In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 1 mars 2015

B.Dziworski - Poursuite (1970)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe et réalisateur polonais Bogdan Dziworski (b.1941), figure singulière du documentaire polonais, à la croisée du cinéma, de la photographie et de l'expérimentation visuelle. Diplômé de la prestigieuse École nationale de cinéma de Łódź en 1965, il s'est imposé comme l'un des représentants les plus originaux du « documentaire créatif » polonais, auteur de nombreux documentaires au studio de cinéma éducatif de Lodz, mais aussi de photographies tout empreintes de poésie et d'humour.
B.Dziworski - Lodz (1966)

Sa manière de saisir la vie d'un pays meurtri par l'Histoire me rappelle cette phrase du philosophe français Clément Rosset, lue dans son livre La Force majeure (1983) : "Toute joie parfaite réside en la joie de vivre, et en elle seule".

dimanche 9 novembre 2014

David Seymour - Lodz (1938)
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres de David Seymour, dit Chim (1911–1956), cofondateur de l’agence Magnum et grande figure de la photographie du XXe siècle. Né Dawid Szymin à Varsovie dans une famille juive d’éditeurs, il étudie à Leipzig puis à la Sorbonne, où il découvre la photographie.
Il débute comme photojournaliste pour Regards en 1934 et couvre bientôt la guerre d’Espagne, souvent aux côtés de Robert Capa.
Il photographie les réfugiés loyalistes à bord du S.S. Sinaia en route pour le Mexique, puis s’installe aux États-Unis à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Il devient citoyen américain en 1942, l'année où ses parents sont assassinés par les nazis.
D. Seymour - Essen (1947)

L’exil, la guerre et la disparition de ses parents assassinés par les nazis marqueront profondément son regard. Après 1945, Chim photographie l’Europe blessée avec une attention particulière aux visages, aux enfants, aux déplacés, à tous ceux que l’Histoire laisse derrière elle. Membre actif de Magnum, qu’il fonde en 1947 avec Capa, Cartier-Bresson et George Rodger, il multiplie ensuite les reportages en Europe et au Moyen-Orient.
« Nous essayons seulement de raconter une histoire. Laissons les effets aux peintres du XVIIe siècle. Nous devons montrer les visages qui ont faim et les terres meurtries… »
En 1955, Edward Steichen retient plusieurs de ses images pour la mythique exposition The Family of Man au MoMAL’année suivante, alors qu’il couvre la crise de Suez, Chim est tué en Égypte. Il laisse une œuvre marquée par la douceur, la dignité et l’attention portée à la condition humaine.

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