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In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
dimanche 31 janvier 2010
dimanche 24 janvier 2010
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| Vilhelm Hammershøi - Intérieurs |
À l’occasion de son séjour à Paris pour l’Exposition universelle de 1889, il découvre les impressionnistes et l'art contemporain, sans que cela n’affecte réellement son œuvre, qui demeure résolument hors mode.
Le peintre apparaît ainsi à l’image de ses personnages : indifférent au monde qui l’entoure. Ils ne regardent personne : ni nous lorsqu’ils nous font face (portrait d’Ida Ilsted), ni ceux avec lesquels ils partagent l’espace (Trois jeunes femmes, 1895). Leur regard est ailleurs.
Hammershøi dos à la couleur. Dans cet article du 21 novembre 1997, publié dans Libération, le critique Hervé Gauville écrit : "Il y a, dans l'attitude de cet homme austère, une fermeture à ses contemporains qui contribue à l'écarter des débats de son époque."
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| V.H. - Intérieurs |
Des œuvres de cette superbe série Intérieurs (1900-1909), se dégage une atmosphère étrange, une forme de mélancolie apaisée. Un personnage féminin vêtu de sombre – le plus souvent immobile et de dos – semble perdu dans ses pensées ou occupé à quelque affaire silencieuse.
Rien d'oppressant pourtant, car la lumière - âme invisible de la peinture, disait Kierkegaard, un autre danois -, est partout dans ces vastes pièces dépouillées ; et peu importe que l'ombre portée au pied des meubles nous désoriente parfois.
samedi 23 janvier 2010
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| A.S. Anker La petite éplucheuse de pommes de terre (1886) |
Une image et des mots. J'aime beaucoup la peinture d'Albert Samuel Anker, à qui il me faudra consacrer une publication.
Pour accompagner ce tableau, voici quelques lignes du grand Alexandre Vialatte.
Il est contraire à la décence, au sens commun, aux bonnes manières, à la syntaxe, à l'amitié que l'on a de toujours pour la grammaire, à la rapidité du style, à la clarté, au confort vocal et, d'une façon plus générale, à tout ce qui fait le plaisir d'être homme, d'employer le subjonctif à la suite d' "après que".
On ne dit pas "j'ai mangé du steak après que j'eusse mangé les frites", mais "après que j'eus" ; mieux encore : "quand j'eus"; mieux encore : "après avoir mangé les frites"; et mieux encore : "après les frites"; et si l'on veut être parfait, "avec les frites", tout simplement. C'est bien meilleur.
Alexandre Vialatte, Chroniques de La Montagne (1962-1971)
dimanche 17 janvier 2010
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| Fan Ho - Hong Kong (1950) |
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe et cinéaste chinois Fan Ho (b.1931), déjà présenté en mai 2009.
Photographe avant de se tourner vers le cinéma – d’abord comme acteur puis comme réalisateur à partir de la trentaine –, il s’est surtout attaché à documenter la vie urbaine de Hong Kong : bidonvilles, rues, marchés, coolies, colporteurs, enfants qui jouent...
L'atmosphère particulière qui se dégage de ses photographies vient pour moi de ce mélange de spontanéité et de rigueur : un travail patient sur la géométrie, en particulier celle des arrière-plans, sur la lumière, souvent mêlée de brume ou de fumée, mais aussi une activité saisie au vol – propre à la street-photography -, celle de gens ordinaires vaquant à leurs occupations ou à leurs jeux.
Le photographe américain Alex Webb (voir mars 2009) disait de son travail : « Fan Ho’s photographs are like poetry. They speak to the heart and the soul, and capture the beauty and essence of life in Hong Kong in a way that is both timeless and deeply moving. »
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