In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 15 février 2026

Kiyoshi Saitō - Party (1963)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres, des estampes, de Kiyoshi Saitō (1907–1997), figure majeure du mouvement sōsaku hanga, un courant japonais du XXe siècle qui prônait une approche intégrale où l'artiste conçoit, grave et imprime lui-même ses œuvres. Autodidacte, Saitō développe un style sobre, épuré. Ses premières gravures semblent presque sculptées dans le bois : un réalisme en relief, discret, où l’on sent encore le froid des ruelles d’Aizu, sa région natale. C’est avec la série Hiver à Aizu, commencée en 1938, qu’il connaît ses premiers succès : maisons enneigées, silhouettes emmitouflées, lumière mate, sans effets ni fioritures.  

K.S. - Sato Horyu-Ji Nara (1962)

Puis, son style s’épure encore, se géométrise, et entre peu à peu dans une fusion très personnelle entre tradition japonaise et modernité occidentale.
Il disait que ses maîtres s’appelaient Gauguin, Matisse, Picasso, et ça se voit : les formes se simplifient, les volumes se perdent dans l’aplat, et les architectures comme les feuillages deviennent des motifs plus que des objets. Saitō intègre aussi les veinures du bois comme partie prenante de la composition : on appelle mokume-zuri ces impressions où la matière même du support entre dans l’image.
« Je travaille à créer une peinture sans pinceau, en utilisant uniquement la surface plane de la plaque », disait-il.

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dimanche 8 février 2026

Haywood Magee - Edinburgh (1950s)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe britannique Haywood Magee (1900-1981), déjà présenté en décembre 2023. Né à Goole, dans le Yorkshire, d’un père irlandais et d’une mère allemande, Magee entre en 1918 dans le Royal Flying Corps, où il se forme comme photographe de reconnaissance aérienne.
Cette expérience, décisive, lui donne très tôt le sens du récit visuel et de la photographie comme outil de travail, plus que comme terrain d’expression personnelle.

H.M. - Coventry (1942)
Dans les années 1930, il travaille pour la presse illustrée et rejoint bientôt Picture Post, où il devient l’un des piliers de la rédaction pendant la guerre. Magee photographie alors les bombardements, les marins, les soldats, mais aussi l’arrière – toujours du point de vue des individus ordinaires pris dans les événements.
Haywood Magee ne cherchait ni l’héroïsme ni l’image spectaculaire ; il se définissait comme un simple « working photographer ». Il ne signait pas son œuvre d’un style reconnaissable ni d’un discours, ce qui explique sans doute sa relative confidentialité aujourd’hui. Pourtant, vu dans son ensemble, son travail raconte avec justesse la Grande-Bretagne de l’après-guerre : une photographie narrative, faite pour être lue autant que regardée.
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samedi 7 février 2026

P. Brueghel l'Ancien
Les chasseurs dans la neige (détail)
Une image et des mots. L'image est un détail du célébrissime tableau de Brueghel l'Ancien, "Les chasseurs dans la neige" (1565). Les mots pour aller avec sont un poème de Georges-Emmanuel Clancier, dédié à son ami Guillevic et extrait de "Le paysan céleste" (1943).

Alors vieux camarade
Le vent du nord rigolait dur à la forêt.
Les saisons somnolaient dans la grange
Où parfois le chien hiver aboyait.
Nous respirions sans toi le passé qui mijote
Autour des lits campagnards et de la table.
L'air, le pain de l'amitié on croirait les partager
Avec ce soupir du noroît et le quignon mâchonné devant le poêle.

C'est comme si le vif de nos jours
Bien calés au creux, au chaud du temps,
Demeurait là, plus fort que toi,
Vieux camarade, plus fort que nous.
FC1

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