In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 24 janvier 2021

E. Gordon - Wind from the sea (1965)
Le vide-grenier du dimanche. "Vous ne pouvez pas inviter le vent mais vous devez laisser la fenêtre ouverte", dit Krishnamurti. Deux oeuvres de l'américain Edward Gordon (b.1940), peintre scrupuleux de fenêtres et de vent.
Le rendu méticuleux des textures, le soin extrême apporté aux nuances du ciel et de la mer - toujours présente chez ce natif d'Ocean City, dans le New Jersey -, confère à ses toiles une perfection quasi photographique sans que jamais, bizarrement, elles ne soient dénuées d'âme. 
E.G. - The music room (1965)

C'est du moins l'impression que j'en retire, ainsi qu'un sentiment extrême de paix que la présence de ciels parfois menaçants n'altère jamais.
"My goal is to make paintings so realistic that viewers are drawn into the imagery space..."
L'homme, à ma connaissance en tous cas, n'est jamais représenté dans les pièces impeccables de ses belles villas côtières, mais on appréciera le bon goût de celle ou celui qui a accroché aux murs de cette demeure - il semble aux motifs de la balustrade qu'il s'agit de la même -, deux chefs-d'oeuvre de Vermeer.
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dimanche 17 janvier 2021

François Vagnon - Tempête de sable (2004)
Le vide-grenier du dimanche. Deux  clichés du photographe François Vagnon, déjà présenté en février 2017. Il s’est d’abord distingué dans le domaine des effets visuels pour le cinéma, auprès notamment d'Alain Corneau, Costa-Gavras, James Ivory ou Régis Wargnier.
Il a aussi  enseigné à Louis-Lumière, La Fémis et à l’INA, partageant son savoir en matière de trucages et de prises de vue robotisées.

F.V. - Ondulation du sable (2004)
Depuis quelques années, il se consacre pleinement à la photographie, explorant des thématiques variées avec un regard façonné par son expérience du cinéma. Ces deux photographies, prises en Namibie, figurent dans son très beau livre Abstraction du désert.
Le désert - « page blanche pour la nostalgie », disait Tahar Ben Jelloun - semble aussi rejoindre cette autre réflexion de Jacques Monod« Parler du désert, ne serait-ce pas, d’abord, se taire comme lui, et lui rendre hommage non de nos vains bavardages, mais de notre silence ? »
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dimanche 10 janvier 2021

F.C. - Twilight in the tropics (1874)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'américain Frederic Edwin Church (1826-1900), membre éminent de la Hudson River School, le mouvement des peintres paysagistes américains (voir aussi juillet 2008 et février 2010).
Né à Hartford, Connecticut, il étudie sous la tutelle de Thomas Cole, fondateur de l'école, et se distingue rapidement par sa maîtrise de la lumière, de la composition et du détail.

F.C. - Morning in the tropics (1858)
Church s’est illustré par ses paysages grandioses - de la vallée de l’Hudson aux jungles d’Amérique du Sud, des Andes aux glaciers de l’Arctique -, où se mêlent romantisme, précision et sens du sacré. Inspiré par Emerson et Humboldt, il cherche à révéler dans la nature une harmonie entre l’homme, le monde et le divin.
J’avais déjà présenté Church ici, en novembre 2019, avec River of Light, et s’il me fallait choisir une image pour illustrer les rêves de voyage que je faisais enfant - ou ce que j’imaginais en lisant Rider Haggard -, ce serait sans doute l’un de ses tableaux.
Mark Twain, qui compte aussi parmi mes compagnons d’enfance, disait en sortant d’une exposition que New York n’avait jamais rien vu de plus beau.
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dimanche 3 janvier 2021

Richard Prince - Untitled cowboy
Le vide-grenier du dimanche. Cette année, comme depuis plus de dix ans, je m’efforcerai de publier chaque dimanche deux œuvres d’un artiste que - la plupart du temps - j’aime assez pour m’intéresser à son travail.
Aujourd’hui fait exception. Le seul propos de cette publication est de réveiller, sans y répondre, la sempiternelle question : qu’est-ce que l’art ? Qu'y-a-t-il de commun entre les chef-d'oeuvres de la Renaissance italienne et les "sculptures" de Jeff Koons?

A. Gursky - Rhein II (1999)
Ces deux clichés figurent, avec d’autres - ceux de Cindy Sherman, par exemple -, parmi les photos les plus chères du monde.
La première, vendue en 2014 pour plus de 3 millions de dollars chez Sotheby’s New York, n’est en réalité que la photo d’une photo. Richard Prince s’est contenté de photographier une publicité Marlboro dans un numéro du Time Magazine, qualifiant sa démarche de « rephotography ». L’auteur de l’image originale, payé quelques centaines de dollars peut-être, a bien tenté un procès… mais la justice lui a donné tort.
Le second cliché est d’Andreas Gursky. Lui qui avait déjà plusieurs fois dépassé les 3 millions de dollars avec 99 Cents (voir publication d’octobre 2011) bat ici ses propres records avec cette vue du Rhin, soigneusement retravaillée et photoshopée, vendue en 2011 pour près de 4,5 millions de dollars.
Deux « œuvres » qui, si elles ne nous apportent pas de réponse sur la nature de l’art, en disent long sur celle de son marché - et, plus largement, sur celle de notre monde.
Quant au Phantom de Peter Lik, ICI, il se serait vendu pour 6,5 millions de dollars.

Shellie Garber - Still waters (2025) Une image et des mots. Un tableau de l'artiste américaine Shellie Garber.