In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 10 septembre 2011

LS - Twin Towers and a seagull (1979)

Une image et des mots. L'image, c'est ce cliché des Twin Towers pris en 1979 par le new yorkais Louis Stettner (b.1922).

Et pour l'accompagner, quelques lignes de Karl Popper, extraits de La société ouverte et ses ennemis (1945)

"Une tolérance sans limite ne peut que mener à une disparition de la tolérance. Si nous étendons une tolérance sans limite même à ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas préparés à défendre une société tolérante contre l'assaut des intolérants, alors les tolérants seront anéantis, et avec eux la tolérance."

ZP1

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dimanche 4 septembre 2011

Thomas W. Dewing - The spinet (1902)
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres du peintre américain Thomas Wilmer Dewing (1851-1938), l’une des figures les plus singulières du tonalisme américain, ce courant attaché aux harmonies subtiles, à la lumière diffuse et aux ambiances feutrées. En 1876, Dewing part à Paris suivre à l’Académie Julian l’enseignement de Gustave Boulanger et de Jules Lefebvre.
De retour aux États-Unis, il s’installe à New York et devient bientôt l’un des artistes les plus raffinés de sa génération. 
T.W. Dewing - Recitation (1891)

En 1898, il compte parmi les membres fondateurs des Ten American Painters, groupe créé en rupture avec le conservatisme de l’establishment artistique américain, alors peu réceptif à leur peinture plus libre et atmosphérique.
Je publie ici des d’artistes que j’aime ; mais dans le cas de Dewing, l’attachement est particulier. J’aime beaucoup sa manière de placer ses personnages dans des espaces imprécis, presque vaporeux, baignés d’une lumière sourde, presque musicale. Le second tableau en particulier – Recitation –, très représentatif de la veine tonaliste, dégage cette atmosphère si particulière qui peut me faire penser aux Nocturnes de Whistler et - pourquoi pas - à certains airs de Debussy...
CD1
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dimanche 28 août 2011

F. Horvat - Boxing boys, London (1955)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de l'inclassable et passionnant Frank Horvat (b.1928), dont j'avais déjà publié une image en octobre 2009. Sa rencontre avec Henri Cartier-Bresson joue un rôle décisif dans l’affirmation de sa vocation. « Je n’ai pris aucune photo sans avoir été influencé par Henri Cartier-Bresson », dira-t-il plus tard. Très tôt, Horvat développe un style singulier, marqué par une grande liberté de composition et une attention constante aux instants fugitifs.
Dans la photographie de mode, il introduit un naturalisme proche du reportage, rompant avec les poses figées et les mises en scène trop construites.

Frank Horvat
Ladies of the Salvation Army, London
(1959)
Mais les deux images présentées ici relèvent d’un autre versant de son œuvre, plus directement documentaire, où se lisent des valeurs comme le courage, la combativité, la sportivité, et le souci d'autrui..
Une bonne photo, c'est une photo que l'on ne peut pas refaire. [...] Une photo doit être imprévisible, et tout ce qu'il y a dedans doit être nécessaire.
RM1

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dimanche 21 août 2011

Z.D. - Lotus and mandarin ducks
(1947)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du chinois Zhang Daqian (1899-1983), dont la vie et l’œuvre relient la tradition lettrée chinoise aux grands déplacements esthétiques du XXe siècle. Peintre, calligraphe, copiste et voyageur infatigable, il s’est formé très tôt à la peinture classique et a longuement étudié les maîtres des dynasties Tang, Song et Ming, qu’il copia avec une virtuosité qui lui valut une réputation précoce dans tout le monde chinois.
La première œuvre, une encre sur papier estimée à environ deux millions de dollars, a été récemment vendue chez Sotheby’s Hong Kong à un prix dix fois supérieur. Zhang Daqian y est aujourd’hui l’un des artistes les plus cotés du marché international, parfois présenté comme dépassant même Picasso.

Z. D. - Mount Emei (c.1950)
À ce dernier, avec lequel il échangeait au sujet du peintre Qi Baishi, il expliquait ainsi la spécificité du pinceau chinois : " C'est que voyez-vous le pinceau chinois est très différent du pinceau occidental. Il peut être aussi bien souple que ferme, s'imbiber d'une immense ou d'une infime quantité d'eau, en restant toujours extrêmement maniable sur le papier. C'est uniquement grâce à lui que l'artiste peut composer ses peintures en tirant parti des cinq teintes de l'encre de Chine : le sec (jiao), le concentré (nong), l'épais (zhong), le clair (dan), le dilué (qing). Bien utilisées, ces cinq nuances peuvent à elles seules représenter toutes les matières, les couleurs, les lumières de ce monde..."
Le second tableau représente le mont Emei, dans la province du Sichuan. C’est la plus haute des quatre montagnes sacrées du bouddhisme chinois, traditionnellement considérée comme bodhimanda, un lieu d’éveil. Zhang Daqian y retrouve ce dialogue constant entre paysage réel et paysage mental qui traverse une grande partie de son œuvre.

NS2 ICI