In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 23 janvier 2010

A.S. Anker
La petite éplucheuse de pommes de terre
(1886)

Une image et des mots. J'aime beaucoup la peinture d'Albert Samuel Anker, à qui il me faudra consacrer une publication.
Pour accompagner ce tableau, voici quelques lignes du grand Alexandre Vialatte.

Il est contraire à la décence, au sens commun, aux bonnes manières, à la syntaxe, à l'amitié que l'on a de toujours pour la grammaire, à la rapidité du style, à la clarté, au confort vocal et, d'une façon plus générale, à tout ce qui fait le plaisir d'être homme, d'employer le subjonctif à la suite d' "après que".
On ne dit pas "j'ai mangé du steak après que j'eusse mangé les frites", mais "après que j'eus" ; mieux encore : "quand j'eus"; mieux encore : "après avoir mangé les frites"; et mieux encore : "après les frites"; et si l'on veut être parfait, "avec les frites", tout simplement. C'est bien meilleur.
Alexandre Vialatte, Chroniques de La Montagne  (1962-1971)

BS1

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dimanche 17 janvier 2010

Fan Ho - Hong Kong (1950)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe et cinéaste chinois Fan Ho (b.1931), déjà présenté en mai 2009.
Photographe avant de se tourner vers le cinéma – d’abord comme acteur puis comme réalisateur à partir de la trentaine –, il s’est surtout attaché à documenter la vie urbaine de Hong Kong : bidonvilles, rues, marchés, coolies, colporteurs, enfants qui jouent...

Fan Ho - The trap
L'atmosphère particulière qui se dégage de ses photographies vient pour moi de ce mélange de spontanéité et de rigueur : à la fois un travail patient sur la géométrie, en particulier de ses arrière-plans, sur la lumière souvent mêlée de brume ou de fumées, et l'activité saisie au vol - propre à la street-photography -, des gens ordinaires qui vaquent à leurs occupations et à leurs jeux.
Le photographe américain Alex Webb (voir mars 2009) disait de son travail : « Fan Ho’s photographs are like poetry. They speak to the heart and the soul, and capture the beauty and essence of life in Hong Kong in a way that is both timeless and deeply moving. »
EG1
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dimanche 10 janvier 2010

Arateus de Leyde - Céphée
Le vide-grenier du dimanche. Deux des 35 magnifiques enluminures pleine page qui figurent dans l'Aratea de Leyde, manuscrit de la Renaissance carolingienne (VIIIe– IXe siècles) illustrant les "Phénomènes" du poète grec Aratos, consacré aux constellations.

Arateus de Leyde
Planisphère céleste
Il n’y a pas de lien direct, mais par association d’idées ces deux images me font penser à une phrase de Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra, que je n’ai jamais oubliée : :
"Il faut avoir un chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse." 
On pense que ce codex est une commande de Louis le Pieux (778-840), fils de Charlemagne.



DO1

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dimanche 3 janvier 2010

W.E. Smith - Bob Dylan (c.1965)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photojournaliste américain William Eugene Smith (1918-1978). Correspondant de guerre dans le Pacifique pendant la Seconde guerre mondiale, fidèle à sa formule "sink into the picture", il est grièvement blessé au Japon en mai 45 et rapatrié aux États-Unis. 

W.E.S.
The walk into Paradise Garden
(1946)
C'est au cours de sa convalescence qu'il réalise ce portrait de ses enfants Patrick et Juanita , devenu célèbre mais refusé à l'époque par le magazine Life au motif que les protagonistes tournent le dos à l'objectif. Professionnel intransigeant, intraitable sur l'éthique de sa pratique comme sur celle de ses commanditaires, W.E. Smith démissionne de Life en 1954 après un désaccord profond sur l'usage de ses images et la modification de leurs légendes.
I am a passionate photographer ; passionate about life, love, and beauty... Life is precious and I savor it to the fullest, capturing its magical moments with my camera.
Son refus des compromis le conduit souvent à la précarité. À sa mort, à 60 ans, il laisse 11 tonnes d’archives et seulement 18 dollars sur son compte bancaire.

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...