In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 13 juin 2010

C. de Keyzer - Infrared (c.1980)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe belge Carl de Keyzer (b.1958). Formé aux beaux-arts, De Keyzer se fait connaître dans les années 1980 par de grandes séries documentaires en couleur, où il observe avec une distance souvent ironique les mécanismes du pouvoir – politique, militaire ou religieux – ainsi que leurs zones de ridicule ou de fragilité.
Sa première publication importante, India (1987), attire rapidement l’attention. Avec Homo Sovieticus (1989), consacré aux dernières années de l’Union soviétique, il élargit encore son champ et rejoint Magnum Photos en 1990, avant d’en devenir membre en 1994.

C. de K. - India, Bombay (1985)
D’autres projets suivront, comme God, Inc. ou Congo. Carl De Keyzer y poursuit l’exploration des formes d’autorité et des systèmes idéologiques, qu’ils soient institutionnels, politiques ou économiques, dans des contextes de crise, de transformation ou de survivance. Son travail se situe à la frontière du photojournalisme et de l’essai visuel. Il ne se limite pas à documenter des situations : il interroge les images elles-mêmes et la manière dont elles fabriquent une mémoire collective.
"Je veux questionner les images qui sont dans notre mémoire. Il y a toujours deux niveaux dans mon travail; ce que vous voyez est vrai, et en même temps ne l'est pas."
En somme, comme disait Pirandello : À chacun sa vérité ...

DB1

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dimanche 6 juin 2010

A. Nielsen - Vue depuis le fjord (1897)
Le vide-grenier du dimanche. , grande figure du naturalisme nordique dont il est l’un des premiers représentants en Norvège. Originaire de Mandal, sur la côte sud du pays, il se forme d’abord à l’Académie de Copenhague, puis à la Kunstakademie de Düsseldorf, haut lieu du paysage romantique allemand, où il est l’élève de son compatriote Hans Fredrik Gude, grand peintre paysagiste qui fera l'objet d'une prochaine publication.
A.N. - Cabane de pêcheur (1895)

Peu à peu, Nielsen s’écarte de l’esthétique romantique pour s’attacher à une représentation plus fidèle, presque clinique, de la nature norvégienne : forêts, fjords, ciels mouvants, plages austères baignées d’une lumière rase. Le tableau ci-dessus en est un exemple : cette palette subtile, entre gris perle et bleu ardoise, qu’il emploie pour peindre les paysages de la côte sud autour de Kristiansand, où il s’installe.
Ce ciel, cette eau, ces silhouettes de bateaux sur la ligne d’horizon… « Le monde aurait pu être simple comme le ciel et la mer », écrivait Malraux.
DS2

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samedi 5 juin 2010

Ma Yuan - Paysans au retour du travail
(détail)
Une image et des mots. L'image c'est un détail d'une encre sur soie du début du 13e siècle par Ma Yuan (c.1160-1225), de près de deux mètres sur plus d'un mètre, conservée au Palais de Pékin et intitulée selon les sources "Paysans dansant et chantant au retour de travail" ou "Le chant des premières pousses".
Les mots sont de Thoreau, extraits de Walden ou la vie dans les bois.

"Si chaque saison à son tour nous semble la meilleure, l'arrivée du printemps est comme la création du Cosmos sorti du Chaos, et la réalisation de l'Âge d'or... (ici Thoreau cite Ovide).
Il suffit d'une petite pluie pour rendre l'herbe de beaucoup de tons plus verte. Ainsi s'éclaircissent nos perspectives sous l'afflux de meilleures pensées. Bienheureux si nous vivions toujours dans le présent, et prenions avantage de chaque accident qui nous arrive, comme l'herbe qui confesse l'influence de la plus légère rosée tombée sur elle; et ne perdions pas notre temps à expier la négligence des occasions passées. [.....] Nous nous attardons dans l'hiver quand c'est déjà le printemps."
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dimanche 30 mai 2010

H. Rigaud
Autoportrait au turban
(1698)
Le vide-grenier du dimanche. Du portrait, Diderot disait qu'il était une lettre de recommandation écrite dans une langue commune à tous les hommes.
En voici deux, du grand portraitiste Hyacinthe Rigaud (1659-1743), et le premier des deux - celui que je préfère pour sa formidable présence -, est le sien.

H. Rigaud - Louis XIV
(1701)
J'aime aussi beaucoup celui de Bossuet ; mais comme un roi n'est roi qu'en peinture, (c'est en tous cas ce qu'affirme en 1690 l'abbé Furetière dans son Dictionnaire universel contenant généralement tous les mots français tant vieux que modernes), c'est son fameux portrait de Louis XIV, "roi des arts", en costume de sacre, que je choisis ensuite.

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