In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

samedi 29 novembre 2008

Wayne Miller - Lovers (1957)
Une image et des mots. L'image, c'est ce cliché du photographe américain Wayne Miller.
Ont-ils trouvé chaussure à leur pied ?
Dans son commentaire au Cantique des Cantiques, Claudel nous dit ceci : "La chaussure est ce qui sépare le pied de la terre, qui l'exhausse, qui l'empêche d'être souillé par la boue et meurtri par l'obstacle. C'est de la foi, c'est de l'idée, c'est du ciel, qu'il faut nous mettre au pied si nous voulons assurer notre avancement".

Mais s'agit-il, chez Beckett, des mêmes chaussures, celles qu'Estragon tente désespérément d'enlever tant elles le font souffrir ? Ces souliers douloureux, il les enlève, les remets, les enlève encore... ; jusqu'à ce quelqu'un d'autre les trouve et lui laisse les siennes. Car chacun doit trouver chaussure à son pied et un monde à sa mesure...
" On trouve toujours quelque chose, hein Didi, pour nous donner l'impression d'exister ?"
LB1

ICI

dimanche 23 novembre 2008

H. Hartung - Sans titre (1955)

Le vide-grenier du dimanche. Deux toiles du peintre et photographe français d'origine allemande Hans Hartung (1904-1989), figure prééminente du monde artistique avant-gardiste de l'après-guerre, associée notamment au mouvement Art Informel.
Il raconte que très jeune, dès l'âge de six ans, il s'efforçait de reproduire sur son cahier d'écolier les zigzags des éclairs dès qu'ils apparaissaient, avant le coup de tonnerre, pour ainsi conjurer la foudre ; adolescent, il est fasciné par la photographie et l'astronomie et au lycée de Dresde il se passionne pour Rembrandt, Le Gréco et les expressionnistes allemands.

H. Hartung - Rayonnement (1962)
Dans les années 20, après des études de philosophie et d'histoire de l'art à Leipzig, il revient à Dresde pour y suivre l'enseignement de l'Académie des beaux-arts. Puis il part s'installer à Paris où il fréquente assidûment le Louvre. et découvre le travail des Surréalistes et des Expressionnistes abstraits.
En 1929 il épouse la peintre norvégienne Anna-Eva Bergman.
Pendant la Seconde guerre mondiale, hostile au nazisme, il rejoint la Légion Étrangère jusqu'à l'Armistice de 1940 puis s'installe dans le Lot. L'ensemble du territoire français étant finalement occupé, il passe clandestinement en Espagne en 1943 en franchissant les Pyrénées dans des conditions périlleuses. Arrêté et torturé par la police franquiste, il sera interné au camp de concentration de Miranda del Ebro où il enseignera l'histoire de l'art à ses codétenus.
Finalement libéré il se réfugie en Afrique du Nord et s'engage de nouveau dans la Légion Étrangère ; blessé au combat en 1944 dans la région de Belfort il devra être amputé de sa jambe droite. Hans Hartung sera naturalisé français en 1946, décoré de la croix de guerre, de la médaille militaire, et de la Légion d'honneur.
Pionnier de l'art gestuel caractérisé par des techniques expressives spontanées (éclaboussures, projections...) il exerce encore aujourd'hui une influence majeure et reste considéré comme l'un des artistes les plus importants de l'art abstrait du XXème siècle.
Art is not what you see, but what you make others see.

dimanche 16 novembre 2008

Tore Johnson - Paris (1950)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe suédois Tore Yngve Johnson (1928-1980), qui fut l'un des membres du collectif Ten photographers, créé en 1958.
À la fin des années 40, avant de devenir indépendant, il est l'assistant de deux de ses compatriotes : le grand photographe de presse Karl Werner Gullers - dont l'un des clichés fut choisi par Steichen pour sa monumentale exposition The Family of Man -, et Sten Didrik Bellander, figure majeure de la photographie suédoise qui fut lui-même assistant de Richard Avedon à l'occasion après-guerre d'un séjour d'un an à New York.
T. Johnson - Paris (1950)

Puis, au début des années 1950, Tore Johnson séjourne à Paris en compagnie d’autres photographes suédois, une expérience qui va marquer profondément son art.
Attentif et sensible à ceux qui vivent en marge, il a été fortement inspiré par la photographie humaniste, un style de photographie de rue alors en plein essor qui s'attachait à dépeindre la vie quotidienne en combinant réalisme et poésie. Les deux documents que j'ai choisis datent de cette période.

SZ1

ICI

dimanche 9 novembre 2008

F. Vallotton - Lever de soleil (1910)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de Félix Valloton (1865-1925). Issu d’une famille protestante de Lausanne, il s’installe à Paris en 1882, où il intègre l’Académie Julian : un atelier privé fréquenté par de nombreux artistes postimpressionnistes, dont les futurs Nabis. À cette époque, Vallotton est influencé par Ingres, Manet et le japonisme, influences qu’il synthétise dans un style graphique rigoureux, parfois austère.
Il se fait d’abord connaître par ses gravures sur bois, qu’il commence à produire vers 1891, et qui rencontrent un succès important, notamment dans les revues La Revue blanche ou L’Assiette au beurre.
Son style épuré et contrasté, nourri par l’estampe japonaise, fait de lui l’un des grands rénovateurs de la xylographie moderne.
F. V. - Soleil couchant (1913)

En 1892, il rejoint le groupe des Nabis, dont il partage certains principes (aplats de couleur, contours marqués, rejet du naturalisme académique), tout en gardant une position à part. Il s’en éloigne ensuite, et développe un style plus personnel, influencé notamment par Ingres et Holbein, qui conjugue une grande précision de dessin à une atmosphère parfois étrange.
Pendant la Première Guerre mondiale, bien qu’il ne soit pas mobilisé, il se rend sur le front à plusieurs reprises comme correspondant ; il en rapporte une série de toiles à caractère patriotique, ainsi qu’un ensemble d’estampes regroupées sous le titre C’est la guerre (1915).
Même chez les artistes que l'on aime beaucoup il n'est le plus souvent pas trop difficile de choisir deux ou trois œuvres que l’on préfère. Mais avec Vallotton, comme avec le Mondrian figuratif, les choses pour moi se compliquent. J’ai bien du mal à trancher, même en me limitant à la seule peinture. Et c'est donc à la course des planètes que je m'en remets pour faire aujourd'hui ce choix ; c'est ce à quoi nous porte l'étude d'Aratus et de Madame Soleil.

W.B. - The wandering moon (1816) Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de William Blake (1757-1827), poète, graveur et peintre anglais,...