In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 23 février 2020

M. Stuart - All that life can afford (2002-15)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de l'anglais Matt Stuart (b.1974), déjà présenté ici en mai 2018.
Sa série All that life can afford – qui en 2016 a fait l'objet en collaboration avec Geoff Dyer d'une belle publication – réunit une sélection de 80 clichés parmi les milliers qu'il a pris dans les rues de Londres entre 2002 et 2015.

M.S. - Singapore (2016)
« J'aime photographier les personnes au naturel, quand elles n'ont pas conscience d'être observées. Les occasions sont rares d'observer les gens sans qu'ils ressentent le besoin de se mettre en scène. C'est le cas dans la rue. J'aime aussi capturer le comique, l'absurde, ou les coïncidences troublantes que je vois. »
Ces deux clichés illustrent bien son propos, autant que la finesse de son observation : un homme prostré, seul, accablé par la peine, par la fatigue ou par l'ivresse, et qui tient flottant au-dessus de lui un ballon en forme de coeur, comme un symbole de l'amour que peut-être il attendrait encore du monde ; une femme, dans la très répressive ville-état de Singapour, passe devant un panneau qui affiche Freedom to come and go, quand le cadrage espiègle du photographe la place au centre d'une roue comme un hamster dans sa cage.

dimanche 20 mai 2018

M.S. - Millenium Wheel (1999)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe anglais Matt Stuart (b.1974), membre de Magnum Photos et du collectif de photographes de rue In-Public. Formé à l’Université de Brighton, il s’est fait connaître par ses images de la vie urbaine londonienne, où il saisit les rencontres inattendues, les coïncidences visuelles et les petits moments d’absurdité du quotidien. Influencé par Henri Cartier-Bresson et Martin Parr, privilégiant ces instants fugaces où le hasard semble organiser la scène, il travaille souvent en noir et blanc mais ne dédaigne pas la couleur lorsqu’elle contribue à la composition et à l’impact de l’image. Ses photographies, à la fois drôles et percutantes, jouent avec les surprises de la rue, ces rencontres imprévues entre les gestes, les silhouettes et les signes de la ville. Ainsi, Matt Stuart montre que la rue peut se transformer en un théâtre inattendu où chaque instant peut révéler une scène inattendue, drôle ou légèrement absurde.

M.S. - London, Oxford Street (2014)
De ce cliché, ci-dessus, pris à ses débuts, il raconte qu’il s’agit de la première photographie qu’il a jugée digne d’être conservée, ICI...
Ce jour-là, il avait photographié pendant quelques minutes un homme observant la construction de la Millennium Wheel et pris tout un rouleau de pellicule. Une seule image fonctionnait vraiment : celle-ci, où, par chance, la selle du vélo n’était pas coupée.
Le second cliché, où des index levés accompagnent un slogan inscrit sur le flanc d'un autobus, est encore un belle illustration de l'opportunisme et de l'humour délicat de Matt Stuart.

SA1 ICI