In girum imus nocte et consumimur igni

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samedi 23 mai 2009

Lecomte de Nouy - Mademoiselle de Maupin (1902)

Une image et des mots. J'évoquais dans une publication de mars le roman épistolaire inspiré à Théophile Gautier par Madeleine de Maupin, une actrice dont voici le portrait réalisé en 1902 par Lecomte du Nouy, élève de Gérôme et de Signol. Pour aller avec, voici quelques lignes de la préface de cet ouvrage, dans lesquelles Gautier, chantre de l'art pour l'art, ironise sur l'utilité du beau.

Rien de ce qui est beau n'est indispensable à la vie. On supprimerait les fleurs, le monde n'en souffrirait pas matériellement ; qui voudrait cependant qu'il n'y eût plus de fleurs ?
Je renoncerais plutôt aux pommes de terre qu'aux roses, et je crois qu'il n'y a qu'un utilitaire au monde capable d'arracher une plate-bande de tulipes pour y planter des choux.
À quoi sert la beauté des femmes ? Pourvu qu'une femme soit médicalement bien conformée, en état de faire des enfants, elle sera toujours assez bonne pour des économistes. À quoi bon la musique ? À quoi bon la peinture ?
Qui aurait la folie de préférer Mozart à M. Carrel ? Et Michel-Ange à l'inventeur de la moutarde blanche ? Il n'y a vraiment de beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c'est l'expression de quelque besoin, et ceux de l'homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature.

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dimanche 17 mai 2009

Edward C. Hardman - Loch Alsh (1935)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe irlandais Edward Chambré Hardman (1898-1988).
Installé à Liverpool, où il ouvrit un studio avec sa femme Margaret Mills - elle-même photographe -, il mène une double carrière : s'il a gagné sa vie grâce au portrait de commande, c'est la photographie de paysages, apprise en autodidacte, qui le passionne.

E.C.H. - The first lamb
Ses compositions, souvent réalisées aux premières heures du jour ou sous un ciel couvert, révèlent un goût marqué pour les lumières diffuses et les atmosphères silencieuses.
On y perçoit l’héritage pictorialiste, mais aussi cette attention très britannique aux variations du climat et de la lumière.
Longtemps exploré par la peinture avant l'invention de la photographie, le paysage est un genre majeur dans l'histoire de l'art, et Hardman en apparaît à sa manière comme un héritier discret, dans le prolongement d’une tradition qui connut son apogée aux 18e et 19e siècles.
"Most of my childish dreams were of landscapes; usually of some remote and spectacularly sired lake, which I could never find again".

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dimanche 10 mai 2009

A. Hacker - Imprisoned spring (1911)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre et graveur anglais Arthur Hacker (1858-1919), figure importante de la peinture académique victorienne.
Formé à la Royal Academy of Arts de Londres – où il expose dès l’âge de vingt ans avant d’en devenir membre – puis à Paris dans l’atelier de Léon Bonnat, il mène une carrière marquée par un grand éclectisme : sujets religieux, portraits mondains, scènes orientalistes ou compositions allégoriques.

A.H. - The couch burners (1910)
Sa peinture, très attentive au dessin et aux effets de lumière, porte la trace de plusieurs influences françaises et anglaises, depuis l'école de Barbizon  jusqu’à certains aspects du préraphaélisme.
En 1885-86, il participe à la création du New English Art Club, fondé à Londres en réaction au conservatisme de la Royal Academy. "Beauty is not a luxury, it's a necessity of the soul."
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