In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0

dimanche 22 janvier 2012

(attribué à) Edward Weston
Bessie Love (c.1920)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe Edward Weston (1886-1958), pionnier de la photographie moderniste américaine et cofondateur en 1932 du groupe f/64. En réaction au courant pictorialiste duquel il était issu, il militait pour la "photographie pure" (straight photography). Le cliché ci-dessous illustre sa manière d’extraire l’abstraction du réel sans jamais le déformer.
E. Weston - Succulent (1932)

On lui attribue aussi (avec des réserves) ce beau portrait de Juanita Horton, actrice du muet entre 1910 et 1920, rebaptisée Bessie Love par le réalisateur D.W. Griffith.
Le photographe isole et perpétue un moment dans le temps : un moment important et révélateur, ou un moment sans importance et sans signification, selon la compréhension qu'a le photographe de son sujet et sa maîtrise de son traitement.
PG3

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dimanche 15 janvier 2012

H. K. - Spring snow at Kiyomizu
(1929)
Le vide-grenier du dimanche.
Deux estampes du japonais Hasui Kawase (1883-1957), maître de l'ukiyo-e honoré du titre de Trésor National vivant en 1953, et célèbre pour ses paysages nocturnes, sous la pluie ou la neige, souvent sans présence humaine. Il appartient au mouvement Shin-hanga qui reprend les standards de l'ukiyo-e (que l'on peut traduire par "images du monde flottant") et que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer dans ce blog.

Hasui Kawase - Dogashima Island (1937)

"Vivre uniquement le moment présent, se livrer tout entier à la contemplation de la lune, de la neige, de la fleur de cerisier et de la feuille d'érable...[.....], c'est ce qui s'appelle ukiyo", nous dit, dans les Contes du monde flottant (1665), l'écrivain et prêtre bouddhiste Asai Ryoi.
Pourtant ce n'est pas le zazen qui a éveillé mon goût pour l'estampe, ce sont les Aventures de Tintin et Milou. Peut-être Hergé avait-il hérité sa "ligne claire" des maîtres de cet art au nom si poétique.

HY1
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dimanche 8 janvier 2012

Vivian Maier - Chicago (1972)
Le vide-grenier du dimanche. Deux des plus de 100.000 clichés qui constituent l'oeuvre de la photographe de rue et nounou américaine, d'origine française, Vivian Maier (1926-2009). Durant toute sa vie d'employée de maison, sans que personne ne le sache, elle a accumulé une oeuvre colossale qui n'a été découverte que récemment, en 2007, peu avant son décès à l'âge de 83 ans.
Née à New York de mère française et de père austro-hongrois, elle passe une partie de sa jeunesse en France avant de revenir aux États-Unis, où elle travaille toute sa vie comme nourrice.
V.M. Couple on a train (1956)

Appareil photo en bandoulière, Maier photographie sans relâche les rues de Chicago et de New York, les passants, les enfants, les scènes ordinaires de la vie urbaine - mais aussi de très nombreux autoportraits, reflets dans les vitrines, jeux d’ombres, fragments d’elle-même.
Les frères Gensburg, que Vivian Maier a élevés pendant toute leur enfance et adolescence et qui se sont occupés d'elle à la fin de sa vie, ont publié cette nécrologie.
"Vivian Maier, originaire de France et fière de l'être, résidente à Chicago depuis ces 50 dernières années, est morte paisiblement lundi. Seconde mère de John, Lane, et Matthew. Cet esprit libre apporta une touche de magie dans leur vie et dans celles de tous ceux qui l'ont connue. [....]".
Aujourd’hui, son œuvre est saluée comme l’une des plus importantes contributions à la photographie de rue du XXe siècle.

JM1
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GI7 ICI