In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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samedi 25 janvier 2014

Albrecht Dürer - Vue du val d'Arco (1495)
Une image et des mots. Une aquarelle d'Albrecht Dürer (1471-1528), plume et encre brune avec des rehauts de bruns et des reprises à l'encre noire; elle est conservée au Louvre.
Pour aller avec, j'ai pensé à ces quelques lignes du beau livre du géographe Élisée Reclus, précurseur libertaire de l'écologie : Histoire d'une montagne (1875), rédigé six ans après son Histoire d'un ruisseau.

Quant à l'homme, il est invisible ; mais on le devine. Comme des nids à demi cachés dans le branchage, j'aperçois des cabanes, des hameaux, des villages épars dans les vallons et sur le penchant des monts verdoyants. 
Là-bas, sous la fumée, sous une couche d'air vicié par d'innombrables respirations, quelque chose de blanchâtre indique une grande cité. Les maisons, les palais, les hautes tours, les coupoles, se fondent en une même couleur rouilleuse et sale, contrastant avec les teintes plus franches des campagnes environnantes : on dirait une sorte de moisissure. On songe alors avec tristesse à tout ce qui se fait de perfide et de mauvais dans cette fourmilière, à tous les vices qui fermentent sous cette pustule presque invisible ; mais, vu de la cime, l'immense panorama des campagnes est beau dans son ensemble, avec les villes, les villages et les maisons isolées qui paillettent ça et là l'étendue. Sous la lumière qui les baigne, les taches se fondent avec ce qui les entoure en un tout harmonieux ; l'air déroule sur la plaine entière son manteau de pâle azur.
JP2

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dimanche 19 janvier 2014

Richard Leach - Collage
La veillée du dimanche. Deux collages de l'américain Richard Leach (b.1953), poète et artiste plasticien autodidacte. Natif du Maine, il vit et travaille aujourd'hui à Hawley, en Pennsylvanie.
Diplômé du Princeton Theological Seminary, il a été pasteur de 1978 à 1999 dans le Connecticut.

R. Leach - Collage
Il n’emploie pour ses collages que des matériaux récupérés et affirme que ce qui guide ses créations, ce sont les règles intuitives de l’harmonie et de l’équilibre, et non la volonté de « dire quelque chose ».
Ce qui n’empêche pas que, parfois, un sens émerge de l’une d’entre elles…
L'âme contient des terres dévastées et de l'espoir...
Pour en voir davantage de son travail, c'est ICI.
ST2

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dimanche 12 janvier 2014

J.J. - Sphericum aer vehiculum (2013)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du polonais Jaroslaw Jasnikowski, né en 1976 à Legnica.
Un univers steampunk évocateur à la fois de Jules Verne et de Miyasaki, et qui pourrait servir de cadre aux tarasconnades d'un Münchhausen entrant dans la modernité.
J.J. - Trimaranolot (2013)

Après quelques tentatives infructueuses dans le commerce, c’est la découverte, lors d’une exposition consacrée au réalisme magique de Wojtek Siudmak, qui le convainc de faire de ce qui n’était jusque-là qu’un passe-temps son métier. Il s’inscrit alors à l’École des Arts de Głogów, où il aura pour professeur le peintre abstrait et poète Telemach Pilitsidis.
Aujourd’hui, il se définit comme un peintre de contes, créateur de fenêtres à travers lesquelles le spectateur accède à d’autres mondes possibles ; et c’est à leur recherche qu’il consacre son art.
PF4

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dimanche 5 janvier 2014

Christopher Broadbent - Still life
La veillée du dimanche. Le photographe anglais Christopher Broadbent (b. 1936) a étudié le cinéma et la photographie à l'Institut des hautes études cinématographiques de Paris avant de faire une remarquable carrière internationale dans la publicité.
Mais s'il figure dans mes archives c'est pour ses belles natures mortes, extrêmement soignées et d'une subtile poésie, comme ici avec cette présence maline du valet de coeur dans un panier à salade.

Ch.Broadbent - Untitled
Le second cliché, qui lui est attribué, m'intrigue; et je compte sur un des innombrables lecteurs de ce blog pour m'éclairer sur son origine, et me confirmer – ou non – que Christopher Broadbent en est bien l'auteur.
Toujours est-il que j'aime assez l'humour gentiment fripon de cette photo prise je ne sais quand, en tout cas devant le très beau Saint Marc prêchant à Alexandrie des frères Bellini, que l'on peut admirer à la pinacothèque de Brera, à Milan. 
« Tout en venant rétrécir le champ de la conscience, écrivait Eugène Minkowski, l'attention doit constamment, si elle veut progresser et être productive, venir s'alimenter aux sources vives qui l'entourent et qui la baignent. »

A.S. - Jeunes Paysans (1914) La veillée du dimanche . Il n’a jamais été question de faire de ce blog un cours approfondi de sémiologie de l...