In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 9 octobre 2011

Deb Garlick - Old school
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres de la canadienne Deb Garlick (b.1966), peintre, illustratrice et photographe installée sur la côte Ouest.
Formée en histoire de l’art et en arts visuels, elle s’est d’abord tournée vers l’abstraction avant d’évoluer vers une peinture plus figurative, sans perdre cette attention très sensible à la lumière, aux matières et aux silences.
Au-delà de l’étiquette un peu vague de « figuration contemporaine », sous laquelle on classe souvent son travail, ce qui me touche surtout chez elle c'est cette atmosphère presque palpable de détachement et de paix qui se dégage de ses tableaux. Ses personnages me semblent retirés du bruit du monde, figés dans une sorte de temps suspendu.
D. Garlick - Untitled

My paintings are calm.
I take all the threads of an experience and I simplify, simplify, simplify. I champion the slow moments and honour the serene.
Il y a dans cette peinture quelque chose de très apaisé : une manière de ralentir le regard et de redonner de l’importance à ces moments silencieux que l’on ne remarque pas toujours.
Pour la connaître mieux, c'est ICI.
SO1

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dimanche 2 octobre 2011

Elliott Erwitt - Robert & Mary Frank
Valence, Espagne
 
(1952)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe franco-américain Elliott Erwitt (b.1928), figure majeure de la photographie humaniste et membre de l’agence Magnum depuis 1953. Né à Paris le 26 juillet 1928, de parents immigrés juifs russes, il passe une partie de son enfance en Italie avant de s’installer aux États-Unis en 1939. 
Il étudie la photographie et le cinéma au Los Angeles City College puis à la New School for Social Research, avant d'être incorporé en 1951 dans l’armée américaine comme assistant photographe.
E.E. - NYC, Chrysler Building (1955)

Démobilisé en 1953, c'est notamment grâce à sa photographie USA, North Carolina – aussi connue sous le titre de Segregated water fountain – que R. Capa l'invite à rejoindre l'agence Magnum, avec le soutien d’E.Steichen et de R. Stryker.
Pour moi, la photographie est un art de l'observation. Il s'agit de trouver quelque chose d'intéressant dans un endroit ordinaire... Je me suis rendu compte que cela avait peu à voir avec ce que vous voyez, mais tout à voir avec la façon dont vous le voyez.
FT1
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samedi 1 octobre 2011

Papyrus d'Hounefer (ca 1275 av. J.-C.)
Une image et des mots. Où il sera question du poids de l'âme...
Si l’on en croit les conclusions que le Dr Duncan McDougall a tiré de ses expériences, dont le New York Times s’était fait l’écho le 11 mars 1907, le poids de l’âme est précisément de 21,3 grammes (3/4 d’once).

Mais le Livre des Morts égyptien décrit ainsi la cérémonie, présidée par Osiris, de la pesée de l’âme : le cœur du défunt, siège de la conscience,  est placé sur le plateau d’une balance tandis que sur l’autre se trouve une plume d’autruche, symbole de Maât, déesse de la vérité et de la justice. Si le cœur est plus lourd, si le défunt a vécu dans le mal, il est livré à Ammit, dévoreuse des âmes impures. L'image, c'est donc cette représentation de la pesée de l'âme en présence d'Osiris, sur le papyrus d'Hounefer, conservé au British Museum (le récit de la cérémonie se lit de droite à gauche).

Les mots sont un extrait d'une nouvelle d'André Maurois, Le peseur d'âmes (1931) :
"Il éteignit l’électricité et mit en marche l’appareil. Aussitôt le petit noyau allongé brilla de son éclat doux de nébuleuse. [….] Je me mis à compter lentement. Un... deux… trois... quatre... J’arrivais à cinquante quand je vis paraître un brouillard bleuâtre. Il me sembla d’abord informe et comme épars sur toute la largeur du faisceau.
Mais ce stade fut si court que je ne pus l’observer. Tout de suite la fumée se trouva condensée en une masse laiteuse, longue à peu prés de quatre pouces, dont le bas était horizontal et dont le sommet arrondi suivait la courbe de la cloche.
Cette masse n’était pas immobile, ni homogène. On y voyait des courants plus clairs et plus foncés.
Je ne pourrais mieux vous la décrire qu’en vous demandant d’imaginer des fumées de cigarette d’épaisseurs et de couleurs légèrement différentes, superposant leurs spires et leurs anneaux jusqu’à former un objet aux contours bien définis.
- Docteur, dit la voix de Gregory, effrayée... Docteur, Docteur... Vous voyez cet oeuf de lumière?
"
BH1

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dimanche 25 septembre 2011

Gerard Exupery - Suzy (1975)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés de l'américain Gerard Exupery (b.1951), photographe de rue new-yorkais dont le travail, mené depuis plus de quarante ans, est profondément lié à la vie quotidienne de la ville. Formé à la School of Visual Arts puis auprès de Lisette Model à la New School de New York, il développe une photographie très directe, faite de proximité humaine et d’attention réelle aux gens qu’il photographie.

G.E. - 86th Street kiss (1977)
La lecture de son blog éclaire bien sa manière de travailler. Elle révèle le regard d'un photographe à la fois audacieux, respectueux, et immersif, qui exprime notamment son rejet d’une certaine photographie de rue spectaculaire ou voyeuriste. J’en traduis quelques lignes :
Je déteste la photo lâche en photographie de rue. C'est-à-dire rester de l'autre côté de la rue avec ton machin de 200 mm pour prendre en photo un pauvre type qui dort dans un carton. Je ne fais pas ce genre d’image. Si je devais la faire, je serais de l'autre côté de la rue en train de parler avec ce gars, parce que personne n'a besoin d'une énième photo d’un type qui dort dans un carton. Il n'y a rien de nouveau là-dedans. Photographier des filles de l’autre côté de la rue, sans qu’elles sachent que tu prends leur photo, c’est la même chose.
Le critique Mark McQueen écrit à son propos qu’il possède « un talent rare pour faire surgir de la poésie des sujets les plus ordinaires » et qu’il parvient à ramener le chaos new-yorkais à « des réflexions brèves, parfois profondes, mais toujours originales sur la condition humaine ».
Ces deux photographies donnent une bonne idée de cette manière d’être au monde : proche, curieuse, sans effets inutiles.
Son blog, son site.

NS2 ICI