In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 21 juin 2009

Werner Bishof - Varsovie 1948
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photojournaliste suisse Werner Bishof (1916-1954), un des premiers membres historiques de l'agence Magnum qu'il rejoint en 1949, et récipiendaire à titre posthume du prix Nadar. Formé à l’École des arts appliqués de Zurich, qu'il intègre en 1932, il étudie - comme son compatriote René Burri qui fera lui aussi l'objet d'une publication -, sous la direction d’Hans Finsler, figure de la Nouvelle Objectivité.
Cette formation lui donne un sens très rigoureux de la composition, de la lumière et des contrastes, qui marquera toute son œuvre. Après ses études, il ouvre en 1939 un studio spécialisé dans la photographie de mode et de publicité.

W.B - Southern States (1954)
Mais la guerre et ses conséquences modifient progressivement son regard. Il parcourt d’abord l’Europe pour en documenter les ruines et les populations meurtries, puis part en Inde au début des années 1950 pour couvrir la famine, avant de rejoindre l’Indochine comme reporter de guerre.
Je me sentais obligé de m'aventurer et d'explorer le vrai visage du monde. Mener une vie d'abondance avait rendu bon nombre d'entre nous aveugles aux immenses souffrances au-delà de nos frontières.
En 1953, il se rend en Amérique du Sud afin de photographier les communautés isolées du continent. C’est au cours de ce voyage qu’il trouve la mort dans un accident de voiture au Pérou, en 1954, à l’âge de trente-huit ans.

EP1
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samedi 20 juin 2009

Soichiro Tomioka - Arbres (1961)
Un image et des mots. L'image est une oeuvre du peintre japonais Soichiro Tomioka (1922-1994).
Pour aller avec, voici un extrait de l'essai de Robert Harrison, Forêts, essai sur l'imaginaire occidental, publié dans la collection Champs, chez Flammarion, en 1992. Il est le préambule de son chapitre intitulé Les ombres de la loi.

Pendant le haut Moyen Âge les vastes forêts de l'Europe du Nord couvraient le continent de leurs dômes de ténèbres, dans l'indifférence du temps. Des colonies grandes ou petites s'y nichaient ça et là, perdues dans les ombres du déclin de l'Antiquité. Pour le nouvel ordre social médiéval qui se réorganisait sur la base de nouvelles institutions féodales et religieuses, les forêts étaient foris, à l'extérieur. C'est là que vivaient les proscrits, les fous, les amants, les brigands, les ermites, les saints, les lépreux, les maquisards, les fugitifs, les inadaptés, les persécutés, les hommes sauvages. [....] Échapper à la loi et à la société des hommes, c'était se retrouver dans la forêt.
[....] L'Église chrétienne qui visait à unifier l'Europe sous le signe de la croix était fondamentalement hostile à cette barrière impassible de nature inculte. La bestialité, la chute, l'errance, la perdition - telles sont les images que la mythologie chrétienne associera de plus en plus aux forêts. D'un point de vue théologique, les forêts représentaient l'anarchie de la matière, avec toutes les images de sombre incomplétude associées à ce concept néoplatonicien rapidement adopté par les Pères de l'Église. Étant l'envers du monde pieux, les forêts étaient considérées par l'Église comme les derniers bastions du culte païen.
MO1

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dimanche 14 juin 2009

Horacio Coppola - Londres (1934)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du cinéaste et photographe argentin Horacio Coppola (b.1906). 
Très jeune, il photographie Buenos Aires avec un regard déjà moderne ; une série réalisée à l’âge de vingt et un ans illustrera la première édition de l’ouvrage que Jorge Luis Borges consacre au poète Evaristo Carriego.

H.C. - Buenos Aires, Corrientes (1936)
À la fin des années 1920, Coppola part étudier en Allemagne au Bauhaus, l’école fondée par Walter Gropius à Weimar, qui allait devenir l’un des grands foyers artistiques du XXᵉ siècle. Il y suit l’enseignement du photographe Walter Peterhans et y rencontre Grete Stern, qui deviendra sa femme. En 1933, il réalise le film Traum (« Rêve »), peu avant de quitter l’Allemagne nazie, hostile au Bauhaus et à ce qu’elle qualifiait d’« art dégénéré ». Après des séjours à Londres puis à Paris, il retourne en Argentine où il réalise la célèbre série Buenos Aires 1936, qui impose définitivement son nom dans l’histoire de la photographie latino-américaine.
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