In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 5 juin 2021

Aneurin Edward - Iron heart (2020)

Une image et des mots. J'aime beaucoup ce dessin - fusain, mine de plomb et acrylique -, d' Aneurin Edward, un artiste originaire de Sainte Lucie.
Pour aller avec, voici un extrait du roman d'Edward Abbey, Le gang de la clé à molette, traduit de l'américain et publié en 2019 chez Gallmeister dans une belle édition illustrée par Robert Crumb.

Tous les yeux convergeaient vers le feu pendant que la nuit du canyon se resserrait sur les dos. Des petites flammes bleues et vertes léchaient et lapaient le bois du fleuve - bouts de pin ponderosa sculptés par leur descente depuis le haut pays, à une centaine de kilomètres de là, branches de genévrier, de pin pignon, de peuplier, brindilles polies de gainier du Canada, micocoulier et frêne. Suivant des yeux les escarbilles qui filaient vers le ciel, ils virent les étoiles s'allumer par séquences décalées. Émeraudes, saphirs, rubis, diamants et opales parsemés sur la voûte en une distribution mystérieuse, aléatoire.
Loin au-delà de ces galaxies galopantes, à moins que beaucoup trop proche et trop présent pour qu'on le voie, se cachait Dieu.

TD3

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dimanche 30 mai 2021

Yale Joel - Paris (1948)

Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Yale Joel (1919-2006), natif du Bronx, à New York, qui débute sa carrière professionnelle à l'âge de 19 ans.
Pendant la Seconde Guerre mondiale il couvre les combats en Italie, puis, dès 1947, il rejoint l'équipe de Life Magazine où il travaillera pendant plusieurs décennies.
Y.J. - Sharing a soda, Vermont (1946)

Il s'y fait remarquer par une approche très personnelle et inventive de la photographie : loin de se contenter d'enregistrer le réel, il aime le transformer, jouer avec les apparences et surprendre le regard. Miroirs, illusions d'optique, perspectives inhabituelles ou effets obtenus bien avant l'arrivée du numérique deviennent pour lui autant de moyens de créer des images inattendues. Surnommé « le photographe de l'impossible », Yale Joel a ainsi apporté au photojournalisme une liberté nouvelle, presque expérimentale, sans jamais perdre le sens de l'observation qui fait la force du reportage.
JM1

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dimanche 23 mai 2021

Sharon Sprung - Window pane

Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres de l'artiste figurative new-yorkaise Sharon Sprung (b.1953). Formée à la Cornell University, à la School of Fine Arts et à l'Art Students League de New York, elle enseigne depuis plus de vingt ans le réalisme contemporain, en particulier le portrait. C'est dans ce domaine qu'elle s'est imposée, notamment avec le portrait officiel de Michelle Obama pour la Maison-Blanche. Chez Sharon Sprung, le portrait ne cherche pas seulement la ressemblance. Chaque toile est construite par superpositions successives, comme une lente approche de la personne représentée.

S.S. - Commuter line
« My paintings are a carefully observed negotiation, manipulated layer upon layer in order to create a work of art as equivalent as possible to the complexity of real life. »
Elle se reconnaît des influences très diverses – Caravage, Velázquez, Egon Schiele ou Käthe Kollwitz – mais elle voit chez tous ces artistes un même respect de l'individu et une même volonté d'explorer ce qui nous hante : la force, la fragilité, la sensualité et la résistance de l'être humain.
Et elle donne cette très belle définition de son travail de portraitiste : « They are an attempt to control the almost uncontrollable substance that is oil paint, and the equally untamable expression of the human condition. »

TI7
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samedi 22 mai 2021

D. Doubilet - Chance encounterGalapagos Islands
(2006)

Une image et des mots. L'image c'est ce cliché du photographe américain David Doubilet, né à New York en 1946, et qui a commencé à publier dans le National Geographic en 1978.
Son titre, Chance encounter, m'a fait penser à un passage de l'ouvrage de Joseph Campbell "Le mythe à travers les âges", traduit et publié en France en 1993.

Schopenhauer souligne que lorsque l'on atteint un âge avancé et évoque sa vie, celle-ci semble avoir eu un ordre et un plan, comme si elle avait été composée par un romancier.
Des événements qui semblaient à l'époque accidentels et sans importance se manifestent comme des facteurs indispensables dans la composition d'une trame cohérente.
Qui a composé cette intrigue ? Schopenhauer suggère que, ainsi que nos rêves incluent un aspect de nous-mêmes que notre conscience ne connaît pas, notre vie entière est composée d'une volonté en nous.  Et ainsi que des personnes rencontrées par hasard sont devenues des acteurs décisifs dans la structuration de notre vie, nous avons aussi servi inadvertement (sic) comme agents, donnant un sens à des vies d'autrui.
L'ensemble de ces éléments s'unissent comme une grande symphonie, et tout se structure inconsciemment avec tout le reste... Le grand rêve d'un seul rêveur, où tous les personnages du sommeil rêvent aussi.

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