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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 1 mars 2020
dimanche 23 février 2020
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| M. Stuart - All that life can afford (2002-15) |
Sa série All that life can afford – qui en 2016 a fait l'objet en collaboration avec Geoff Dyer d'une belle publication – réunit une sélection de 80 clichés parmi les milliers qu'il a pris dans les rues de Londres entre 2002 et 2015.
« J'aime photographier les personnes au naturel, quand elles n'ont pas conscience d'être observées. Les occasions sont rares d'observer les gens sans qu'ils ressentent le besoin de se mettre en scène. C'est le cas dans la rue. J'aime aussi capturer le comique, l'absurde, ou les coïncidences troublantes que je vois. »
Ces deux clichés illustrent bien son propos, autant que la finesse de son observation : un homme prostré, seul, accablé par la peine, par la fatigue ou par l'ivresse, et qui tient flottant au-dessus de lui un ballon en forme de coeur, comme un symbole de l'amour que peut-être il attendrait encore du monde ; une femme, dans la très répressive ville-état de Singapour, passe devant un panneau qui affiche Freedom to come and go, quand le cadrage espiègle du photographe la place au centre d'une roue comme un hamster dans sa cage.
samedi 22 février 2020
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| Estampe de Hiroshige (période Edo) |
- Comme les poissons se plaisent dans l'eau ! s'écria Soshi.
Son ami lui dit:
- Vous n'êtes pas poisson; comment savez-vous que les poissons se plaisent dans l'eau?
- Vous n'êtes pas moi-même! répliqua Soshi. Comment savez-vous que je ne sais pas que les poissons se plaisent dans l'eau?
Le livre du thé, 1906, Okakura Kakuzo.
(anecdote que l'on retrouve aussi, en d'autres mots, sous la plume de Simon Leys dans Le bonheur des petits poissons, publié en 2008 chez Lattès).
dimanche 16 février 2020
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| B. Davidson - Brooklyn Gang, Cathy (1959) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe américain Bruce Davidson (b.1933), déjà présenté ici en juin 2013. Ces deux photographies sont extraites de Brooklyn Gang, série réalisée en 1959-1960 auprès des Jokers, une bande de jeunes adolescents de Brooklyn que Davidson, alors âgé de 25 ans, accompagne pendant tout un été.
Loin d'un simple reportage sur un « gang », son travail cherche à montrer une réalité humaine plus profonde : celle de jeunes gens issus de quartiers populaires, confrontés à la pauvreté, à la violence, mais aussi traversés par les amitiés, les rêves et les fragilités propres à l'adolescence. « Ce n'est pas tant autour d'un gang, car ce n'est qu'un mot », expliquera-t-il plus tard. « Mon travail se concentre sur une idée universelle : le sentiment d'isolement, de dépression, de la vie elle-même. C'est ça, le sujet de mes photos. »
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| B.D. - Brooklyn Gang (1960) |
« Ils étaient pauvres, ils étaient malheureux, ils étaient violents, ils étaient sexuels, ils étaient pleins de vie. »
Des années plus tard, le témoignage de Bengie, l'un des membres des Jokers, donne une résonance tragique à ces photographies. Il évoque Cathy, « belle comme Brigitte Bardot », cette jeune fille admirée par toute la bande, dont la vie se terminera par un suicide. Ses mots rappellent ce que Davidson avait déjà compris : derrière les images d'un groupe, il y avait avant tout des destins individuels.
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