In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 5 juin 2016

Paul Almasy
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe d’origine hongroise et naturalisé français Paul Almásy (1906-2003), l'un des grands photojournalistes du XXᵉ siècle. Né à Budapest, il étudie les sciences politiques et l’économie à Vienne et à Munich, se destinant d’abord à la diplomatie avant de se tourner vers le journalisme.
Ses reportages le conduisent à travers l’Europe, l’Afrique et l’Asie, avec de nombreuses missions au Maroc et en Amérique latine, jusqu’à son installation définitive en France en 1938, à la veille de la Seconde Guerre mondiale (il sera naturalisé en 1958).

P.A. - Miss Taxi, Pigalle (1958)
À Paris, il fait de la photographie son activité principale, convaincu que l’image permet de saisir plus directement les réalités du monde. Collaborateur régulier de l’AFP, de l’UNESCO et de nombreuses revues, il documente pendant plus de soixante ans les transformations du monde contemporain, de la Libération de Paris aux grands chantiers du Tiers-Monde.
Paul Almásy s’inscrit dans la lignée des photographes hongrois émigrés en France – Brassaï, André Kertész, Lucien Hervé ou François Kollar – qui ont marqué la photographie humaniste.

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dimanche 29 mai 2016

P. Belhassen - série Istanbul (2014)
La veillée du dimanche. Deux clichés du français Pierre Belhassen (b.1978), dont le travail se situe entre documentaire et observation sensible du quotidien. Sa vocation naît en 2005, lors d’un voyage à New York. Nourri de références multiples – cinéma, littérature, musique, peinture, bande dessinée – il revendique des influences aussi diverses que Bonnard, Chandler ou Kurosawa.
P.B. - série Allogène (2014)

Du côté des photographes, ses références vont de Robert Frank à Josef Koudelka, de Saul Leiter à Alex Webb ou Trent Parke.
Il décrit la ville comme un espace d’attention permanente, où « quelque chose peut surgir à tout moment ». Dans ses images, il cherche moins des scènes construites que des fragments : un geste, un regard, une interaction brève entre les corps et l’espace. C’est dans cette attention au détail qu’il situe ce qu’il appelle ses « instants de grâce ». Il s’inscrit ainsi dans une photographie du réel où l’image ne commente pas le monde mais en retient des éclats. « Les choses ne sont pas vues parce qu’elles sont visibles mais, à l’inverse, visibles parce qu’elles sont vues », disait Diane Arbus en citant Platon. 
Habité par ce désir de beauté et cette conviction, empruntée à Saul Leiter, que la misère n’est pas plus profonde que le bonheur, Pierre Belhassen garde l’homme au cœur de son travail.
Avec ses images – ces paroles silencieuses – c’est à lui qu’il s’adresse. À celui, pour reprendre les mots de Stig Dagerman, « dont le besoin de consolation est impossible à rassasier ».
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dimanche 22 mai 2016

Tsukioka Kogyo - Fireflies (1910)
La veillée du dimanche. Deux estampes de Kōgyo Tsukioka (1869-1927), peintre et graveur de l’ère Meiji, fils adoptif et élève de Yoshitoshi Tsukioka, dernier grand maître de l'estampe ukiyo-e.
Ce mouvement artistique de l'époque d'Edo (du XVIIe au XIXe siècle) s'inscrit dans une période de prospérité et de paix qui va favoriser l'essor d'une nouvelle bourgeoisie urbaine.
T. K. - Autumn (c.1890)

Les sujets artistiques de prédilection seront désormais les scènes érotiques (shunga), les créatures fantastiques (yokai), le spectacle de la nature, ou celui des jolies femmes et courtisanes du "monde des fleurs et des saules". Mais Kōgyo est aussi et peut-être surtout connu pour ses représentations du théâtre nô, auxquelles il a consacré l’essentiel de son œuvre et qui feront peut-être l'objet d'une future publication.
Ses séries de gravures et de peintures, notamment Nōgaku zue (1897-1902), fixent les gestes, les masques et les scènes de ce théâtre ancien.
Dans un Japon en pleine transformation à l’ère Meiji, son travail apparaît comme une forme de sauvegarde visuelle d’un art traditionnel menacé de disparition.
PS3

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samedi 21 mai 2016

Igor Madjinca - Hangover (2015)
Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Igor Madjinca, découvert par hasard et dont je ne sais rien. Ce que j'ai pu voir de son univers ne me séduit guère, à l'exception de cette photo qui m'a rappelé ces quelques lignes de Malcolm Lowry, extraites de Au-dessous du volcan (1947).

Pour moi, j'aime conduire ma peine à l'ombre des vieux monastères, ma faute dans les cloîtres, sous les tentures, dans les miséricordes d'inimaginables cantinas où des convives  à la triste mine, des mendiants cul-de-jatte, boivent aux aubes dont la froide beauté de jonquille se retrouve dans la mort.

C.C. - All on a summer's day (1888) La veillée du dimanche. Deux œuvres du peintre anglais Charles Conder (1868-1909), qui fut, avec To...