In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 11 octobre 2020

L. Christie - The lady vanishes

La veillée du dimanche. Deux œuvres de l'Irlandaise Lorraine Christie (b.1967), dont la peinture évoque aussi bien Toulouse-Lautrec, John Singer Sargent, LS Lowry que l'Écossais Jack Vettriano. Se disant autodidacte, elle développe un univers très personnel, souvent réalisé au couteau, où les personnages émergent de couleurs chaudes et d'une lumière tamisée.
L. C. - It never leaves

Ses tableaux mettent souvent en scène des personnages féminins dans des décors urbains ou domestiques ; l'éternelle romance représentée avec élégance, avec ses presque-ratés, ses rencontres furtives et ses approches hésitantes.
« There are no guarantees that we can hold onto love. It is indeed elusive. And whether we realize it or not, we all have a memory or moment that we want to suspend in time and that we can re-visit for all eternity. »

FF2
ICI

dimanche 4 octobre 2020

A. Patjane - Free Tibet (2011)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe mexicain Anuar Patjane (b.1981), diplômé en anthropologie et plongeur sous-marin. Deux expériences qui nourrissent un travail situé à la rencontre du monde naturel et des sociétés humaines. Sa photographie la plus connue, Whale Whisperers, qui montre des plongeurs face à une baleine à bosse et son petit, lui a valu une reconnaissance internationale.
A.P. - Antartica (2015)

Mais au-delà des images sous-marines, Patjane développe également un travail documentaire consacré aux communautés autochtones du Mexique, aux cultures et aux paysages qui façonnent notre rapport au monde. Sa formation en anthropologie éclaire peut-être cette attention portée aux liens entre les êtres, les cultures et les territoires.
Le premier cliché appartient à sa série Mahabharat, réalisée en 2011 dans un centre pour réfugiés tibétains à Darjeeling, en Inde. Le second est extrait de sa série Antarctica (2015).
Deux univers éloignés, mais réunis par une même attention portée aux êtres vivants et aux espaces qu’ils habitent. Le travail de Anuar Patjane est à découvrir [ICI].

CR2

ICI

samedi 3 octobre 2020

A. Allori - Charybde et Scylla (1575)
Une image et des mots. Cette représentation du voyage d'Ulysse, quand six de ses compagnons sont dévorés dans le détroit de Messine par le monstre Scylla, est une des fresques du maniériste italien Alessandro Allori qui ornent les murs du Palazzo Salviati, au coeur historique de Florence. Pour aller avec, voici quelques vers du poète soudanais Abdel Wahab Yousif...

Tu mourras en mer.
La tête ballottée par les vagues rugissantes,
ton corps qui se balance dans l'eau.
comme un bateau crevé.

Tu partiras dans la fleur de ta jeunesse,
à peine la trentaine.
Partir tôt n'est pas une mauvaise idée,
mais c'en est une si tu meurs seul,
sans une femme qui t'ouvre ses bras :
" Laisse-moi te presser contre ma poitrine,
j'ai beaucoup de place.
Laisse-moi laver ton âme de la misère crasse.

Abdel Wahab Yousif est mort noyé en Méditerranée au mois d'août dernier, avec 44 de ses compagnons de voyage, adultes et enfants. Il avait vingt-neuf ans.
AS2

ICI

dimanche 27 septembre 2020

V. Gilbert - Élégante sur les quais

La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre français Victor Gilbert (1847-1933), dont j’apprécie particulièrement la manière de documenter le Paris de la Belle Époque : ses marchés, ses rues, ses scènes de la vie quotidienne. Entre réalisme et influence impressionniste, il porte sur la capitale un regard attentif aux détails, aux gestes et aux atmosphères.
Issu d’un milieu modeste, il ne peut intégrer l’École des Beaux-Arts malgré ses dons précoces pour le dessin. Il devient apprenti chez un peintre-décorateur et ne reçoit qu’une formation limitée, complétée par des cours du soir à l’École de la Ville de Paris. C’est donc principalement par l’observation et le travail qu’il développe son art.
V.G. - Marché rue Mouffetard (n.d)

Ses tableaux témoignent d’une grande attention à la vie parisienne de son temps : marchands, enfants, ménagères, promeneurs anonymes composent une ville vivante, où les scènes les plus ordinaires deviennent dignes d’être regardées.
Certains de ses choix pourraient d’ailleurs – quelques décennies plus tard – être ceux d’un photographe de rue : saisir un instant, une attitude, une rencontre fugitive.
J’aime particulièrement ce tableau d’une élégante sur les quais de Seine, ou encore cette scène de marché dans la rue Mouffetard, où Gilbert restitue moins un événement qu’un fragment de vie.

A.N. Samokhvalov - Blue twilight (1960) La veillée du dimanche. Deux oeuvres du peintre et illustrateur russe Alexander Nikolaevich Samo...