In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 23 janvier 2022

A. Delaney - The road into town

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Arthur Delaney (1927-1987), connu pour ses évocations sensibles de la vie industrielle du nord de l’Angleterre, et plus particulièrement des paysages urbains du Manchester d'autrefois.
Influencé par son compatriote et aîné L.S. Lowry (voir déc. 2015 et mai 2020), Delaney reprend la silhouette familière des « matchstick men » ; il les peint dans le Manchester de son enfance – celui des années 1930 – avec les tramways et les cheminées d'usines sous un ciel de fumée.
A.D. - City under snow

Il peint la rudesse du monde ouvrier et la mémoire d'une ville qui fut longtemps l’un des cœurs industriels de l’Angleterre.
J’aime chez Delaney cette façon de regarder un monde disparu sans l’idéaliser, en nous faisant simplement partager les souvenirs teintés de nostalgie d'un homme qui a grandi dans cette ville, et qu'il n'a jamais cessé de peindre et d'aimer.
 © Veilleur de Nuit – 2022
RT1

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dimanche 16 janvier 2022

Y. Ogawa - Untitled (1998)

La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe japonais Yasuhiro Ogawa (b.1968).
Né à Kanagawa, Ogawa commence la photographie au début des années 1990, après des études de littérature anglaise. Il devient photographe professionnel en 2000 et publie depuis des séries qui mêlent voyage, rencontres et souvenirs. Dans Shimagatari (Island Tales) comme dans The Dreaming, les paysages et les personnes semblent souvent saisis dans un moment de retrait, comme si la photographie retenait quelque chose qui allait disparaître.

Y.O. - Untitled (1994)
Ses images, souvent en noir et blanc, sont à la fois très simples et difficiles à situer. Elles ressemblent parfois à des pages d'un carnet de voyage, mais sans chercher à raconter ce que l'on voit. Il y a plutôt une impression de passage, de solitude, de souvenir. Comment retenir ce qui s'efface ?
« Laissons l'émotion nous gagner devant ce petit chemin de pierre : elle est pure », écrivait Paul Gadenne dans son Guide du voyageur (1953).
 © Veilleur de Nuit – 2022

EC3

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dimanche 9 janvier 2022

L. Harris - Little house (1966)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre canadien Lawren Harris (1885-1970), cofondateur avec James MacDonald, qu'il rencontre en 1911, du Groupe des Sept, déjà évoqué en mars et avril 2010.
Ensemble, ils ont contribué à définir une véritable identité picturale canadienne, célébrant la grandeur sauvage du Nord. À partir de 1933, ce groupe va se diluer dans le Canadian Group of Painters, dont Lawren Harris sera l'un des membres les plus éminents.

L.H. - Lake and mountains (1928)
Entre 1904 et 1908, Harris séjourne à Berlin, où il découvre notamment la philosophie et les pensées orientales. Il se tourne ensuite vers la théosophie, courant mystique et spiritualiste apparu à la fin du XIXᵉ siècle, qui va profondément marquer sa vision de l’art.
Et c'est dans l'épure à la fois vigoureuse et austère de ses paysages du Nord canadien que Harris exprimera sa vision profondément spirituelle : montagnes aux lignes pures, lacs immobiles, ciels métaphysiques – autant de visions d’une nature débarrassée de tout ce qui n’est pas essentiel. Car pour lui, le Nord canadien n’était pas seulement un territoire géographique, mais un lieu d’élévation intérieure, une source de régénération spirituelle : « Il semble que le toit du continent soit la source d'un courant spirituel qui ne cessera de déverser sa clarté sur la race des hommes d'Amérique. »
Sa toile Mountain Forms, qui témoigne pleinement de cette vision d’une nature puissante et harmonieuse, a été adjugée plus de 11 millions de dollars en 2016 ; elle demeure à ce jour l’œuvre canadienne la plus chère jamais vendue aux enchères.
 © Veilleur de Nuit – 2022
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E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...