In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

samedi 21 octobre 2017

   
Patricia Piccinini - The young family (2003)
Une image et des mots. Pour les grecs anciens la Chimère est un animal fabuleux mi-chèvre mi-lion et dont la queue est un serpent. Sur l'ordre de Iobatès, de qui elle ravageait le royaume, elle sera mise à mort par Bellérophon chevauchant Pégase.

Par antonomase, elle désigne aujourd'hui un organisme hybride issu de souches animales et humaines, créé dans le cadre de recherches biomédicales. Si nous n'en sommes pas encore aux créatures que rencontre le héros de HG Wells - Edward Pendrick - dans L'île du Docteur Moreau, ces travaux, qui visent notamment à produire des organes destinés à la transplantation, nourrissent d'importants débats éthiques.
Bref, cette sculpture de Patricia Piccinini m’a immédiatement fait penser à quelques lignes du pamphlet de Gilles Châtelet, Vivre et penser comme des porcs (1999).

L'heure allait bientôt sonner de remettre les pendules à l'heure! Il faudrait moins de trois ans pour dissiper le charme et assurer le triomphe des années 80, écoeurantes d'ennui, de cupidité et de bêtise, années des "révolutions conservatrices" néolibérales, années cyniques de Reagan ou de Thatcher... et de l'hypocrite trivialité de l'ère Mitterand, années de la contre-attaque planétaire des imbéciles ulcérés par l'arc-en-ciel de générosité et de liberté entrouvert pendant quinze ans. L'heure serait désormais celle de la Main invisible du marché, qui ne prend pas de gants pour affamer et broyer sans bruit, invincible parce que faisant pression partout et nulle part, mais qui pourtant, comme Dieu a besoin des hommes, avait besoin d'une voix. Elle était toute désignée.
La Contre-Réforme libérale, mercenaire zélé, allait offrir les services classiques de l'option réactionnaire, ceux d'une alchimie sociale capable de transformer en force politique ce qui finit toujours par exsuder des classes moyennes : crainte, envie et conformisme.

PF8
ICI

dimanche 15 octobre 2017

D.G - Turquoise and velvet
(2017)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre figuratif américain Daniel F. Gerhartz (b.1965), reconnu pour ses portraits et ses scènes intimistes baignées d’une lumière chaude et enveloppante. Né à Kewaskum, dans le Wisconsin, formé à l’American Academy of Art de Chicago, il s’inscrit dans une veine réaliste héritière de la tradition du XIXᵉ siècle, où la lumière et la composition jouent un rôle essentiel. 
D.G. - Clematis (2014)

Gerhartz insiste lui-même sur l’importance de l’harmonie des couleurs et du contraste dans l’élaboration de ses toiles. Il dit notamment admirer Émile Friant, pour cette qualité de construction, mais aussi Sargent, Sorolla ou Zorn.
« My starting point when developing a painting is to consider the color harmony. [....] The success of my paintings hinges on the deliberate use of strong contrasts, a crucial factor that either elevates or diminishes the final outcome. I am deeply captivated by masterpieces examplifying this quality, such as those by renowned artists like Emile Friant from France. »
Même si, au bout du compte... soli Deo gloria – « à Dieu seul soit la gloire » –, comme Bach au bas de ses partitions. Pour en savoir plus sur son travail, c'est [ICI].
 © Veilleur de Nuit – 2017
RP3

ICI

dimanche 8 octobre 2017

S. Neshat - Women of Allah (1995)
La veillée du dimanche. Deux clichés de la photographe et vidéaste iranienne Shirin Neshat (b.1957), déjà présentée ici en juillet 2015.
Née dans une famille aisée et moderniste sous le règne du Shah, elle a vingt-deux ans lorsque éclate la révolution iranienne. Elle quitte alors l'Iran pour les États-Unis, où elle étudie au Dominican College, puis à l'Université de Californie à Berkeley. Elle s'installe ensuite à New York et travaille pendant une dizaine d'années au sein de l'association Storefront for Art and Architecture.

Shirin Neshat - Rapture (1999)

Pendant toutes ces années, elle ne crée presque rien. « Those ten years, I made practically no art, and the art I did make I was dissatisfied with and eventually destroyed. »
En 1990, peu après la mort de Khomeiny, elle retourne en Iran. Elle y découvre un pays qu’elle ne reconnaît plus. C’est de ce décalage entre la mémoire et la réalité – « probably one of the most shocking experiences that I have ever had » – que naît, en 1993, sa première grande série, Women of Allah.
 © Veilleur de Nuit – 2017

PN3

ICI

E.L. - Les travaux aux champs (1918) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre belge Eugène Laermans (1864-1940). J’ai eu plusieurs fo...