In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 1 novembre 2020

B. McLaughlin - Anyone awake (2012)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre britannique Ben McLaughlin (b.1969).
Né à Londres, il est formé à la Central Saint Martin's School of Art puis au Camberwell College of Art.
Son univers, fait de scènes énigmatiques où l’ombre et la lumière jouent un rôle essentiel, évoque parfois la solitude silencieuse d’Edward Hopper ou l’étrangeté du quotidien chez Walter Sickert.
Mais McLaughlin est aussi nourri par la photographie – de Steichen à Stieglitz – et par la littérature de TS Eliot ou Graham Greene, dont il partage le goût pour les atmosphères ambiguës et les récits laissés en suspens.

B. McL. - Untitled (2012)
Tout en demi-teintes, son monde est celui de l’insomniaque : il a les tonalités feutrées du silence et de la solitude. Motels de seconde zone, quais de gare, espaces de passage, lieux anonymes qui suggèrent une errance entre l'ici et l'ailleurs.
En nous confrontant à la solitude et au passage du temps – « père de la vérité », disait Rabelais –, les tableaux de McLaughlin nous laissent dans l’attente de quelque chose à venir, même si ce n’est que l’aube qui se lève.
LC6

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dimanche 25 octobre 2020

Beuford Smith - Black lives
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Beuford Smith (b.1936), figure majeure de la photographie afro-américaine contemporaine. Originaire de Cincinnati (Ohio), il découvre très tôt The Sweet Flypaper of Life de Langston Hughes et Roy DeCarava. 
Sa rencontre avec ce dernier, en 1965, décide le jeune autodidacte à se consacrer à la photographie. Il va dès lors développer une carrière centrée sur l'exploration des réalités sociales, des luttes raciales et des expressions culturelles de la communauté noire aux États-Unis.

B.S. - East 12th Street Park, NYC
(1968)
Membre fondateur du collectif Kamoinge – un mot kikuyu (Kenya) signifiant « ceux qui agissent ensemble » –, créé à New York en 1963, Smith participe à un mouvement qui entend permettre aux photographes noirs de raconter eux-mêmes leur histoire, loin des stéréotypes véhiculés par les médias de l'époque.
Ses photographies s'attachent aux gestes du quotidien, aux visages et à la vie des quartiers afro-américains, avec un regard à la fois documentaire et profondément humaniste. « I photograph as passionately and humanely as possible. »
AG1

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dimanche 18 octobre 2020

Euan Uglow

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'anglais Euan Uglow (1932-2000), connu pour son exigence presque obsessionnelle du dessin et de la mesure. Formé au Camberwell College of Arts puis à la Slade School of Fine Art auprès de William Coldstream, il hérite de son maître une approche précise et méthodique de la peinture figurative, fondée sur l’observation, la proportion et la rigueur géométrique.
E. Uglow - Daisy (1976)

Uglow mesurait tout : les distances, les intervalles, les rapports, à l’aide d’un instrument de sa propre invention, laissant sur ses toiles les grilles, points et repères de ce patient travail.
Ses modèles posaient parfois pendant des mois, jusqu'à ce que chaque proportion lui paraisse juste. Cette méthode, d'une précision extrême, n'avait pourtant rien de mécanique : elle était pour lui le moyen d'approcher au plus près ce qu'il voyait, dans sa présence, sa lumière et son équilibre.
Professeur à la Slade School, Euan Uglow a marqué plusieurs générations d'artistes britanniques. Son œuvre demeure l'une des plus singulières de la peinture figurative anglaise de la seconde moitié du XXᵉ siècle.

CH1
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samedi 17 octobre 2020

D. Spoerri - Le déjeuner sous l'herbe (1983-2010)
Une image et des mots. Pour accompagner cette installation du plasticien suisse Daniel Spoerri (ICI), quelques lignes de Raymond Carver, extraites de Parlez-moi d'amour.

Il croisa une jambe sur l'autre, ce qui parut lui prendre un temps considérable. Puis il reposa les deux pieds sur le sol, s'appuya en avant, les coudes sur la table, le menton dans le creux des mains.
- Après tout, peut-être que je n'appellerai pas les gosses, dit-il. Peut-être que ce n'était pas une tellement bonne idée. Peut-être qu'il vaut mieux simplement aller manger. Qu'en pensez-vous?
- Ça me va, dis-je. Manger ou ne pas manger. Ou continuer à boire. Je crois que je pourrais piquer une tête dans le soleil couchant.
- Qu'est-ce que cela veut dire mon chéri ? s'étonna Laura.
- Exactement ce que j'ai dit, que je peux me contenter de continuer, cela ne veut rien dire de plus.
- Eh bien moi, je mangerais volontiers quelque chose, répliqua Laura. Je pense ne jamais avoir eu aussi faim de ma vie. Y aurait-il quelque chose à grignoter ?
- Je vais vous donner des biscuits et du fromage, dit Terri.
Mais elle resta assise. Elle ne se leva pas pour prendre quoi que ce soit.
Mel retourna son verre, en renversa le contenu sur la table et remarqua :
- Fini, le gin.
- Maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? demanda Terri.
Je pouvais entendre mon coeur. Je pouvais entendre battre chaque coeur. Je pouvais entendre le bruit humain que nous faisions, nous tous, assis là, incapables de bouger même lorsque l'obscurité envahit la pièce.

G. Little - Black necklace (2014) La veillée du dimanche. Deux œuvres postmodernes, traversées d’un romantisme discret, réalisées à la g...