| BS8 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 4 octobre 2025
dimanche 28 septembre 2025
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| J.W. - Diogène de Sinope, détail (1882) |
Cette lanterne apparaît dans deux toiles du préraphaélite John William Waterhouse (1849-1917). Fasciné par les mythes antiques et les légendes arthuriennes, il a consacré une grande partie de son œuvre à des figures féminines empruntées à la littérature et à la mythologie.
Né à Rome, Waterhouse arrive très jeune à Londres où son père, lui-même peintre, lui transmet le goût de l’art. Il entre en 1870 à la Royal Academy, dont il deviendra membre en 1895.
Inspiré du poème de Tennyson, le tableau The Lady of Shalott, l'amoureuse tragique de Lancelot, est sans doute son oeuvre la plus célèbre. Il figure parmi les toiles les plus admirées de la Tate de Londres. Diogène, quant à lui, est conservé à Sydney.
Je ne sais pas si Waterhouse a voulu établir un lien entre ces deux lanternes, mais leur présence dans ces deux tableaux m’a frappé. Dans Diogène, elle est l’attribut du philosophe qui cherche l’homme véritable. Dans The Lady of Shalott, elle éclaire le dernier voyage d’une femme qui quitte son univers clos pour rejoindre Camelot. D’un tableau à l’autre, cette petite lumière semble accompagner deux êtres en quête de quelque chose qui leur échappe.
samedi 27 septembre 2025
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| Christa Merk |
Une image et des mots. Un cliché de la photographe néerlandaise Christa Merk.
Et quelques vers de Saint-John Perse, extraits de Vents IV (1946).
Il nous suffit ce soir du front contre la selle, à l’heure brève de la sangle […] Mais quoi ! n’est-il rien d’autre, n’est-il rien d’autre que d’humain ?
Et ce parfum de sellerie lui-même, et cette poudre alezane qu’un songe, chaque nuit,
Sur son visage encore promène la main du Cavalier, ne sauraient-ils en nous éveiller d’autre songe
Que votre fauve image d’amazones, tendres compagnes de nos courses imprégnant de vos corps la laine des jodhpurs ?
dimanche 21 septembre 2025
| M.E. - Maison au bord de l'eau |
La veillée du dimanche. Deux toiles du peintre grec Michalis Economou (1888-1933). Né au Pirée, il se forme auprès de Konstantinos Volanakis avant de partir à Paris, où il vit une vingtaine d’années et expose régulièrement. De retour en Grèce, il devient l’un des peintres les plus personnels de l’entre-deux-guerres.
Economou a surtout peint des paysages marins, des rivages paisibles, des maisons au bord de l’eau, comme autant d’évocations nostalgiques de son pays.
Economou a surtout peint des paysages marins, des rivages paisibles, des maisons au bord de l’eau, comme autant d’évocations nostalgiques de son pays.
Loin de la Grèce pendant de longues années, il n’a pourtant jamais cessé de peindre cette Grèce intérieure, rêvée, dont il retrouvait la lumière par la couleur. Sa palette, faite de bruns, de verts et d’ocres assourdis, semble retenir la lumière plus qu’elle ne la reflète.
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| M.E. - Au champ |
Ce qui me touche dans son travail, c’est cette atmosphère à la fois familière et distante, où les paysages ne décrivent pas tant un lieu qu’un sentiment : celui du retour impossible, du souvenir qui se transforme en vision.
Chez Michalis Economou, la mer, le ciel, les murs blanchis ne sont pas seulement des motifs ; ils deviennent les traces d’un attachement à un pays que la peinture seule semblait pouvoir retenir.
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