In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 14 avril 2013

J. Dieuzaide - Berger, Bigorre (1953)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe Jean Dieuzaide (1921-2003). Né à Toulouse, il se forme au dessin et à la photographie avant la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, il développe une œuvre très diverse, allant du portrait au reportage, mais aussi de l’architecture au paysage. Figure importante de la photographie humaniste française, il contribue également à structurer la reconnaissance de la photographie en France, tout en restant profondément attaché à son territoire du Sud-Ouest, qu’il photographie avec constance.
J.D. - Matin, pl. du Capitole, Toulouse
(1961)

Chez Dieuzaide, la lumière est toujours centrale – « écrire avec la lumière », selon l’étymologie même de la photographie. Ses images reposent sur une grande attention aux gestes, aux postures et aux détails du quotidien, saisis dans des compositions très construites mais qui conservent une impression de naturel.
BH2

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dimanche 7 avril 2013

Maruyama Ōkyo - Papillons (1788)

Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du  peintre japonais Maruyama Ōkyo (1733-1795), figure majeure de la période Edo, déjà présenté ici en février 2011. 
Maruyama Ōkyo
Encre et peinture (1771)

Observateur attentif de la nature, il introduit dans la peinture japonaise plusieurs innovations décisives, notamment un usage subtil de l’ombre pour suggérer la profondeur et une attention nouvelle portée au rendu des formes et des couleurs. Derrière cette maîtrise technique, une idée simple : « Painting is the mirror of the heart. »

BC1

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samedi 6 avril 2013

Jason deCaires Taylor - Inertia
Une image et des mots. Une des sculptures, "Inertia", de l'anglais Jason deCaires Taylor, immergées dans son musée sous-marin de Cancún, le Musa. Pour l'accompagner, un extrait de Tristes tropiques de Claude Levi-Strauss.

"Voyages, coffrets magiques aux promesses rêveuses, vous ne livrerez plus vos trésors intacts. Une civilisation proliférante et surexcitée trouble à jamais le silence des mers. Les parfums des tropiques et la fraîcheur des êtres sont viciés par une fermentation aux relents suspects, qui mortifie nos désirs et nous voue à cueillir des souvenirs à demi corrompus.
Aujourd'hui où des îles polynésiennes noyées de béton sont transformées en porte-avions pesamment ancrés au fond des mers du Sud, où l'Asie tout entière prend le visage d'une zone maladive, où les bidonvilles rongent l'Afrique, où l'aviation commerciale et militaire flétrit la candeur de la forêt américaine ou mélanésienne avant même d'en pouvoir détruire la virginité, comment la prétendue évasion du voyage pourrait-elle réussir autre chose que nous confronter aux formes les plus malheureuses de notre existence historique ? Cette grande civilisation occidentale, créatrice des merveilles dont nous jouissons, elle n'a certes pas réussi à les produire sans contrepartie. Comme son oeuvre la plus fameuse, pile où s'élaborent des architectures d'une complexité inconnue, l'ordre et l'harmonie de l'occident exigent l'élimination d'une masse prodigieuse de sous-produits maléfiques dont la terre est infectée. Ce que d'abord vous nous montrez, voyages, c'est notre ordure lancée au visage de l'humanité.
Je comprends alors la passion, la folie, la duperie des récits de voyage. Ils apportent l'illusion de ce qui n'existe plus et qui devrait être encore, pour que nous échappions à l'accablante évidence que vingt-mille ans d'histoire sont joués.
Il n'y a plus rien à faire : la civilisation n'est plus cette fleur fragile qu'on préservait, qu'on développait à grand peine dans quelques coins abrités d'un terroir riche en espèces rustiques, menaçantes sans doute par leur diversité, mais qui permettaient aussi de varier et de revigorer les semis. L'humanité s'installe dans la monoculture, elle s'apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comporte plus que ce plat
."
Dans quel océan de laideur et de médiocrité nous sommes-nous plongés ?
FL1

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Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...