| JC2 |
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
samedi 20 octobre 2018
dimanche 14 octobre 2018
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| Raphael Soyer - Café scene (1940) |
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre, dessinateur et graveur américain d’origine russe Raphael Soyer (1899-1987), dont l’œuvre est consacrée à la vie quotidienne new-yorkaise.
Né à Borisoglebsk en Russie, il émigre avec sa famille en 1912 et s’installe dans le Bronx. Formé à la Cooper Union, à la National Academy of Design puis à l’Art Students League, il étudie auprès de Guy Pène du Bois et Boardman Robinson. Très tôt, il se tourne vers une peinture attentive aux scènes urbaines et aux figures anonymes, dans la lignée de l’Ashcan School.
« If art is to survive, it must describe and express people. »
Tout au long de sa carrière, Soyer peint les hommes et les femmes dans des cadres quotidiens et des situations ordinaires – rues, métros, ateliers ou appartements modestes. Membre de la Fourteenth Street School, il expose dans les grands musées américains et enseigne à l'Art Students League et à la New School for Social Research.
Il est également rattaché à la American Scene, dont il incarne le versant social-réaliste, centré sur les réalités urbaines : là où le régionalisme américain s'intéresse surtout à l'Amérique rurale, Soyer regarde la ville et ceux qui l'habitent.
Le premier tableau est conservé au Brooklyn Museum, à New York. Le second, au titre biblique, est au Smithsonian American Art Museum de Washington. Les deux œuvres sont séparées par une quarantaine d’années.
© Veilleur de Nuit – 2018
dimanche 7 octobre 2018
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| Phil Bergerson - NY (2001) |
Formé à la gravure avant de se tourner vers la photographie dans les années 1970, il parcourt les États-Unis pendant plus de trois décennies, construisant une œuvre d’arpenteur attentif du paysage américain.
Dans des séries comme Shards of America ou American Artifacts, il compose un portrait du pays à travers ses traces : vitrines défraîchies, murs griffonnés, pancartes effacées, objets abandonnés.
Walker Evans ou Robert Frank avant lui, Bergerson propose de l’Amérique une vision où les figures humaines disparaissent, mais où leur présence persiste dans les signes qu’elles laissent. Ce sont les surfaces qui parlent – enseignes vieillottes, graffitis maladroits, façades altérées – comme autant de fragments d’une activité passée, qui révèlent à la fois la vitalité et la fragilité d’un rêve américain fissuré.
Ce rêve, on en cherche parfois le reflet dans les vitrines les plus modestes, ou bien, comme ici, dans un trompe-l’œil qui recouvre de ciel céruléen des façades aveugles. On pense alors à la formule de Picasso : « L’art est un mensonge qui dit la vérité. »
© Veilleur de Nuit – 2018
samedi 6 octobre 2018
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| E. van de Velde - Baleine échouée (c.1617) |
Une image et des mots. Le titre complet de ce tableau du peintre et aquafortiste néerlandais Esaias van de Velde (1587-1630) est Baleine échouée sur la plage de Scheveningen.
Difficile de ne pas penser à Paul Gadenne, auteur de Baleine et de La plage de Scheveningen.
Cette baleine nous paraissait être la dernière ; comme chaque homme dont la vie s'éteint semble être le dernier homme. Sa vue nous projetait hors du temps, hors de cette terre absurde qui dans le fracas des explosions semblait courir vers sa dernière aventure.
Nous avions cru ne voir qu'une bête ensablée ; nous contemplions une planète morte.
Paul Gadenne, Baleine (1949).
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