Meilleurs voeux !
In girum imus nocte et consumimur igni
eiπ + 1 = 0
jeudi 1 janvier 2026
mardi 30 décembre 2025
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| T.B.K. - Reading by a window (1900) |
Si l’on se souvient de son intérêt pour les réalités sociales, ces deux nouvelles images images révèlent surtout son sens de la composition et sa manière de rendre chaque scène vivante et crédible. J'aime la délicate sobriété de son regard : pas d’effet spectaculaire, mais chaque geste, chaque posture, chaque expression semble soigneusement observé.
Kennington reste fidèle à sa formation académique, mais son classicisme n'empêche rien : il s’allie toujours à une sensibilité attentive aux individus, aux détails de la vie et aux nuances des rapports humains. Cette précision discrète fait toute la force de son œuvre et explique pourquoi, plus d’un siècle après, elle continue de nous parler. C'est un peintre que j'aime beaucoup.
lundi 29 décembre 2025
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| G.C. - Reading by lamplight (1909) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre britannique George Clausen (1852-1944), déjà présenté en janvier 2010.Né à Londres d’un père décorateur d’origine danoise et d’une mère écossaise, il se forme très tôt au dessin à l’école de South Kensington, puis complète sa formation à Paris auprès de Bouguereau et de Tony Robert-Fleury à l’Académie Julian. Admirateur de Jules Bastien-Lepage, il développe un réalisme attentif à la lumière et aux gestes du quotidien, influencé dans une certaine mesure par les Impressionnistes.
Clausen devient rapidement l’un des grands peintres modernes de paysages et de la vie paysanne en Angleterre. Il explore aussi l’urbain et le décoratif, ainsi que le rôle du peintre en temps de guerre, avec des œuvres comme Gun Factory at Woolwich Arsenal (1919) ou la série de lithographies Making Guns for the Government. Son enseignement à la Royal Academy témoigne de son souci de transmettre une vision précise et honnête de la peinture, alliant observation et maîtrise technique.
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| P. Brueghel l'Ancien Les chasseurs dans la neige (détail) |
Une image et des mots. L'image est un détail du célébrissime tableau de Brueghel l'Ancien, "Les chasseurs dans la neige" (1565). Les mots pour aller avec sont un poème de Georges-Emmanuel Clancier, dédié à son ami Guillevic et extrait de "Le paysan céleste" (1943).
Alors vieux camarade
Le vent du nord rigolait dur à la forêt.
Les saisons somnolaient dans la grange
Où parfois le chien hiver aboyait.
Nous respirions sans toi le passé qui mijote
Autour des lits campagnards et de la table.
L'air, le pain de l'amitié on croirait les partager
Avec ce soupir du noroît et le quignon mâchonné devant le poêle.
C'est comme si le vif de nos jours
Bien calés au creux, au chaud du temps,
Demeurait là, plus fort que toi,
Vieux camarade, plus fort que nous.
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| Dora Carrington |
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres de l'anglaise Dora Carrington (1893-1932). Formée à la Slade School of Art à Londres, où elle obtient plusieurs prix, elle appartient à cette génération d’artistes proches du Bloomsbury Group, sans jamais s’y intégrer pleinement. Elle expose peu, signe rarement ses œuvres, et travaille aussi bien la peinture que les arts décoratifs.
Carrington reste aujourd’hui encore difficile à classer. Ses paysages, souvent silencieux, mêlent une observation très concrète du monde à quelque chose de plus intérieur, presque secret. Les formes sont simples, les couleurs retenues, mais l’espace semble chargé d’une présence diffuse, parfois troublante.
Alors quand on connaît son histoire, il est difficile, en regardant son travail, de ne pas penser à sa relation avec Lytton Strachey – amour fou, profond, essentiellement platonique, qui a traversé toute sa vie. Cette relation, si singulière, me touche beaucoup et j’ai l’impression qu’elle imprègne son œuvre, sans jamais s’y raconter directement : une intensité contenue, une tension affective tenue à distance, quelque chose qui ne se résout pas.
dimanche 28 décembre 2025
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| L.S. - Manhole, Times Square, NY (1954) |
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du photographe américain Louis Stettner (1922-2016).
Né à Brooklyn dans une famille juive ashkénaze d’origine autrichienne, il découvre très jeune la photographie à travers les revues du début du XXᵉ siècle, notamment Camera Work. Cette découverte le convainc que la photographie peut être autre chose qu’un simple usage domestique. Il commence alors à photographier sérieusement, encouragé par ses parents.
À New York, dans les années 1930 et 1940, il fréquente des photographes engagés comme Berenice Abbott, Lisette Model ou Weegee, et reçoit l’attention de figures comme Alfred Stieglitz et Paul Strand.
Après la guerre, une série réalisée dans le métro new-yorkais attire l’œil de Sid Grossman et l’amène à la Photo League, où il rencontre Willy Ronis. C’est dans ce contexte qu’il découvre Paris, où il s’installe en 1947.
Entre New York et Paris, Stettner photographie la rue, le travail, les déplacements, sans chercher l’événement. Il reste fidèle au noir et blanc et à une pratique directe, nourrie par le temps long et les allers-retours entre les deux villes. Cette constance, peu spectaculaire, a sans doute tenu son œuvre à distance des effets de mode. Elle lui donne aujourd’hui une unité rare, faite de situations simples, regardées sans distance ni commentaire.
samedi 27 décembre 2025
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