In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

samedi 22 février 2025

E. Longoni - Contrastes sociaux (1893)
Une image et des mots. Une oeuvre d'Emilio Longoni, connue aussi sous le titre "Reflets d'un homme affamé", et un extrait de Kyra Kyralina, un récit de Panaït Istrati dont on doit la découverte et la publication en 1923 à Romain Rolland.

Ce n'est pas vrai du tout, que l'être humain soit une créature qui comprenne la vie.
Son intelligence ne lui sert pas à grand-chose ; par le fait qu'il parle, il n'en est pas moins bête.
Mais là où sa bêtise dépasse même l'inconscience des animaux, c'est quand il s'agit de deviner et de sentir la détresse de son semblable.
Il nous arrive, parfois, de voir dans la rue un homme à la face blême et au regard perdu, ou bien une femme en pleurs. Si nous étions des êtres supérieurs, nous devrions arrêter cet homme ou cette femme, et leur offrir promptement notre assistance. C'est là toute la supériorité que j'attribuerais à l'être humain sur la bête. Il n'en est rien !
CP6

ICI

dimanche 16 février 2025

E. Atget - Joueur d'orgue (1898)
La veillée du dimanche. Deux clichés d'Eugène Atget (1857-1927), l’un des grands témoins du Paris populaire de la Belle Époque. Pionnier de la photographie documentaire, il a patiemment photographié pendant près de trente ans les rues, boutiques, façades et jardins de la capitale, constituant ainsi un témoignage inestimable d’un Paris en pleine transformation.
Sur la porte de son atelier était affiché "Documents pour artistes", tant était modeste la vision qu'il avait de son propre talent ; peu reconnu de son vivant, il est d'ailleurs redécouvert dans les années 1920 grâce à Man Ray et Berenice Abbott, qui voient en lui un précurseur de la photographie moderne.

E.A. - Zoniers, Porte de Choisy (1913)
Cette photographie de musiciens des rues est d’autant plus émouvante qu’elle fut achetée à Atget en 1920 par Maurice Utrillo, lui-même peintre d’un autre Paris populaire, celui de Montmartre.
À partir de 1899, Atget s’intéresse également à la Zone, cet espace d'environ 300 mètres autour de Paris, entre "les fortifs" – les fortifications de Thiers laissées à l'abandon –, et la banlieue. Une zone non aedificandi, propriété de l'armée, qui devient un refuge précaire pour ceux que la ville laisse à l’écart :  les "zoniers", le petit peuple miséreux des chiffonniers, des rémouleurs et des marchandes de mouron qui vivaient là, dans des roulottes et des taudis éphémères, [ICI].
JB1

ICI

dimanche 9 février 2025

J. van Eyck - Les époux Arnolfini
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre flamand Jan van Eyck (c.1390-1441) : deux chefs-d’œuvre parmi ses commandes privées les plus célèbres : Les Époux Arnolfini et la Madone au chanoine van der Paele.
La date et le lieu de naissance exacts de Van Eyck demeurent incertains, mais il est généralement associé à Maaseik, dans la principauté de Liège. Peintre de cour auprès de Jean III de Bavière, puis à partir de 1425 au service de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, il est aussi diplomate et voyage pour son maître, notamment au Portugal. Installé à Bruges, il dirige un atelier important et réalise certaines des œuvres majeures de la peinture flamande, dont le retable de l'Agneau mystique, commencé par son frère Hubert.
Jan van Eyck
La Madone au chanoine van der Paele

Van Eyck révolutionne la peinture occidentale par sa maîtrise de la peinture à l’huile, mais surtout par l’attention nouvelle qu’il porte au monde visible. Les étoffes, les bijoux, les fourrures, les reflets, les visages ou les objets les plus ordinaires semblent posséder sous son pinceau une présence presque tangible.
Son travail virtuose sur les effets de transparence et les superpositions de couleurs confère à ses tableaux une profondeur et une luminosité extraordinaires.
Dans Les Époux Arnolfini, la précision des détails transforme une scène intime en une image mystérieuse, où chaque objet semble chargé d’une signification. Dans la Madone au chanoine van der Paele, le réalisme minutieux du commanditaire, des saints, des vêtements et des matières coexiste avec une dimension spirituelle hors du temps.
Ce qui fascine chez Van Eyck, c’est cette capacité à faire tenir ensemble deux exigences qui pourraient sembler opposées : la fidélité absolue au monde sensible et une vision profondément spirituelle de celui-ci. Chez lui, regarder les choses avec une attention infinie devient déjà une manière de les célébrer.
GB1

ICI

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...