In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 6 septembre 2026

E.L. - Les travaux aux champs (1918)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fois l’occasion de dire ici mon attachement au monde paysan. Je suis donc particulièrement sensible à la peinture de Laermans, qui a consacré une grande partie de son œuvre aux paysans, aux ouvriers et aux gens modestes de son époque. Né à Molenbeek-Saint-Jean, près de Bruxelles, Laermans se forme à l’Académie de Bruxelles auprès de Jean-François Portaels. Ses premières œuvres sont encore influencées par le symbolisme et la littérature, notamment par Baudelaire, dont il illustrera Les Fleurs du mal. Mais, à partir des années 1890, il se tourne vers les hommes et les femmes qu’il voit autour de lui. Ses paysans et ses ouvriers sont souvent représentés en groupes, avec des silhouettes simplifiées, très dessinées, qui donnent à ses tableaux une force particulière.

E.L. - Les Paysans (1903)
L’influence de Bruegel est évidente, mais Laermans n’est pas dans la simple imitation. Ce qui me plaît chez lui, c’est qu’il ne cherche pas à idéaliser le monde rural. Ses paysans sont là pour travailler, marcher, attendre, vivre. Il y a quelque chose de très concret dans ces scènes, même si les personnages prennent parfois une allure presque monumentale.
Dans Les Paysans, peint en 1903, comme dans Les Travaux aux champs, quinze ans plus tard, on retrouve cette attention au travail de la terre et à ceux qui l’accomplissent. Le temps a passé, mais Laermans n’a pas changé de sujet. Sa peinture est devenue plus dépouillée, plus proche par certains aspects de l’expressionnisme, mais ces hommes et ces femmes restent au centre de son regard.
À onze ans, une méningite l’avait rendu sourd et presque muet. Des années plus tard, sa vue commencera elle aussi à se dégrader, jusqu’à l’obliger à cesser de peindre en 1924. Entre-temps, son travail aura trouvé une place importante dans la peinture belge de son temps.
 © Veilleur de Nuit – 2026
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dimanche 23 août 2026

Rainer Arend - Held (2011)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe allemand Rainer Arend, découvert un peu par hasard, et dont je ne sais rien sinon qu'il est allemand. Lorsqu'on lui demande quel genre de personne il est, il emprunte sa réponse à Bob Dylan : « Ich bin ein Anderer », ("je suis un autre")
R.A. - Fall nicht ... (2014)

C'était déjà suffisant pour susciter mon intérêt, et je ne regrette pas d'avoir voulu découvrir un peu plus de son travail.
J'ai même eu du mal à faire mon choix parmi tous les clichés que j'ai parcourus [ICI], souvent d'une tonalité expressionniste assez envoûtante, et aux titres parfois énigmatiques, comme ce cliché intitulé « Fall nicht durch die Zeit », (« Ne tombe pas à travers le temps »).
 © Veilleur de Nuit – 2026

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mercredi 19 août 2026

A.N. Samokhvalov - Blue twilight (1960)
La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre et illustrateur russe Alexander Nikolaevich Samokhvalov (1894-1971), associé au réalisme socialiste et à la modernité soviétique du XXe siècle. Né à Bezhetsk et formé par Kouzma Petrov-Vodkine à l'Académie impériale des arts de Saint-Pétersbourg, il développe très tôt un style personnel, à la croisée du réalisme et des avant-gardes russes des années 1920, celles du constructivisme et de l'art monumental.
Connu pour ses portraits de héros du sport et du travail, qui traduisent la fierté et l’idéalisme de l’URSS, il est considéré comme l’un des représentants majeurs de l'École de Léningrad.

A.N.S. - Trees in flower (1962)
Son style, immédiatement reconnaissable, occupe une place importante dans le paysage artistique soviétique, où il reste aujourd’hui une figure emblématique de l’esthétique socialiste.
Je dois dire qu’il y a assez peu d’œuvres de Samokhvalov qui me touchent réellement, mais j’aime particulièrement ces deux-là, au point de les présenter ici. J’ai pensé aussi à une toile disparue dont la paternité a été récemment établie : Rencontre d’amis, qui montre une tablée d’officiers russes célébrant la victoire de 1945, et qui fera peut-être l’objet d’une future publication, en compagnie de Jeune femme avec un foulard rouge (1934).

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