In girum imus nocte et consumimur igni

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dimanche 12 avril 2026

Jay Senetchko - Phone (2011)
La veillée du dimanche. Deux œuvres du canadien Jay Senetchko (b.1973), formé à l’Université de l’Alberta puis installé à Vancouver. Peintre figuratif, il puise dans la culture populaire, la mythologie et l’histoire de l’art pour construire des images qui racontent quelque chose, sans jamais livrer complètement leur sens.
Il s’intéresse à la manière dont les images – celles des médias, du cinéma ou de la publicité – façonnent notre façon de voir. Ses tableaux reprennent des situations familières, en apparence réalistes, mais où un détail, une attitude ou une atmosphère viennent troubler l’évidence.
On ne sait pas très bien ce qui se joue.

J.S. - The migrants (2013)
Ses compositions sont construites avec soin, avec des références visibles à la peinture ancienne autant qu’au réalisme américain. Mais rien n’y est démonstratif. Les scènes semblent simples, presque évidentes, et pourtant elles laissent une impression d’étrangeté discrète. Elles interrogent notre manière de regarder, et peut-être aussi les histoires que nous nous racontons – individuellement ou collectivement – pour donner un sens au monde qui nous entoure.
BS12

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dimanche 5 avril 2026

Fred Morley - Delivery after raid (1940)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe anglais Fred Morley.
Le premier, célébrissime, donne à voir un milkman londonien poursuivant stoïquement sa tournée de livraison parmi les décombres, le 9 octobre 40.

F. M. - St James Park, London (1934)








Quelques semaines après le début du Blitz, qui de septembre 1940 à mai 1941 allait soumettre Londres à un bombardement quasi quotidien, l’image incarne à elle seule le fameux stiff upper lip britannique.
Mais c'est une mise en scène... Le gouvernement anglais censurait toutes les photos de Londres dévastée par crainte qu'elles ne démoralisent la population. Fred Morley a alors eu l'idée, avec la complicité de son assistant, de composer cette image devenue l’un des symboles les plus durables de la résistance londonienne : une image construite, mais fondée sur une réalité bien réelle.
BS10

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samedi 4 avril 2026

E.de Morgan - Ange de la joie (1897)
Une image et des mots. L'image est un détail d'une oeuvre de la préraphaélite Evelyn de Morgan, L'aveuglement et la cupidité chassant la joie hors de la ville.
Pour aller avec, quelques lignes extraites de La Joie (1929), de Georges Bernanos.

Tu ne sais rien du monde, tu n’en veux rien savoir, c’est tellement plus simple ! Ta mère prétendait déjà marcher à travers les chemins boueux avec la petite pantoufle de Cendrillon. Oui, il fallait que tu l’apprisses un jour ou l’autre, le monde n’est pas fait pour les anges. Je suis un catholique irréprochable, j’ai consacré une partie de ma vie à l’histoire de l’Eglise et je dis : le monde n’est pas fait pour les anges. J’ajoute même : tant pis pour les anges qui s’y hasardent sans précaution !

SZ4
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dimanche 29 mars 2026

Y. Karsh - Winston Churchill (1941)
La veillée du dimanche. Deux clichés du photographe portraitiste Yousuf Karsh (1908-2002), né en Arménie ottomane et réfugié au Canada à l’adolescence, où il deviendra l’un des portraitistes les plus célèbres du XXᵉ siècle.
Installé à Ottawa, il ouvre très tôt son studio et construit une réputation qui dépassera rapidement les frontières.
Y.K. - Martin Luther King
(1962)

« Un héros est celui qui fait ce qu'il peut, écrivait Romain Rolland dans Jean-Christophe (1905) ; les autres ne le font pas. »
Deux portraits, donc. D'abord celui de Winston Churchill, non seulement parce que c'est celui qui en 1941 a fait sa renommée, mais aussi parce que dans les plus de dix mille portraits qu'a réalisés Karsh, autant privilégier ceux de personnalités que j'admire. Martin Luther King en fait lui aussi évidemment partie.
Comment peut-on admirer à la fois un homme de guerre et un homme de paix ? The answer, my friend, is blowing in the wind....

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