In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 13 février 2022

Pirkle Jones - Untitled (1961)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe documentaire américain Pirkle Jones (1914-2009). 
Il découvre la photographie à 17 ans avec un Kodak Brownie, puis, après avoir servi dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint le premier cours de photographie de la California School of Fine Arts. Il y étudie auprès de figures majeures comme Ansel Adams (voir avril 2010), dont il sera l’assistant pendant six ans, Dorothea Lange (mars.2013), Edward Weston (jan.2012 et fév.2014), ou encore Minor White (août 2013 et sept.2019).

P.J. - Cowboy, Arizona (1957)
Son œuvre porte à la fois l’exigence formelle héritée d’Ansel Adams et la profonde attention aux êtres qui caractérisait Dorothea Lange. Parmi ses séries les plus marquantes, Death of a Valley (1956), réalisée avec Dorothea Lange, documente la disparition d’une communauté de la Napa Valley lors de la construction du barrage de Monticello, révélant les conséquences humaines et environnementales d’une transformation industrielle. Jones évoquera ce projet comme « l’une des expériences photographiques les plus significatives de sa vie ».
Bruce Weber comparait son travail à l’écriture de John Steinbeck. Ansel Adams dira aussi : 
« Sa photographie n'est pas flamboyante, elle ne repose pas sur des stimuli superficiels. Pirkle Jones est un artiste au meilleur sens du terme ; ce qu'il exprime est autant en résonance avec le monde extérieur qu'avec sa propre humanité. »

dimanche 9 mars 2014

T.M. - Tehuantepec, Mexique (1929)
La veillée du dimanche. Au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes, deux clichés de la photographe et militante italienne Tina Modotti (1896-1942), dont la vie et le travail furent étroitement liés à son engagement pour la justice sociale et les causes politiques. Née à Udine dans une famille modeste, elle connaît l’usine dès l’âge de douze ans. Son oncle l’initie à la photographie, son père à la politique.
En 1913, elle rejoint ce dernier aux États-Unis, où elle travaille comme mannequin avant de devenir actrice.

T.M. - Mains d'ouvrier, Mexique (1927)
En 1921, elle rencontre à Los Angeles Edward Weston (voir janvier 2012 et février 2014), dont elle devient le modèle, la maîtresse, puis l'assistante. Elle l’accompagne au Mexique, où elle découvre un pays marqué par la révolution et se rapproche notamment des muralistes Diego Rivera et José Clemente Orozco. C'est là que s'affirme son engagement politique, au service duquel elle met désormais son art. Elle photographie les travailleurs, les femmes, les enfants, les symboles de la révolution... Avec le Secours rouge international, elle sera en Espagne pendant la guerre civile, en Pologne, en Hongrie, ou encore en Autriche lors du soulèvement contre la dictature de Dollfuss.
Tina Modotti, hermana, no duermes, no no duermes :
tal vez tu corazón oye crecer la rosa de ayer,
la última rosa, la nueva rosa.
Descansa dulcemente, hermana.
Pablo Neruda.

dimanche 2 février 2014

E.W. - Church door, Hornitos (1940)
La veillée du dimanche. Deux clichés de l'Américain Edward Weston (1886-1958), déjà présenté ici le 22 janvier 2012. Il fut, avec Ansel Adams et quelques autres photographes de la côte Ouest, l’un des fondateurs du groupe f/64.

E.W. - China Cove, Point Lobos (1938)
Après les effets pictorialistes de ses débuts, Weston défend à partir des années 1920 une photographie directe, débarrassée autant que possible des effets artistiques : la "photographie pure" qui privilégie la « précision au lieu de l’interprétation ». 
« I want the stark beauty that a lens can so exactly render presented without interference of artistic effect. »
Et c’est peut-être en cela que l’approche de Weston est la plus surprenante : à force de traquer le réel avec une telle précision, elle finit parfois par nous le révéler comme nous ne l’avions jamais vu.

dimanche 22 janvier 2012

(attribué à) Edward Weston
Bessie Love (c.1920)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe Edward Weston (1886-1958), pionnier de la photographie moderniste américaine et cofondateur en 1932, avec Ansel Adams (voir oct. 2009), du groupe f/64.
D'abord marqué par le pictorialisme, il s’en éloigne progressivement pour défendre une photographie plus directe, la "photographie pure" (straight photography).
Le cliché ci-dessous montre sa manière de révéler les formes presque abstraites du réel, sans jamais les déformer.

E.W. - Succulent (1932)
On lui attribue aussi, avec des réserves, ce beau portrait de Juanita Horton, actrice du cinéma muet entre 1910 et 1920, rebaptisée Bessie Love par le réalisateur D. W. Griffith.

« Le photographe isole et perpétue un moment dans le temps : un moment important et révélateur, ou un moment sans importance et sans signification, selon la compréhension qu'a le photographe de son sujet et sa maîtrise de son traitement.»

FM1 ICI