In girum imus nocte et consumimur igni

In girum imus nocte et consumimur igni
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dimanche 7 septembre 2025

B. Fleetwood-Walker - Amity (1933)
Le vide-grenier du dimanche. Deux oeuvres du peintre britannique Bernard Fleetwood-Walker (1893-1965), figure majeure mais aujourd’hui relativement discrète de la peinture britannique du XXᵉ siècle. Né à Birmingham dans une famille d’ingénieurs et d’artistes – il est l’arrière-petit-fils du peintre aquarelliste Cornelius Varley, cofondateur de la Royal Watercolour Society – il reçoit une formation rigoureuse fondée sur le dessin et la maîtrise technique. D’abord formé comme orfèvre, il étudie ensuite à la Birmingham School of Art and Crafts, à Londres et à Paris, notamment auprès de Fleury.

B.F-W. - Repose (1925)
Marqué par la Première Guerre mondiale, durant laquelle il sert comme sniper dans les Artists Rifles et continue à dessiner malgré les blessures et les gaz, Fleetwood-Walker revient à Birmingham où il mène de front une carrière d’enseignant et de peintre.
Professeur influent et exigeant au Birmingham College of Art, il encourage chez ses élèves une discipline du dessin alliée à une grande liberté dans l’usage des techniques et des médiums, tout en les sensibilisant aux courants artistiques contemporains. Fleetwood-Walker est aujourd'hui considéré comme l'un des peintres britanniques les plus accomplis et les plus singuliers de sa génération.

samedi 6 septembre 2025

Anon. - Madrid (c.1960)
Une image et des mots. Un cliché dont j'ignore l'origine, parfois attribué à un certain Elton Boraya, dont je ne sais rien.

En elle-même toute idée est neutre, ou devrait l'être ; mais l'homme l'anime, y projette ses flammes et ses démences ; impure, transformée en croyance, elle s'insère dans le temps, prend figure d'événement : le passage de la logique à l'épilepsie est consommé... Ainsi naissent les idéologies, les doctrines, et les farces sanglantes.
Idolâtres par instinct, nous convertissons en inconditionné les objets de nos songes et de nos intérêts. L'histoire n'est qu'un défilé de faux Absolus, une succession de temples élevés à des prétextes, un avilissement de l'esprit devant l'Improbable. Lors même qu'il s'éloigne de la religion, l'homme y demeure assujetti ; s'épuisant à forger des simulacres de dieux, il les adopte ensuite fiévreusement : son besoin de fiction, de mythologie triomphe de l'évidence et du ridicule. Sa puissance d'adorer est responsable de tous ses crimes...
Emil Cioran, Précis de décomposition (1949)
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dimanche 31 août 2025

Emile Zola - Denise (1900)
Le vide-grenier du dimanche. Deux clichés du grand romancier et photographe amateur Émile Zola (1840-1902), que l’on connaît évidemment comme romancier, mais beaucoup moins comme photographe. Et pourtant, à partir des années 1890, Zola s’est passionné pour la photographie, au point d’en faire un véritable laboratoire intime. Il s’équipe d’un matériel sophistiqué pour l’époque, développe lui-même ses plaques, et photographie tout ce qui l’entoure : sa famille, ses enfants, les paysages, mais aussi les rues de Paris, les gares, ou encore les scènes de la vie quotidienne.

E.Z. - Londres (1899)
Zola photographe n’était pas un amateur distrait, mais un expérimentateur, soucieux de technique et d’esthétique, qui a laissé plus de 700 plaques conservées aujourd’hui à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.
Ses images sont à la fois simples et émouvantes ; pour la plupart elles ont été prises après la rédaction des Rougon-Macquart, un peu comme si, après avoir tant décrit le monde, il avait eu besoin, enfin, de le regarder.

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dimanche 24 août 2025

Sasha Hartslief (2019)
Le vide-grenier du dimanche. Deux œuvres de la peintre sud-africaine Sasha Hartslief (b.1974). Autodidacte passionnée de dessin depuis l'enfance, elle s’est inspirée pour se former de maîtres classiques et impressionnistes comme John Singer Sargent ou Jean-Auguste-Dominique Ingres. Son travail, principalement figuratif, tourne autour de la lumière et de la vie domestique.

S.H. - The journey (2022)
Ses compositions, beaucoup de scènes d’intérieur, sont tout imprégnées de sensibilité discrète : les personnages, souvent seuls ou plongés dans la contemplation, sont rendus avec une palette de couleurs douces et une maîtrise du clair-obscur héritée des grands maîtres du XVIIe siècle, qui confère à ses œuvres une belle atmosphère, subtile et intimiste.
À travers ses toiles, Hartslief propose sans emphase une exploration délicate de l'intimité humaine : la lumière met en relief les gestes, les postures, les objets... ; chaque détail devient un indice de vie et de présence. Sans chercher l’effet poétique, elle nous révèle la profondeur du quotidien et la singularité de l’expérience humaine.
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