les deux sont britanniques.

G. Campion - Battler Britton
Le premier, créé par Reg Smythe (1917-1998), je l'ai découvert je crois dans l'irremplaçable et irremplacé Charlie Mensuel, en même temps que Lil'Abner et bien d'autres... C'est Andy Capp, que Flo attend invariablement avec le rouleau à pâtisserie quand il rentre du pub..
Le second, bien plus glorieux, est un héros plus avouable :
Battler Britton était une création du dessinateur Geoff Campion et du scénariste Mike Butterworth, mais de nombreux dessinateurs européens ont collaboré à ses aventures. Parmi eux, un certain....... Hugo Pratt !
LR1

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samedi 28 janvier 2012

F. de Knibbergen - Paysage de dunes (1665)
Une image et des mots. La peinture hollandaise est source de silence, disait Claudel.... 
J'ai pensé à ce beau paysage du hollandais François de Knibbergen (1596-1674) après avoir lu dans le n°165 de Poétique un bel article de Cyril Le Meur, intitulé "Le silence du texte" et dont voici un extrait.

Le silence dont je parle n'est pas l'antagonique de la parole ni de la "langue naturelle", mais l'envers radical de tout ce qui a fait bruit et spectacle dans la généalogie de l'humanité. Le silence corollaire des "choses utiles" de Bonaventure d'Argonne, le silence coextensif au travail social millénaire, dont on sait qu'il est parfaitement indit et inécrit... le silence des esclaves. 
Georges Bataille a dit fort bien que toute notre culture était issue non des faits d'armes, non des poèmes, des illuminations, des harangues, des transcriptions bénédictines ou des manières de cour, mais du labeur immémorial et quotidien des hommes et des femmes au travail, ce qui est dire, pendant des milliers d'années, des esclaves. La reproduction silencieuse de leur existence, au long de centaines de générations, a mobilisé toutes les ressources de l'esprit humain. 
En silence, ils ont résolu presque tous les problèmes posés à l'humanité. Comparé à leur silence, le bruit des salves, des trônes et des oraisons ne fut que pétarade stérile et babillage d'enfants. La civilisation humaine fut créée par une humanité effacée, disparue dans la pliure de l'Histoire ; nous sommes faits de ce formidable silence.

CG1
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dimanche 22 janvier 2012

(attribué à) Edward Weston
Bessie Love (c.1920)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe Edward Weston (1886-1958), pionnier de la photographie moderniste américaine et cofondateur en 1932 du groupe f/64. En réaction au courant pictorialiste duquel il était issu, il militait pour la "photographie pure" (straight photography). Le cliché ci-dessous illustre sa manière d’extraire l’abstraction du réel sans jamais le déformer.
E. Weston - Succulent (1932)

On lui attribue aussi (avec des réserves) ce beau portrait de Juanita Horton, actrice du muet entre 1910 et 1920, rebaptisée Bessie Love par le réalisateur D.W. Griffith.
Le photographe isole et perpétue un moment dans le temps : un moment important et révélateur, ou un moment sans importance et sans signification, selon la compréhension qu'a le photographe de son sujet et sa maîtrise de son traitement.
PG3

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dimanche 15 janvier 2012

H. K. - Spring snow at Kiyomizu
(1929)
Le vide-grenier du dimanche.
Deux estampes du japonais Hasui Kawase (1883-1957), maître de l'ukiyo-e honoré du titre de Trésor National vivant en 1953, et célèbre pour ses paysages nocturnes, sous la pluie ou la neige, souvent sans présence humaine. Il appartient au mouvement Shin-hanga qui reprend les standards de l'ukiyo-e (que l'on peut traduire par "images du monde flottant") et que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer dans ce blog.

Hasui Kawase - Dogashima Island (1937)

"Vivre uniquement le moment présent, se livrer tout entier à la contemplation de la lune, de la neige, de la fleur de cerisier et de la feuille d'érable...[.....], c'est ce qui s'appelle ukiyo", nous dit, dans les Contes du monde flottant (1665), l'écrivain et prêtre bouddhiste Asai Ryoi.
Pourtant ce n'est pas le zazen qui a éveillé mon goût pour l'estampe, ce sont les Aventures de Tintin et Milou. Peut-être Hergé avait-il hérité sa "ligne claire" des maîtres de cet art au nom si poétique.

LB4 ICI