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| Gerard Exupery - Suzy (1975) |
La lecture de son blog éclaire bien sa manière de travailler. Elle révèle le regard d'un photographe à la fois audacieux, respectueux, et immersif, qui exprime notamment son rejet d’une certaine photographie de rue spectaculaire ou voyeuriste. J’en traduis quelques lignes :
Je déteste la photo lâche en photographie de rue. C'est-à-dire rester de l'autre côté de la rue avec ton machin de 200 mm pour prendre en photo un pauvre type qui dort dans un carton. Je ne fais pas ce genre d’image. Si je devais la faire, je serais de l'autre côté de la rue en train de parler avec ce gars, parce que personne n'a besoin d'une énième photo d’un type qui dort dans un carton. Il n'y a rien de nouveau là-dedans. Photographier des filles de l’autre côté de la rue, sans qu’elles sachent que tu prends leur photo, c’est la même chose.
Le critique Mark McQueen écrit à son propos qu’il possède « un talent rare pour faire surgir de la poésie des sujets les plus ordinaires » et qu’il parvient à ramener le chaos new-yorkais à « des réflexions brèves, parfois profondes, mais toujours originales sur la condition humaine ».
Ces deux photographies donnent une bonne idée de cette manière d’être au monde : proche, curieuse, sans effets inutiles.


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