In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 22 avril 2012

W.S. - Dave's restaurant, New York (1984)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de l'américain Wayne Sorce (b.1946), formé à l’Art Institute of Chicago et qui a abondamment photographié le New York et le Chicago des années 70 et 80. Ses images, très construites, jouent souvent sur les couleurs, les enseignes lumineuses, les vitrines, les automobiles et les lignes géométriques de la ville.

W.S. - Varick Street, NY (1984)
Elles montrent une Amérique aujourd’hui disparue : celle des motels, des diners, des rues nocturnes et des panneaux publicitaires, saisie avec une attention presque mélancolique aux détails du quotidien – ce que Stephen Shore (voir mai 2010) appelait la « quintessence » de l’Amérique ordinaire.
For me, photography is very important in that it exists because of everything else. I hope this explanation is enough because I think it would be a mistake to write words to be read about that which I only intended to be viewed. Words only confuse and complicate what I prefer to bear witness to my feelings by visual means.
PM2

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samedi 21 avril 2012

Diogo Battista - Black Beast (2020)
Une image et des mots. Panique, ils réclament sans savoir un paradis perdu, écrit Georges-Emmanuel Clancier dans Contre-Chants (2000).

Pour accompagner ce cliché du photographe portugais Diogo Battista, et comme pour prolonger le très court poème de G-E Clancier, en voici un autre, ou plutôt un extrait, tiré du recueil de Victor Hugo Les chansons des rues et des bois (1865)


Le cheval luttait ; ses prunelles,
Comme le glaive et l'yatagan,
Brillaient ; il secouait ses ailes
Avec des souffles d'ouragan.

Il voulait retourner au gouffre ;
Il reculait, prodigieux,
Ayant dans ses naseaux le soufre
Et l'âme du monde en ses yeux.

Il hennissait vers l'invisible ;
Il appelait l'ombre au secours ;
À ses appels le ciel terrible
Remuait des tonnerres sourds.
[.....]
Moi, sans quitter la plate-longe,
Sans le lâcher, je lui montrais
Le pré charmant, couleur de songe,
Où le vers rit sous l'antre frais.

Je lui montrais le champ, l'ombrage,
Les gazons par juin attiédis ;
Je lui montrais le pâturage
Que nous appelons paradis.
BA1

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dimanche 15 avril 2012

L. McCartney - Los Angeles (1968)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de Linda McCartney (1941-1998), photographe de la planète rock et "femme de". Le premier figure en couverture de son livre Life in photographs, publié en 2011.
Diplômée en Histoire de l'art de l'Université de l'Arizona, elle apprend la photographie en autodidacte ; parmi ses modèles, elle cite Walker Evans (voir juil. 2012), Dorothea Lange (voir mars 2013), et Edward Weston (voir fév. 2014). Edward Steichen (voir mars 2010), qu'elle découvrira plus tard, viendra compléter cet ensemble.
Sa carrière de photographe professionnelle débute avec un reportage sur les Rolling Stones pour Town and Country, à l’occasion d’un événement promotionnel à bord d’un bateau de croisière sur l’Hudson River.

L.McC. - Windowsill, Scotland (1973)
Elle devient ensuite la photographe attitrée du Fillmore East et photographie les grands noms du rock des années 60 : les Stones, Otis Redding, Frank Zappa, Eric Clapton, les Doors, Cream, Hendrix, le Grateful Dead…
En 1967, après avoir été nommée photographe américaine de l’année, elle est en mission à Londres pour un reportage sur les Swinging Sixties ; c’est là, au Bag O’Nails Club, qu’elle rencontre Paul McCartney. Elle le reverra quelques jours plus tard, lors de la sortie de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, chez Brian Epstein. The rest, comme disent les Anglais, is history.
PM3

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dimanche 8 avril 2012

A.N. Samokhvalov - Blue twilight (1960)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et illustrateur russe Alexander Nikolaevich Samokhvalov (1894-1971), associé au réalisme socialiste et à la modernité soviétique du XXe siècle. Né à Bezhetsk et formé par Kouzma Petrov-Vodkine à l'Académie impériale des arts de Saint-Pétersbourg, il développe très tôt un style personnel, à la croisée du réalisme et des avant-gardes russes des années 1920, celles du constructivisme et de l'art monumental.
Connu pour ses portraits de héros du sport et du travail, qui traduisent la fierté et l’idéalisme de l’URSS, il est considéré comme l’un des représentants majeurs de l'École de Léningrad.

A.N.S. - Trees in flower (1962)
Son style, immédiatement reconnaissable, occupe une place importante dans le paysage artistique soviétique, où il reste aujourd’hui une figure emblématique de l’esthétique socialiste.
Je dois dire qu’il y a assez peu d’œuvres de Samokhvalov qui me touchent réellement, mais j’aime particulièrement ces deux-là, au point de les présenter ici. J’ai pensé aussi à une toile disparue dont la paternité a été récemment établie : Rencontre d’amis, qui montre une tablée d’officiers russes célébrant la victoire de 1945, et qui fera peut-être l’objet d’une future publication, en compagnie de Jeune femme avec un foulard rouge (1934).

Peter Turnley - New York (2013) Une image et des mots. Un cliché du photographe américain Peter Turnley, et quelques vers d'Emma Lazaru...