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| Antanas Sutkus - Irena (1959) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe lituanien Antanas Sutkus (b.1939), figure essentielle de la photographie de son pays et, plus largement, d'une forme d'humanisme visuel de l'après-guerre. Après avoir étudié au Vilnius Art Institute, il commence à travailler comme photographe indépendant dans les années 1960.
Dès lors, dans l’URSS des années 1960 à 1980 et à rebours de l’imagerie officielle, Sutkus va patiemment construire une œuvre discrète consacrée à la vie quotidienne en Lituanie. Il ne photographie ni les manifestations officielles ni les symboles du régime : il préférait les visages d’enfants, les vieux assis sur des bancs, les passants dans la lumière d’été..., autant de scènes simples, mais chargées de gravité et de poésie.
« Je ne m'intéresse ni à l'exotique ni à l'érotique.
Je m'intéresse à l'humain. Je ne photographie pas pour la photographie ; je photographie pour les hommes. »
Considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands photographes de l'ex Union soviétique, il fut le cofondateur de la Société lituanienne d'art photographique et l'auteur de nombreux livres sur la Lituanie et les pays du bloc de l'Est.
Son travail a été fortement marqué par la photographie humaniste, ce courant essentiellement français qui, en remettant l'homme au centre du regard, répondait à sa manière aux blessures du conflit et aux difficultés de la reconstruction dans l'immédiat après-guerre. Parmi ses influences, Antanas Sutkus cite Henri Cartier-Bresson, W. Eugene Smith et Robert Capa, mais aussi des peintres et des poètes lituaniens.
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