In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 20 mars 2022

Robert Crumb - Mr. Natural
La veillée du dimanche. Comme chaque année, à l'occasion du Festival de la BD d'Angoulême qui cette année s'est exceptionnellement tenu en mars, un petit hommage à quelques-uns de mes "héros", pas toujours exemplaires.

G.Shelton - The Freak Brothers
Aujourd'hui Mr. Natural et les (Fabulous Furry) Freak Brothers.
À noter que les deux dessinateurs sont aussi musiciens, Gilbert Shelton avec Les Blum Brothers, une formation New Orleans créée à Paris avec Bruno Blum, et Robert Crumb avec ses Cheap Suit Serenaders (musique ci-dessous).
 © Veilleur de Nuit – 2022
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dimanche 13 mars 2022

J. Dieuzaide - Berger, Bigorre (1953)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe Jean Dieuzaide (1921-2003).
Né à Toulouse, il se forme au dessin et à la photographie avant la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, il développe une œuvre très diverse, allant du portrait au reportage, mais aussi de l’architecture au paysage. Figure importante de la photographie humaniste française, il joue également un rôle dans la reconnaissance de la photographie comme un art à part entière, notamment avec la création en 1974 de la galerie du Château d’Eau à Toulouse, première galerie publique française exclusivement consacrée à la photographie.

J.D. - Matin, pl. du Capitole, Toulouse
(1961)
Chez Dieuzaide la lumière est centrale – « écrire avec la lumière », après tout c'est bien le sens du mot photographie. On la retrouve partout dans son travail : dans ses contre-jours – La Chevauchée par exemple, qui faisait partie de ma pré-sélection pour cette chronique –, mais aussi dans ses photographies d’architecture et ses natures mortes, où elle modèle les volumes et découpe les espaces pour attirer le regard vers certains détails.
Cette importance accordée à la lumière rejoint aussi sa spiritualité. Dieuzaide, croyant, s’intéresse notamment à l’art roman et aux sujets religieux. Il voyait dans le noir et blanc un langage particulièrement propice à la sensibilité et à ce qu’il appelait les « projections de soi-même ». Pour lui, la photographie ne consiste donc pas seulement à reproduire ce qui est devant l’objectif : elle permet aussi de révéler quelque chose que le regard ne perçoit pas immédiatement. « On a longtemps présenté Jean Dieuzaide comme l’artisan de photographies incarnant l’harmonie du monde et le passeur de la noblesse des œuvres humaines. (…) », écrit Françoise Denoyelle dans l'ouvrage qu'elle lui a consacré.
 © Veilleur de Nuit – 2022
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dimanche 6 mars 2022

Ivan Marchuk - Tendresse (1984)

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre ukrainien Ivan Marchuk (b.1936), l’un des grands artistes de l'avant-garde ukrainienne contemporaine.
De 1951 à 1956 il étudie à l’École d’Arts Appliqués de Lviv, où des enseignants progressistes l'encouragent à dépasser les limites imposées par le réalisme socialiste. En 1959, il rejoint un groupe clandestin dirigé par son professeur Karl Zvirynskyi, qui fait découvrir à ses élèves l’art non autorisé, mais aussi l’histoire, la musique, la littérature et la religion. Après son service militaire, Marchuk subsiste en réalisant des affiches pour des usines et des théâtres, puis travaille à l’Académie des sciences d’Ukraine.
I.M. - Nuit dans la steppe (1984)

Mais son indépendance d’esprit attire l’attention du KGB : ses toiles, jugées trop sombres, s’écartent de l’optimisme officiel du réalisme socialiste. Exclu de l’Union des artistes de l’URSS, il ne peut ni exposer ni vendre ses œuvres jusqu’en 1980, lorsqu’il bénéficie du soutien d’écrivains ukrainiens pour organiser sa première exposition à Kyiv.
En 1985, la perestroïka de Gorbatchev met fin à la surveillance dont il faisait l’objet, et à partir de 1989 il quitte l’URSS pour vivre successivement en Australie, à Toronto puis à New York, avant de revenir s’établir à Kyiv en 2001.
Malgré l’exil, il n’a jamais perdu son lien à sa terre natale : fils de tisserands, il met au point une technique très personnelle, le pliontanisme, du dialecte ukrainien occidental пльонтати : tisser, entrelacer. Ses tableaux sont construits à partir d’une multitude de lignes fines qui se croisent et se superposent, ce qui donne à ses toiles un aspect de réseau organique, comme un tissu de lumière et de matière. Nuit dans la steppe en est un bon exemple : le ciel tout entier semble constitué de filaments, comme si Marchuk avait voulu peindre non pas seulement la nuit, mais la matière même dont elle est faite.
« Donnez-moi mille ans, et je peindrai le ciel. »
 © Veilleur de Nuit – 2022

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E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...