In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 2 août 2008

Gravure de Abraham Ortelius (1527-1598)
Une image et des mots. Il ne reste plus qu'un seul exemplaire de cette gravure sur cuivre qui représente, d’après l’œuvre de Thomas More, l’île d’Utopie et ses cités vertueuses, et il fait partie d’une collection privée.
La gravure est l’oeuvre du cartographe et géographe belge Abraham Ortelius (1527-1598), communément considéré l’inventeur du premier atlas moderne : le Theatrum Orbis Terrarum imprimé à Anvers en 1570.

« En quête d’épreuves nouvelles, et au moment même où je désespérais d’en rencontrer, l’idée me vint de me jeter sur la littérature utopique, d’en consulter les « chefs d’œuvre », de m’en imprégner, de m’y vautrer.
À ma grande satisfaction, j’y trouvai de quoi rassasier mon désir de pénitence, mon appétit de mortification. Passer quelques mois à recenser les rêves d’un avenir meilleur, d’une société « idéale », à consommer de l’illisible, quelle aubaine !
Je me hâte d’ajouter que cette littérature rebutante est riche d’enseignements, et, qu’à la fréquenter, on ne perd pas tout à fait son temps. On y distingue dès l’abord le rôle que joue, dans la genèse des événements, non pas le bonheur, mais l’idée de bonheur, idée qui explique pourquoi, l’âge de fer étant coextensif à l’histoire, chaque époque s’emploie à divaguer sur l’âge d’or. Qu’on mette un terme à ces divagations : une stagnation totale s’ensuivrait.
Nous n’agissons que sous la fascination de l’impossible : autant dire qu’une société incapable d’enfanter une utopie et de s’y vouer est menacée de sclérose et de ruine
. »
Cioran, Histoire et utopie, 1960.

dimanche 27 juillet 2008

Anders Zorn - Notre pain quotidien (1886)
Le vide-grenier du dimanche.
Deux œuvres du peintre, graveur et photographe Anders Zorn (1860–1920), l’autre géant de la peinture suédoise avec Carl Larsson, à qui il écrivait : « La chose la plus importante en peinture est d’avoir le sentiment. Si vous ne l’avez pas, toutes les connaissances du monde ne vous serviront à rien. »
Né à Mora, dans la région de Dalarna, Zorn garde toute sa vie un lien fort avec ses origines. Formé à l’Académie royale des Beaux-Arts de Stockholm, puis brièvement à l’École des Beaux-Arts de Paris, il s’impose d’abord comme un prodige de l’aquarelle. Le réalisme suédois, très en vogue à la fin du XIXe siècle, nourrit ses premières toiles : scènes rurales, portraits paysans, gestes du quotidien, où Zorn se révèle dans une veine quasi méditative, attaché à ses racines, attentif à la dignité simple des siens.

Anders Zorn - Le fournil (1889)
Quand, dans les années 1880, il séjourne à Paris, au cœur de l’effervescence impressionniste, il y découvre une peinture plus libre, plus fluide. Manet l’influence, notamment dans sa manière de traiter la lumière. Comme beaucoup d’artistes de l’époque, il est également fasciné par l’art japonais. Anders Zorn devient ensuite un graveur accompli, admirateur de Rembrandt, influencé aussi par Félix Bracquemond, grand passeur de l’estampe japonaise en France. À cela s’ajoute une importante production photographique, et même quelques sculptures. Une œuvre multiple, donc, sur laquelle je reviendrai sans doute.

JB1

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samedi 26 juillet 2008

Harold Pierce Cazneaux
Une image et des mots. L'image est un cliché du photographe pictorialiste australien Harold Pierce Cazneaux (1878-1953), présenté ici au mois de janvier dernier. 
Les mots pour l'accompagner sont de l'américain Cormac McCarthy, extraits de son roman "De si jolis chevaux", traduit et publié chez Actes Sud en 1993.

"Il pensait que dans la beauté du monde il y avait un secret qui était caché. Il pensait que pour que batte le coeur du monde il y avait un prix terrible à payer et que la souffrance du monde et sa beauté évoluaient l'une par rapport à l'autre selon des principes de justices divergents et que dans cet abyssal déficit de sang des multitudes pourrait être le prix finalement exigé pour la vision d'une seule fleur."
DR1

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dimanche 20 juillet 2008

A.B. - The Rocky Mountains, Lander's Peak
(1863)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre américain Albert Bierstadt (1830–1902), né en Allemagne et émigré aux États-Unis dans son enfance.
Il est l’un des peintres emblématiques de l’école de l'Hudson et du courant plus large de la peinture de paysage américaine du XIXe siècle. Formé à Düsseldorf, en Allemagne, où il assimile la rigueur du dessin académique et l’héritage romantique, il transpose cette esthétique à la grandeur des paysages américains.

A.B. - Storm clouds (c.1880)
Bierstadt se distingue par ses représentations spectaculaires de l’Ouest américain, qu’il découvre au cours d’expéditions menées dans les années 1860. Il y peint en virtuose des scènes grandioses - vallées embrumées, cimes enneigées, lacs aux reflets irréels -, des tableaux qui ne relèvent pas du simple naturalisme mais visent à susciter l’émerveillement, à exalter la beauté et la majesté d’un territoire alors encore largement inexploré par l'Amérique urbaine. On y retrouve une dimension quasi mystique, voire patriotique, qui a contribué à forger une mythologie visuelle du continent. Certains ont critiqué son goût du sublime et ses effets parfois jugés trop emphatiques, mais Albert Bierstadt n’en reste pas moins une figure majeure de la peinture américaine, à la croisée du romantisme européen et de l’imaginaire national. Ses œuvres, souvent de très grand format, témoignent d’un moment où l’art s’empare de la nature pour en faire le miroir d’une vision idéalisée du progrès et de la destinée américaine. "The continual slaughter of native species must be halted before all is lost. The magnificent beauty of the natural world is a manifestation of the mysterious natural laws that will be forever obscured from us."

AG1

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O. Redon - Cinq papillons (1912) Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres du peintre et graveur français Odilon Redon (1840–1916), figure s...